Le sénateur Place Publique Bernard Jomier, médecin de formation, s’est ému ce mercredi dans l’hémicycle du Sénat de la masse de désinformations qui circule déjà à propos de l’hantavirus, et qui sont susceptibles de générer des réactions anxiogènes au sein d’une population encore marquée par la dernière crise sanitaire. L’élu appelle notamment le gouvernement à mieux protéger la communauté scientifique, dont certains membres subissent du harcèlement de la part des complotistes.
« La désinformation en santé a refleuri instantanément. Les anti-vax sont à la manœuvre. Oui, il y a des anti-vax alors qu’il n’y a pas de vaccin sur les antivirus. Les anti-vax ont vraiment été bercés trop près du mur ! », a étrillé l’élu. Il a ainsi épinglé « les complotistes qui ne veulent pas que notre population ait accès au savoir. » Bernard Jomier a longuement évoqué le harcèlement dont sont victimes certains chercheurs, appelant la ministre « à prendre des mesures pour les protéger ».
« Ils sont harcelés sur les réseaux sociaux, ils sont harcelés devant les tribunaux où les procédures se multiplient. L’ordre des médecins est apathique, les parquets largement indifférents quant à l’université, à Marseille, elle est parfois complice », a déploré ce médecin de formation. En 2024, l’Université d’Aix-Marseille (AMU) avait saisi sa commission de déontologie après des publications considérées comme problématiques sur les réseaux sociaux de la part d’anciens collaborateurs de l’infectiologue controversé Didier Raoult.
Une « task force efficace d’experts scientifiques » pour contrer la désinformation
Dans sa réponse, Stéphanie Rist a rappelé sa volonté de constituer un observatoire de la désinformation en santé. « Nous avons annoncé une stratégie pour lutter contre les fausses informations avec le dispositif d’info-vigilance sur lequel nous travaillons, pour que nous puissions construire une sorte de task force efficace d’experts scientifiques », a-t-elle expliqué. « Dès qu’ils apercevront une fausse information, ils pourront agir très vite et de façon coordonnée, de manière massive, pour arrêter cette fausse information. »
Les 22 Français qui ont été identifiés comme cas contacts de la passagère néerlandaise du MV Hondius décédée de l’hantavirus sont « actuellement hospitalisés », a fait savoir le gouvernement. Désormais, l’exécutif s’emploie à rassurer la population face à un risque éventuel d’épidémie, considéré comme beaucoup plus faible que pour le Covid-19, dans la mesure où la souche des Andes du virus, celle qui a été détectée à bord du MV Hondius, se transmet plus difficilement. Le cas échéant, la France dispose d’un stock de masques pour y faire face pendant « minimum trois mois », a indiqué Matignon.