Une amélioration des traitements du cancer attendue dans les prochaines décennies. Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi 5 février, Fabrice Barlesi, directeur général de l’Institut Gustave Roussy, est revenu sur les dernières avancées de la science en matière de recherche contre ce genre de pathologie. Le spécialiste s’est fixé des objectifs importants en la matière. « L’ambition, du fait de l’accélération des connaissances et du développement des médicaments, est d’arriver à 80% de patients guéris (…) en 2040 », explique-t-il. Pour le professeur, cette projection s’inscrit vers le « chemin d’une guérison totale des pathologies cancéreuses dans le siècle ».
Une recherche « qui coûte de plus en plus cher »
Plusieurs priorités sont dressées par Fabrice Barlesi dans cette optique. « Cela impose qu’on continue dans la recherche, dans les talents et dans le développement des médicaments », relève-t-il. Mercredi, Emmanuel Macron a justement annoncé que les moyens alloués par l’Etat dans le cadre de la « stratégie décennale » contre le cancer seraient maintenus au même niveau jusqu’en 2030. L’investissement représente plus d’un 1,7 milliard d’euros débloqués sur cinq ans.
Si la mesure est saluée par Fabrice Barlesi, le cancérologue souligne que cette somme « reste malheureusement relativement peu » élevée au regard de « l’ensemble des missions » couvertes par l’Institut national du cancer. Dans un contexte budgétaire tendu, « la recherche coûte de plus en plus cher », souligne le responsable. Or, les traitements innovants contre le cancer « ont un coût ». « Ils ont d’autant plus un coût si on n’est pas indépendant sur le plan sanitaire, si on n’est pas capable de les développer et de les fabriquer en France », pointe Fabrice Barlesi.
Améliorer le dépistage des cancers
Autre arme à davantage mobiliser contre le cancer, d’après l’oncologue : la prévention. « On est assez mauvais dans le dépistage en France », regrette le directeur général de l’Institut Gustave Roussy. « Or, il est démontré sans aucun doute possible que ces dépistages diminuent la mortalité par cancer de manière significative. » Plusieurs améliorations du dépistage de différents types de cancers sont d’ailleurs prévues dans le cadre du plan présenté par le chef de l’Etat mercredi. « Nous voulons qu’il y ait un dépistage généralisé du cancer du poumon d’ici à 2030 », a par exemple précisé mercredi la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, sur franceinfo.
Le défi est aujourd’hui de taille. Comme démontré par une étude publiée en 2023, la France constitue le pays avec la plus grande incidence de cancers au monde, avec 389 cas recensés pour 100 000 habitants. « Chez les jeunes, on a une augmentation d’un certain nombre de cancers digestifs », complète Fabrice Barlesi. Même constat concernant les cas de « cancer du pancréas », « une pathologie qui était relativement rare » auparavant. Le professeur appelle à ne négliger aucun signe suspect au moment de consulter son médecin. « Plus on va prendre la maladie précocement, plus on a de probabilité de guérir les patients », souligne-t-il. « N’importe quel symptôme est important. »