Crise de la pédiatrie : « On ne trie pas les enfants à l’entrée de l’hôpital », assure le ministre de la Santé, François Braun

Crise de la pédiatrie : « On ne trie pas les enfants à l’entrée de l’hôpital », assure le ministre de la Santé, François Braun

« Notre système de santé, dans son ensemble, prend en charge tous les enfants en situation de détresse », soutient le ministre devant le Sénat, qui rappelle que « toutes les bronchiolites ne doivent pas aller à l’hôpital » et doivent « être prises en charge en priorité par les médecins généralistes ».
François Vignal

Par Public Sénat

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Sous le coup d’une épidémie de bronchiolite précoce et d’un manque de lits et de personnels, les services de pédiatrie à l’hôpital sont en crise. Un sujet porté lors des questions d’actualité au gouvernement, ce mercredi, par la sénatrice PCF Laurence Cohen, qui pointe « un système de santé à bout de souffle ». « Ce n’est pas la faute de la bronchiolite, mais de la politique menée depuis des années dans l’hôpital, à coups de coupes budgétaires », dénonce la sénatrice du Val-de-Marne.

« L’épidémie de bronchiolite est habituelle à l’automne et donc prévisible. Cette situation n’est pas nouvelle », ajoute la sénatrice LR Florence Lassarade, pédiatre de formation. « Comment en est-on arrivés là ? » demande l’élue de Gironde, qui dénonce « la fermeture de lits et le manque de soignants » et les « rustines » mises en place par le gouvernement, plutôt que des « mesures structurelles » comme la « revalorisation significative de la permanence des soins de nuit, des week-end et jours fériés ».

Face à la situation, l’Etat a annoncé dimanche dernier la mise en place du plan blanc, 150 millions d’euros pour les services en tension, dont la pédiatrie, et des assises de la pédiatrie pour le printemps.

« L’hôpital est à bout de souffle »

En réponse aux sénatrices, le ministre de la Santé, François Braun, a assuré que le sujet le « préoccupait particulièrement ». Il a tenu à préciser un point : « Non, on ne trie pas les enfants à l’entrée de l’hôpital. Les mots ont un sens. Celui-ci, c’est ajouter artificiellement de l’inquiétude, de l’angoisse aux parents. Cela peut-être plus dangereux que ça, en poussant à du renoncement de soins », avance François Braun. Lundi, le sénateur PS Bernard Jomier affirmait pourtant sur Public Sénat que « la semaine dernière, on a vu réapparaître dans la bouche des pédiatres l’expression « tri des enfants » ».

« Je le dis avec force, notre système de santé, dans son ensemble, prend en charge tous les enfants en situation de détresse. Il le prend en charge dans des parcours de soins identifiés pour répondre aux besoins. Je le redis : toutes les bronchiolites ne doivent pas aller à l’hôpital », ajoute le ministre de la Santé. Si cette maladie « est une pathologie inquiétante », il « rappelle qu’elle est bénigne et doit être prise en charge en priorité par les médecins généralistes ».

Globalement, « l’hôpital ne va pas bien depuis de nombreuses années, grâce ou à cause des politiques comptables », admet le ministre, à l’origine médecin urgentiste, qui reconnaît que « l’hôpital est à bout de souffle ». Mais le ministre rappelle que « depuis 2017, ce sont 53 milliards d’euros qui ont été mis en place dans l’hôpital ».

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