Depuis que le traitement de sa mère n’est plus remboursé, elle le « paye 30% plus cher » : le coup de colère de sa fille.

Epinglés depuis des années par la Haute Autorité de Santé pour leur manque d’efficacité, et leurs effets secondaires, 4 médicaments dits anti-Alzheimer ont été déremboursés par la Sécurité sociale le 1er août 2018. Depuis, certaines familles assument financièrement seules la charge du traitement. C’est le cas de Marie Legrand, qui s’occupe de sa mère atteinte de la maladie depuis une dizaine d’années. Interrogée dans l’émission Dialogue citoyen, elle regrette l’injustice de la situation.
Axel Dubois

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Elle en est persuadée, le traitement maintient les fonctions cognitives et retarde l’avancée de la maladie chez sa mère : « Cela fait une dizaine d’années qu’elle prend ce traitement, et sa maladie évolue très lentement. A ce jour, elle nous reconnait, elle est toujours cohérente. ». Des effets qui justifieraient pour Marie Legrand le remboursement de ces médicaments.

Si pour 70% des patients ayant pris ce traitement, les effets n’étaient pas aux rendez-vous, Marie Legrand regrette que cette décision s’applique à tous, d’autant que le médecin de sa mère continue de le prescrire : « Je trouve ça injuste. Pourquoi dérembourser ce médicament ? Ça veut dire qu’une certaine catégorie de patients ne peut plus se payer le traitement : 15€ par mois, ça reste un budget ».

Du cas par cas ?

Bernard Jomier, Sénateur de Paris et médecin en exercice, se dit choqué par la situation : « C’est une maladie qu’on connait tous bien et qui est extrêmement dure à vivre. ». Le Sénateur se permet toutefois de rappeler comment est déterminé en France le remboursement d’un médicament : « La règle du remboursement ou du déremboursement ne peut pas être individuelle, sinon on ne maitriserait rien. Madame se retrouve confrontée à une règle collective, qui parait alors injuste. ». Mais pour lui, les problèmes liés au suivi de la maladie d’Alzheimer ne se limite pas à cette question : « Sur la maladie d’Alzheimer, il y a beaucoup de choses qu’on a du mal à faire pour des raisons de coût. ».

Le prix des médicaments non remboursés en question

Si comme le confie Marie Legrand, la retraite de sa « petite maman », comme elle l’appelle, lui permet de s’offrir le traitement,  elle ne comprend pas que depuis le déremboursement, le prix du médicament « ait été multiplié par deux, voire trois, et que d’un pharmacien à l’autre, il y ait parfois 30% d’augmentation ». Une situation « parfaitement choquante » pour la Sénatrice Elisabeth Doineau, rapporteure générale de la Commission des affaires sociales du Sénat qui regrette le fait qu’il n’y ait pas de prix fixe pour les médicaments non-remboursés, qui deviennent des produits comme les autres : « ça me donne envie de poursuivre cette conversation à travers une commission d’enquête » lâche-t-elle. A suivre.

 

L’intégralité de l’émission ici.

Partager cet article

Dans la même thématique

Risque de dérapage du déficit de la Sécu : « On va se préparer à des coupes budgétaires », pressent la rapporteure générale au Sénat
6min

Santé

Risque de dérapage du déficit de la Sécu : « On va se préparer à des coupes budgétaires », pressent la rapporteure générale au Sénat

Un rapport d’experts du financement de la protection sociale met le doigt sur des mesures non prises en compte au moment du calcul du déficit prévisionnel de la Sécu. Ce dernier pourrait excéder largement les 20 milliards d’euros. De quoi ouvrir la porte à des ajustements laissés à main du gouvernement en cours d’année, selon la sénatrice Elisabeth Doineau (Union centriste).

Le

Depuis que le traitement de sa mère n’est plus remboursé, elle le « paye 30% plus cher » : le coup de colère de sa fille.
4min

Santé

Cancers : le péril jeune

Le nombre de nouveaux cas de cancer d’apparition précoce dans le monde a bondi de près de 80% en moins de 30 ans. En France, la tendance est la même. Alors comment expliquer ce phénomène ? Que fait-on pour endiguer l’explosion de cancers chez les moins de 50 ans ? Au Sénat, la sénatrice centriste du Calvados Sonia de la Provôté a rédigé une proposition de loi pour créer un registre national des cancers. Inexistant jusqu’à présent en France, ce nouveau registre national va permettre de recenser de manière exhaustive les cas de cancers, d’améliorer le dépistage et la prise en charge des patients.

Le

Depuis que le traitement de sa mère n’est plus remboursé, elle le « paye 30% plus cher » : le coup de colère de sa fille.
9min

Santé

Fin de vie : le Sénat en reste, à ce stade, au dispositif plus restrictif « d’assistance médicale à mourir »

Au premier jour des débats sur la réforme de la fin de vie, une majorité de sénateurs n’a pas souhaité restaurer les conditions d’éligibilité à l’aide à mourir, telles qu’elles figuraient dans le texte transmis par les députés. Profondément remanié début janvier en commission, l’accès à ce dispositif a été restreint aux seules personnes dont le décès est proche ou imminent, soit à « court terme ». Les discussions sur l’article doivent se poursuivre ce mercredi.

Le