Zemmour, candidat à la primaire de la droite ?
Pour Gérard Larcher, c’est un non catégorique. S’il se déclarait candidat, Eric Zemmour ne pourrait pas participer à la primaire de la droite et du centre. « Nous n’avons pas les mêmes valeurs », explique le président du Sénat. Plusieurs membres des Républicains sont de cet avis.

Zemmour, candidat à la primaire de la droite ?

Pour Gérard Larcher, c’est un non catégorique. S’il se déclarait candidat, Eric Zemmour ne pourrait pas participer à la primaire de la droite et du centre. « Nous n’avons pas les mêmes valeurs », explique le président du Sénat. Plusieurs membres des Républicains sont de cet avis.
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Par Audrey Vuetaz

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Pour l’heure, il ne s’agit que d’une supposition, car Eric Zemmour ne s’est toujours pas déclaré candidat ni à la présidentielle, ni à une éventuelle primaire de la droite et du centre.

Mais Gérard Larcher, le président du Sénat a déjà émis une fin de non-recevoir.

Il était interrogé sur France Inter, et à la question : « Eric Zemmour peut-il participer à une primaire de la droite et du centre ? », le président du Sénat a répondu du tac au tac. « Non, parce que nous ne partageons pas les mêmes valeurs. Nous préparons un engagement sur les valeurs et nous n’avons pas le même regard sur la société. Même s’il a les 250 signatures d’élus il ne sera pas candidat : pour moi, c’est non. »

Au sein du parti, plusieurs élus partagent son avis, comme Eric Ciotti député LR des Alpes-Maritimes et candidat déclaré, lui, à la primaire de la droite. « J’ai du respect et même de l’amitié pour lui, mais il n’appartient pas à ma famille politique. »

 

« Cela montre qu’il y a un problème avec la primaire »

 

« Je trouve l’essayiste intéressant dans les idées, mais il n’est pas adhérent et nous n’avons pas les mêmes pratiques », déclare pour sa part Jérôme Bascher, sénateur LR de l’Oise. « L’ADN de LR c’est d’être élu, c’est la France des territoires que défendent Gérard Larcher ou même Xavier Bertrand, ce sont des gens ancrés localement, plutôt que des grands théoriciens du monde qui donnent des leçons sans jamais avoir eu de mandat électif. »

Mais pour le sénateur, le blocage autour de la candidature « Zemmour » est révélateur des limites de la primaire. « C’est bizarre, comment est-ce qu’on décide qui a le droit d’y participer ou non ? Et qui décide ? Cela montre bien qu’il y a un problème. »

Jean-François Rapin, sénateur LR du Pas-de-Calais et soutien de Xavier Bertrand s’interroge aussi sur le bien-fondé d’une primaire à laquelle son candidat ne veut pas participer. « Je pose la question : et si Eric Zemmour était candidat à la primaire, il se passe quoi ? On ne sait pas si c’est une primaire fermée, ouverte, si tout le monde peut y participer, même s’il y a dans les statuts, des règles. Je rappelle que c’est une primaire organisée par les LR, en principe pour les LR. Mais Valérie Pécresse, elle n’est plus LR… »

 

« Et pourquoi pas ? » pour les soutiens d’Eric Zemmour

 

Les soutiens d’Eric Zemmour, eux, ne ferment aucune porte. « L’idée est intéressante, à condition qu’il ait le droit au même traitement que les autres candidats, et à condition aussi qu’il y ait des pointures face à lui, » explique Stanislas Rigault, président de Génération Zemmour, un mouvement de jeunes soutiens. « Encore faut-il que la primaire ait lieu ». C’est aussi ce qu’a répondu l’intéressé, interrogé sur le sujet samedi en marge d’un débat.

Concernant la question des valeurs communes, Stanislas Rigault n’hésite pas à égratigner le président du Sénat. « Gérard Larcher pense que nous n’avons pas les mêmes valeurs, mais plus de 600 jeunes Républicains viennent de signer une tribune dans le Point pour témoigner de leur soutien à Eric Zemmour. A mon avis, Gérard Larcher devrait côtoyer sa base un peu plus souvent. »

Stanislas Rigault affirme d’ailleurs que depuis que Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau ont décidé de ne pas se présenter à la primaire, le polémiste gagne des soutiens, car, dit-il, « il est le plus à même de parler à cet électorat. »

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