Noël n’aura pas fait passer la pilule. Alors que le Parlement est parvenu à s’accorder sur le budget de la Sécurité sociale en décembre, les médecins de ville et les cliniques s’apprêtent à entrer en grève ce lundi, pour dénoncer un texte « insuffisant ». Sous le feu des critiques de la profession : le contrôle des prescriptions d’arrêts de travail et des mesures permettant aux autorités de baisser les tarifs de certains actes. Ils s’inquiètent également d’une potentielle restriction de leur liberté d’installation, objet de textes en cours d’examen par les parlementaires.
Initiée par les organisations professionnelles représentatives, des syndicats étudiants et de la jeune génération de médecins, cette mobilisation pourrait être très suivie et s’étendre jusqu’au 15 janvier. Avec comme conséquences, la fermeture de cabinets et l’annulation d’opérations. De ce fait, les patients déjà hospitalisés continueront d’être soignés, mais toute personne arrivant aux urgences ou à la maternité, se retrouverait transférée vers l’hôpital public, sauf cas d’urgence vitale. De quoi mettre sous pression des établissements publics déjà sous tension, avec le pic d’épidémies hivernales.
La ministre de la Santé aura recours aux réquisitions si nécessaire
Du côté du ministère de la Santé, Stéphanie Rist tente d’ouvrir la discussion : « Quel que soit le nombre de grévistes, l’important est de pouvoir dire à ces médecins que je suis évidemment à leur écoute », a-t-elle déclaré ce lundi sur France 2. Et d’ajouter : « Nous devons continuer le dialogue, nous devons le renforcer. J’espère que ce mouvement durera le moins longtemps possible ».
Ce dimanche, la ministre a néanmoins précisé dans un entretien à la République du Centre, avoir « pris des mesures pour organiser la permanence des soins », avec les Agences régionales de santé (ARS), les établissements et les professionnels, pour ne pas mettre en danger les patients. « En cas de besoin », elle pourrait « avoir recours aux réquisitions », a-t-elle affirmé. Elle a aussi rappelé qu’il y avait « une augmentation exponentielle [des] dépassements d’honoraires ces dernières années. […] Même si les abus ne concernent qu’une minorité de médecins, nous ne pouvons pas laisser la situation en l’état car nous avons des concitoyens qui renoncent aux soins pour des raisons financières ».
(Avec AFP)