Les présidents Xi Jinping et Emmanuel Macron ont affirmé lundi leur détermination à défendre un "multilatéralisme fort" à l'occasion d'une...
Xi et Macron défendent le multilatéralisme et saluent un méga-contrat pour Airbus
Les présidents Xi Jinping et Emmanuel Macron ont affirmé lundi leur détermination à défendre un "multilatéralisme fort" à l'occasion d'une...
Par Jérôme RIVET, Laurence BENHAMOU
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
Les présidents Xi Jinping et Emmanuel Macron ont affirmé lundi leur détermination à défendre un "multilatéralisme fort" à l'occasion d'une visite du numéro un chinois à Paris marquée par une méga-commande de 300 Airbus.
Très attendu, ce contrat entre l'avionneur européen et l'entreprise étatique chinoise CASC (China Aviation Supplies Holding Company) est encore plus important que prévu. Il est en effet passé de 184 appareils lorsqu'il a été évoqué en janvier 2018 à 290 Airbus A320 et 10 A350 pour un montant estimé à 35 milliards de dollars au prix catalogue.
Ce "grand contrat pour Airbus est une avancée importante et un excellent signal (…) de la force des échanges" entre la Chine et la France, a salué Emmanuel Macron lors d'une cérémonie de signature à l'Elysée.
Emmanuel Macron (d) et son homologue chinois Xi Jinping , lors d'une conférence de presse à l'Elysée, le 25 mars 2019
POOL/AFP
D'autres accords ont été signés pour une dizaine de milliards d'euros, portant sur la construction d'un champ d'éoliennes en mer par l'électricien français EDF et un partenaire chinois, ou l'achat par la compagnie maritime CMA-CGM de 10 porte-conteneurs construits en Chine pour 1,2 milliard d'euros.
Paris et Pékin ont également conclu des coopérations dans la lutte contre le réchauffement climatique, le spatial, notamment l'exploration de la Lune, et la culture avec l'ouverture prévue en novembre d'un centre Beaubourg à Shanghai.
Emmanuel Macron a aussi annoncé qu'à l'invitation de son hôte il retournerait en Chine "dans quelques mois".
Au delà de ces annonces, Xi Jinping et Emmanuel Macron ont insisté sur la défense du multilatéralisme, aujourd'hui malmené, notamment par le président américain Donald Trump. "Aucun pays, si puissant soit-il, ne sortira gagnant si le système multilatéral implose", a répété le chef de l'Etat français. "A un moment où les équilibres du monde sont bousculés, la Chine et la France ont une responsabilité: construire les équilibres de demain", a-t-il ajouté.
"Nous resterons fermement engagé en faveur du multilatéralisme", a assuré pour sa part le président chinois, dont le pays mène des négociations commerciales tendues avec les Etats-Unis.
- Avec Merkel et Juncker -
Carte des "Nouvelles routes de la soie", gigantesque projet chinois d'infrastructures routières, ferroviaires et portuaires couvrant une centaine de pays
AFP
Emmanuel Macron, qui a plaidé pour "un partenariat eurochinois fort, défini sur des bases claires, exigeantes et ambitieuses", a décidé de convier mardi matin la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à se rassembler avec M. Xi à l'Elysée.
Mais l'Union européenne, gigantesque et appétissant marché, n'a pas de ligne politique claire face à Pékin et certains pays ont déjà commencé à céder aux sirènes chinoises, notamment celles des "nouvelles routes de la soie".
L'Italie vient ainsi d'adhérer à ce projet très ambitieux d'infrastructures maritimes et terrestres qui doivent permettre à la Chine d'aller chercher la croissance à l'extérieur. Et Pékin a aussi investi dans plusieurs actifs stratégiques de pays membres, comme le port du Pirée en Grèce, ou le fournisseur historique d'électricité portugais.
La Chine a "un projet politique de fracturation de l'Union européenne", a dénoncé la tête de liste écologiste française aux élections européennes, Yannick Jadot. "La Chine ne parle jamais à l'Union européenne", mais "aux dirigeants européens" individuellement, "et elle achète systématiquement la complaisance des dirigeants européens".
- manifestations -
Le président chinois a assuré que "la Chine soutiendra toujours l'intégration européenne et son développement" car "une Europe unie et prospère correspond à notre vision d'un monde multipolaire".
Emmanuel Macron (2e d) et sa femme Brigitte avec le couple présidentiel chinois Xi Jinping (2nd L) et Peng Liyuan , sur le perron de l'Elysée, le 25 mars 2019
AFP
Emmanuel Macron a pour sa part annoncé que Paris allait coopérer avec Pékin sur une liste de projets concrets d'investissements dans les pays traversés par les "nouvelles routes de la soie".
Clin d'oeil à l'actualité, une vaste exposition sur les anciennes routes de la soie de Marco Polo se tiendra en 2021 à l'Institut du Monde arabe à Paris avant d'être présentée en Chine.
Après un dîner familial dimanche sur la Côte d'Azur, Emmanuel Macron, Xi Jinping et leurs épouses se retrouvent lundi soir pour un dîner d'Etat à l'Elysée avec 200 invités, dont les acteurs Alain Delon, Gong Li - et son époux Jean-Michel Jarre - ou Hélène Rolles, très populaire en Chine pour son rôle dans le feuilleton des années 1990 "Hélène et les garçons".
A l'occasion de cette visite, une vaste zone de sécurité a été instaurée dans le secteur de l'Elysée alors que des représentants des minorités "persécutées" par Pékin et de militants ont manifesté dans plusieurs lieux de Paris. Emmanuel Macron a assuré avoir exprimé, au cours d'un échange "franc", les "préoccupations" de la France et de l'Europe sur le respect des droits de l'Homme en Chine.
À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.
Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.
La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.
Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.