Zemmour / Le Pen : « Ma crainte est que l’on soit privés de 2nd tour à cause d’un choc entre deux égos » s’inquiète Robert Ménard
Invité de la matinale de Public Sénat, Robert Ménard a plaidé pour un rassemblement du camp de « la droite nationale. » Si le maire de Béziers continue de soutenir Marine Le Pen, il appelle surtout au rassemblement entre la présidente du Rassemblement national et Éric Zemmour, pour traduire électoralement ce qu’il voit comme une hégémonie des idées de son camp.

Zemmour / Le Pen : « Ma crainte est que l’on soit privés de 2nd tour à cause d’un choc entre deux égos » s’inquiète Robert Ménard

Invité de la matinale de Public Sénat, Robert Ménard a plaidé pour un rassemblement du camp de « la droite nationale. » Si le maire de Béziers continue de soutenir Marine Le Pen, il appelle surtout au rassemblement entre la présidente du Rassemblement national et Éric Zemmour, pour traduire électoralement ce qu’il voit comme une hégémonie des idées de son camp.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

On avait plutôt l’habitude de ce genre de dilemmes à gauche, où les sirènes de l’union retentissent maintenant à chaque élection d’envergure. Mais avec la proto-candidature d’Éric Zemmour, c’est maintenant le camp de la « droite nationale » qui est partagé entre deux candidature et qui en arrive à appeler au désistement de l’une d’elles. C’est notamment le cas de Robert Ménard, ami d’Éric Zemmour et soutien de Marine Le Pen, qui évoque sa « crainte » à l’idée que « son camp » parte divisé à l’élection présidentielle : « Le camp de la droite nationale n’a jamais pesé autant en France. Il faut prendre avec des pincettes les sondages, mais nos idées n’ont jamais été aussi majoritaires dans l’électorat. Parce qu’il y a ce choc entre deux égos, deux ambitions, on pourrait se voir privés de second tour ? »

L’union, « sinon on va dans le mur »

Le maire de Béziers en appelle donc à l’union : « C’est pour ça que j’appelle Marine Le Pen et Éric Zemmour à la raison, en disant attention il va falloir s’entendre, que le moins bien placé se retire face au mieux placé, c’est une question de bon sens, parce que sinon, on va dans le mur. » Pour le moment, ses appels n’ont trouvé que des fins de non-recevoir chez les deux candidats, mais Robert Ménard entend continuer à jouer les entremetteurs : « Vous dire qu’ils m’écoutent beaucoup serait un mensonge éhonté, mais ce n’est pas parce qu’aujourd’hui, ils s’arc-boutent que la réalité des chiffres ne les contraindra pas à faire le contraire, je ne désespère pas. J’essaie de servir de passerelle parce que je continue à avoir de bons rapports avec les deux. »

Si le maire de Béziers a bien constaté une « déception à l’égard du RN » après l’échec de 2017 et « un besoin de radicalité », il ne semble toujours pas convaincu par l’option Éric Zemmour par rapport à Marine Le Pen, qu’il soutient toujours : « Des gens se sentent dans une insécurité culturelle, mais je pense contrairement à Éric Zemmour, que l’on a besoin de les rassurer. Pour traduire nos idées majoritaires en termes d’élections, on a besoin de constats, mais aussi de propositions réalistes et de gens crédibles. Dire que l’on va ramener l’immigration à zéro, ce n’est pas vrai. » D’autant plus que, d’après Robert Ménard, la présidente du Rassemblement national « se bonifie » et « a appris de ses défaites précédentes. » Le maire de Béziers en veut pour preuve ses désaccords, « connus » avec Marine Le Pen, notamment sur les questions économiques : « Je n’aurais pas dit cela il y a un an » confie-t-il. À voir ce que Robert Ménard dira dans quelques mois.

Partager cet article

Dans la même thématique

Municipales 2026 : Les Républicains, une « première force politique locale », mais à la peine dans les grandes villes
5min

Politique

Municipales 2026 : Les Républicains, une « première force politique locale », mais à la peine dans les grandes villes

LR réalise une série de prises dans les petites et moyennes villes, reconduisant un nombre important de sortants dès le premier tour. Selon Bruno Retailleau, le parti « s’est renforcé », mais le parti réalise des scores décevants à Paris et Marseille. Une autre campagne commence désormais, avec les stratégies complexes d’entre-deux-tours.

Le

Beaucaire: Jordan Bardella comes to support Nelson Chaudon, who has been re elected as mayor
4min

Politique

Municipales 2026 : la montée notable du Rassemblement national dès le premier tour

Réélections dès le premier tour à Perpignan, Hénin-Beaumont ou Fréjus, percées à Toulon et Nice, et duel serré à Marseille : le Rassemblement national confirme sa progression lors du premier tour des municipales 2026. Porté par ses récents succès électoraux, le parti à la flamme cherche désormais à transformer cette dynamique en conquêtes locales durables, à un an de la présidentielle de 2027.

Le

Depouillement votes municipales 15 mars 2026. Premier tour, Paris.
7min

Politique

Résultat du premier tour des municipales : quels sont les enseignements du scrutin ?

Percée de LFI, dilemme des alliances pour le PS et les écologistes, le RN bien placé à Marseille et Toulon, la droite résiste dans les villes moyennes, Edouard Philippe bien parti pour conserver le Havre et maintenir sa candidature à la présidentielle… On fait le point sur les enseignements du premier tour des élections municipales.

Le

Lyon
7min

Politique

Municipales 2026 : Paris, Lyon, Marseille, Lille… Ce que disent les résultats dans les grandes villes

Au soir du premier tour des municipales 2026, le paysage politique des grandes métropoles françaises oscille entre continuité et secousses majeures. Si la plupart des maires sortants résistent, beaucoup sont désormais talonnés par leur challenger. Dans de nombreux cas, LFI s’impose comme la troisième force. De Paris à Marseille, en passant par Nice, Lyon ou Bordeaux, tour d’horizon des résultats et des rapports de force avec les estimations Ipsos-BVA pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN.

Le