Si dans les années 1990, les épisodes caniculaires duraient environ trois jours par an, désormais, ils s’étendent sur une période quatre fois plus longue, soit 12 jours par an en moyenne selon Météo France. Mais qu’est-ce qu’une canicule ? Selon le chef de service du Samu de Paris, une canicule est une séquence où la température nocturne est supérieure aux normales de saison pendant plus de trois nuits.
Le souvenir collectif de la canicule de 2003
« Il y avait des dizaines d’arrêts cardiaques par jour, on avait du mal à envoyer des moyens tellement nous avions de sollicitations pour des cas gravissimes », rappelle Frédéric Adnet. Dans les esprits des soignants, la canicule de l’été 2003 qui avait provoqué près de 70 000 décès en Europe, dont près de 15 000 rien qu’en France, reste un épisode marquant. Un traumatisme qui a permis de mieux affronter de tels phénomènes. Médecin au Samu de Paris à l’époque, Frédéric Adnet se souvient : « on voyait des situations que l’on ne connaissait pas bien comme les coups de chaleur, les insolations, les hyperthermies malignes, on ne connaissait pas les protocoles de prise en charge ».
Une observation corroborée par les statistiques de Santé publique France : en 2003, trois victimes sur quatre étaient âgées de 75 ans ou plus. Selon Frédéric Adnet, « les premières victimes de la canicule sont les personnes en risque de déshydratation, ces personnes ont moins le réflexe de s’hydrater et ressentent moins le coup de chaleur ».
La prise de conscience des pouvoirs publics
Si pour Antoinette Guhl, sénatrice écologiste de Paris, cette canicule de 2003 « a été un coup de semonce car elle a montré qu’on allait avoir de nouveaux dangers », nous n’en avons pas tiré toutes les conclusions. Elle regrette que l’action politique ne soit pas davantage concentrée sur les moyens de prévenir ces phénomènes : « Il y a des budgets qui sont encore aujourd’hui sous-estimés, qui sont coupés comme celui de l’isolation des logements. »
Les villes, des lieux d’expérimentation de solutions
Pourtant, de plus en plus, les villes se saisissent du problème et c’est là toute l’amélioration de la prise en charge depuis 2003. De nombreuses villes en France proposent désormais des « ilots de fraicheurs » ou des « abris climatiques » qui sont des lieux climatisés accessibles à ceux qui ne peuvent pas rester chez eux. La ville de Paris prévoit notamment de végétaliser une dizaine de grandes artères de la capitale afin de rafraichir la température en saison chaude.
Au-delà de la température, l’autre enjeu de santé publique des épisodes caniculaires reste celui de la pollution atmosphérique. Des leviers comme la limitation de la vitesse ou la circulation des véhicules les moins polluants permettent d’atténuer les émissions pendant ces périodes de forte chaleur.
L’émission est à retrouver en intégralité ici.