Crise de la pédiatrie : « On ne trie pas les enfants à l’entrée de l’hôpital », assure le ministre de la Santé, François Braun
« Notre système de santé, dans son ensemble, prend en charge tous les enfants en situation de détresse », soutient le ministre devant le Sénat, qui rappelle que « toutes les bronchiolites ne doivent pas aller à l’hôpital » et doivent « être prises en charge en priorité par les médecins généralistes ».

Crise de la pédiatrie : « On ne trie pas les enfants à l’entrée de l’hôpital », assure le ministre de la Santé, François Braun

« Notre système de santé, dans son ensemble, prend en charge tous les enfants en situation de détresse », soutient le ministre devant le Sénat, qui rappelle que « toutes les bronchiolites ne doivent pas aller à l’hôpital » et doivent « être prises en charge en priorité par les médecins généralistes ».
François Vignal

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Sous le coup d’une épidémie de bronchiolite précoce et d’un manque de lits et de personnels, les services de pédiatrie à l’hôpital sont en crise. Un sujet porté lors des questions d’actualité au gouvernement, ce mercredi, par la sénatrice PCF Laurence Cohen, qui pointe « un système de santé à bout de souffle ». « Ce n’est pas la faute de la bronchiolite, mais de la politique menée depuis des années dans l’hôpital, à coups de coupes budgétaires », dénonce la sénatrice du Val-de-Marne.

« L’épidémie de bronchiolite est habituelle à l’automne et donc prévisible. Cette situation n’est pas nouvelle », ajoute la sénatrice LR Florence Lassarade, pédiatre de formation. « Comment en est-on arrivés là ? » demande l’élue de Gironde, qui dénonce « la fermeture de lits et le manque de soignants » et les « rustines » mises en place par le gouvernement, plutôt que des « mesures structurelles » comme la « revalorisation significative de la permanence des soins de nuit, des week-end et jours fériés ».

Face à la situation, l’Etat a annoncé dimanche dernier la mise en place du plan blanc, 150 millions d’euros pour les services en tension, dont la pédiatrie, et des assises de la pédiatrie pour le printemps.

« L’hôpital est à bout de souffle »

En réponse aux sénatrices, le ministre de la Santé, François Braun, a assuré que le sujet le « préoccupait particulièrement ». Il a tenu à préciser un point : « Non, on ne trie pas les enfants à l’entrée de l’hôpital. Les mots ont un sens. Celui-ci, c’est ajouter artificiellement de l’inquiétude, de l’angoisse aux parents. Cela peut-être plus dangereux que ça, en poussant à du renoncement de soins », avance François Braun. Lundi, le sénateur PS Bernard Jomier affirmait pourtant sur Public Sénat que « la semaine dernière, on a vu réapparaître dans la bouche des pédiatres l’expression « tri des enfants » ».

« Je le dis avec force, notre système de santé, dans son ensemble, prend en charge tous les enfants en situation de détresse. Il le prend en charge dans des parcours de soins identifiés pour répondre aux besoins. Je le redis : toutes les bronchiolites ne doivent pas aller à l’hôpital », ajoute le ministre de la Santé. Si cette maladie « est une pathologie inquiétante », il « rappelle qu’elle est bénigne et doit être prise en charge en priorité par les médecins généralistes ».

Globalement, « l’hôpital ne va pas bien depuis de nombreuses années, grâce ou à cause des politiques comptables », admet le ministre, à l’origine médecin urgentiste, qui reconnaît que « l’hôpital est à bout de souffle ». Mais le ministre rappelle que « depuis 2017, ce sont 53 milliards d’euros qui ont été mis en place dans l’hôpital ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Crise de la pédiatrie : « On ne trie pas les enfants à l’entrée de l’hôpital », assure le ministre de la Santé, François Braun
5min

Santé

Maladie de lyme : des parcours chaotiques avant le diagnostic

En Franche-Comté, la maladie de Lyme frappe plus fort qu’ailleurs en France. Transmise par les tiques, elle laisse des familles entières dans l’errance médicale, entre symptômes invalidants et diagnostics incertains. Des malades se tournent vers l’Allemagne pour trouver des réponses, tandis que les spécialistes français alertent sur les risques des traitements prolongés. Au cœur de ce combat, le sénateur Jean-François Longeot (Union centriste), marqué par le calvaire d’un ami, se bat pour faire reconnaître cette maladie et accélérer la recherche.

Le

FRANCE – COUNCIL OF MINSITERS JANUARY 28
7min

Santé

Réforme de l’AME pour les étrangers en situation irrégulière : la majorité sénatoriale regrette « des mesures anecdotiques »

Deux nouveaux décrets encadrant l’Aide médicale d'État (AME) ont été publiés au Journal officiel. Ils doivent permettre au gouvernement de réaliser une économie de 180 millions d’euros en limitant le risque de fraudes, mais la majorité sénatoriale y voit une manœuvre pour esquiver le débat sur la réduction du panier de soins, remis à plus tard par le Premier ministre.

Le

Crise de la pédiatrie : « On ne trie pas les enfants à l’entrée de l’hôpital », assure le ministre de la Santé, François Braun
3min

Santé

Cancer : « L'ambition est d'arriver à 80% de patients guéris en 2040 », projette le directeur général de l’Institut Gustave Roussy

Médicaments, traitements innovants, avancées de la recherche… La lutte contre le cancer continue de progresser grâce aux travaux des scientifiques. « L'ambition (...) est d'arriver à 80% de patients guéris (...) en 2040, sur le chemin d'une guérison totale des pathologies cancéreuses dans le siècle », souligne le professeur Fabrice Barlesi, directeur général de l’Institut Gustave Roussy, invité sur Public Sénat ce jeudi 5 février.

Le