Il avait quelques mois durant incarné l'écologie politique dans une présidentielle 2017 au goût amer. Aujourd'hui Yannick Jadot, 50 ans, espère...
Yannick Jadot, le député-militant qui veut renouer avec les grandes heures de l’écologie politique
Il avait quelques mois durant incarné l'écologie politique dans une présidentielle 2017 au goût amer. Aujourd'hui Yannick Jadot, 50 ans, espère...
Par Sami ACEF
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Il avait quelques mois durant incarné l'écologie politique dans une présidentielle 2017 au goût amer. Aujourd'hui Yannick Jadot, 50 ans, espère porter au plus haut le drapeau vert aux européennes, en misant notamment sur la société civile.
"Nous pouvons atteindre les 15%" au scrutin européen du printemps prochain, dit-il. L'ambition paraît grande, alors que les récents sondages créditent une liste EELV de 5 à 6 % des votes.
Mais la nouvelle tête de liste assume : "Il y a la place" pour refaire le coup de 2009, où l'écologie politique avait prospéré aux européennes (16,2%), avec en têtes d'affiche Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly, José Bové et, arrivé moins d'un an plus tôt de Greenpeace, Yannick Jadot.
"Il a toujours essayé de porter une écologie plus forte, plus entendue, avec la volonté d'être si possible celui qui la porte", raconte Pascal Durand, eurodéputé écologiste.
C'est un "écologiste convaincu", un "battant, un tribun" lui reconnaît Michèle Rivasi, sa concurrente pour la tête de liste - et son adversaire déjà lors de la course à l'investiture pour la dernière présidentielle. Yannick Jadot l'avait alors emporté, après avoir également éliminé l'ex-ministre Cécile Duflot, pourtant bien plus médiatisée.
- Le "pari perdu" -
La présidentielle a apporté à Yannick Jadot un surcroît de notoriété, mais aussi des reproches, après qu'il a annoncé, sans attendre l'accord des militants, son ralliement au candidat PS Benoît Hamon - "une vraie maladresse", reconnaît-il, et un "pari perdu", l'actuel chef de file de Générations n'ayant réuni que 6% des voix.
Yannick Jadot s'était rallié au candidat du PS Benoît Hamon pendant l'élection présidentielle française de 2017
AFP/Archives
Cette fois, pas question d'appliquer la même recette, alors que les européennes sont l'une des "seules élections où l'on vote par adhésion", affirme M. Jadot, misant sur des ouvertures à la société civile, comme en 2009.
"José Bové c'était les OGM, moi c'était Greenpeace, Dany Cohn-Bendit c'était le combat européen, Eva Joly c'était les paradis fiscaux (...) Personne ne pouvait contester leur sincérité", rappelle-t-il.
"L'écologie politique ne peut pas se refonder uniquement au sein du mouvement écologiste qui la compose aujourd'hui. Il va falloir de l'ouverture, de l'élargissement".
"La chose qu'il faut qu'il améliore c'est le travail d'équipe", prévient un membre du parti. Michèle Rivasi, elle, souligne qu'"il joue plus collectif" depuis la présidentielle.
"C'est bien possible", reconnaît l'intéressé, rappelant qu'il avait accepté de "s'effacer" derrière Benoît Hamon l'an dernier.
- De l'ancre à l'hémicycle -
Né le 27 juillet 1967, Yannick Jadot a fait ses premières armes en politique en participant à la création du mouvement "La Déferlante" en 1986. Étudiant en économie à Dauphine, il se retrouve en charge d'organiser la manifestation d'hommage à Malik Oussékine. Après des expériences humanitaires au Burkina Faso, au Gabon et au Bangladesh dans les années 1990, il intègre l'ONG Solagral (Solidarité agricole et alimentaire), spécialisée dans le suivi des négociations internationales.
Après un bref passage par la campagne de Noël Mamère en 2002, il obtient la direction des campagnes de Greenpeace France. "Dès mon arrivée, (...) je me retrouve accroché à l'ancre d'un navire que vient d'aborder l'équipage du Rainbow Warrior II", raconte-t-il dans un livre en 2014. Il participe à la création de "l'Alliance pour la planète" et prend part au Grenelle de l'Environnement en 2007.
Yannick Jadot s'est vivement opposé au traité CETA pendant son précédent mandat de député européen, ici à au Parlement européen de Strasbourg le 15 février 2017
AFP/Archives
Puis le militant prend la casquette politique. Quelques coups de gueule, - l'une de ses diatribes contre le CETA fait 1,8 millions de vues sur Facebook -, et son franc parler détonnent, notamment quand il appelle le gouvernement à reconnaître la "connerie" Notre-Dame-des-Landes.
Il "a de vraies convictions environnementales", mais il "manque un peu de capacité d'analyse politique", juge Yves Contassot, conseiller de Paris à la double casquette EELV-Générations, qui imagine "un besoin de revanche" après que Jadot est passé tout proche d'un poste de ministre en 2012.
"Yannick (...) voulait vraiment être ministre" mais "dans une volonté politique d'agir, de peser", explique Pascal Durand.
L'intéressé réfute catégoriquement toute "frustration" de ne pas avoir été ministre. "Je m'éclate au Parlement européen, (...) on arrache des victoires", assure celui qui imagine un retour à la société civile après la politique.
"J'espère que je ferai jamais partie de celles et ceux qui ne trouvent plus d'autres horizons que celui de la politique".
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