Yannick Jadot : « Les écologistes, nous sommes chez nous au Salon de l’agriculture »
En visite au salon de l’agriculture, Yannick Jadot a eu l’occasion de défendre le volet agricole de son programme. L’occasion pour le candidat d’EELV de défendre la proximité de l’écologie politique et de la paysannerie, et de proposer un nouveau « contrat » au monde agricole.

Yannick Jadot : « Les écologistes, nous sommes chez nous au Salon de l’agriculture »

En visite au salon de l’agriculture, Yannick Jadot a eu l’occasion de défendre le volet agricole de son programme. L’occasion pour le candidat d’EELV de défendre la proximité de l’écologie politique et de la paysannerie, et de proposer un nouveau « contrat » au monde agricole.
Louis Mollier-Sabet

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« Vous avez devant vous des écologistes qui adorent l’agriculture, les paysannes et les paysans », lâche d’emblée le candidat écologiste au début de son tour de piste au Salon de l’agriculture. Yannick Jadot y tient, la politique agricole est au cœur de l’écologie politique et le candidat tient à se poser en contre-modèle de l’agriculture conventionnelle, qui ne tient pas les normes écologiques en très haute estime : « En 10 ans, on a perdu 100 000 fermes. On a des paysans piégés, isolés par les dettes et par un modèle qui leur a fait perdre leur passion et leur engagement. Nous voulons développer un modèle qui leur donne un revenu décent et qui permette de respecter les animaux, l’environnement et notre alimentation. »

« La souveraineté alimentaire, les écologistes l’ont inventée »

Le Salon de l’agriculture est un lieu où l’on ne parle pas seulement aux agriculteurs. L’agriculture est un enjeu politique et symbolique en France et Yannick Jadot le sait. L’enjeu est donc pour lui de construire un récit concurrent au récit dominant dans les travées du salon : « Nous sommes chez nous au Salon de l’agriculture, nous sommes le mouvement politique qui travaille une vision ancrée de l’agriculture et une fierté paysanne. […] Rien ne se fera contre les agriculteurs, cela se fera même avec. […] Ils savent qu’un système qui produit autant de précarité et nous met en difficulté dès qu’il y a une crise mondiale n’est pas un système durable. » La crise en Ukraine l’illustre parfaitement pour le candidat d’EELV : « Il faut repenser un modèle qui vit sur les engrais azotés [produits en Ukraine et en Russie] et qui espère vivre en vendant des kilos de viande en Russie, en Chine ou ailleurs. Cela ne peut pas tenir. »

>> Lire aussi : Salon de l’agriculture : la « souveraineté alimentaire » au cœur des promesses des candidats

Dans ce contexte, la souveraineté alimentaire a été un thème largement porté par les différents candidats lors de cette édition du Salon de l’agriculture. Yannick Jadot ne déroge pas à la règle et réclame même la paternité du concept au nom de la famille politique écologiste : « Je ne reprends pas la souveraineté alimentaire, les écolos l’ont inventée. Le premier candidat écologiste à l’élection présidentielle, c’est un agronome qui défendait la souveraineté alimentaire. Mais un modèle de souveraineté alimentaire, ce n’est pas organiser un élevage qui dépend du soja brésilien qui fait brûler l’Amazonie. Ce n’est pas exporter dans n’importe quelles conditions de l’autre côté de la planète. » Ainsi Yannick Jadot a notamment évoqué une garantie de 10 à 15 % de marges pour les agriculteurs et un accompagnement des paysans pour les aider à abandonner le glyphosate et les néonicotinoïdes.

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