Illustration d'un bidon d'herbicide Roundup gel dans un supermarche. Ce desherbant commercialise par la firme Monsanto Bayer est constitue a base de 7,2g/L de glyphosate. L'emploi par des utilisateurs non professionnels est autorise par l'ANSES.//LODIMAGES_R015298
La famille Grataloup perd son procès contre Monsanto : « pas de certitudes » sur l’exposition au glyphosate selon le tribunal
Bayer-Monsanto l’emporte face à la famille de Théo Grataloup. Les parents du jeune homme de 18 ans, né avec une grave malformation de l’œsophage, espéraient faire reconnaitre le lien entre sa pathologie et son exposition in utero au glyphosate. Le tribunal a estimé que les preuves de l’exposition à l’herbicide étaient trop faibles pour inculper le groupe allemand Bayer.
Cela faisait sept ans que les parents de Théo Grataloup avaient entamé une action contre le géant de l’agrochimie. Ils souhaitaient « se battre jusqu’au bout » pour faire reconnaitre par la justice le lien entre l’utilisation du Glyper, l’herbicide Roundup de Monsanto, et les malformations de leurs fils, Théo. Sabine Grataloup assure avoir utilisé ce produit à base de Glyphosate, « plusieurs fois par jour, sans protection particulière » au début de sa grossesse, en août 2006.
Pourtant, selon le jugement du tribunal de Vienne (Isère) que s’est procuré Franceinfo, la famille n’a pas réussi à démonter qu’il y avait bien eu une exposition au produit. Les magistrats ont estimé qu’il n’y avait « pas de certitude que le désherbant utilisé était du Glyper ». Aucune facture prouvant l’achat du produit n’a pu être retrouvée.
Quant aux témoignages d’une dizaine d’ouvriers qui travaillaient à l’époque sur le centre équestre de Sabine Grataloup, ils ont été jugés « impropres », car rédigés onze ans après les faits.
Je n’avais pas un huissier derrière moi pour attester que c’est bien du glyphosate que j’ai épandu !
Sabine Grataloup, mère de Théo, née avec une malformation œsophagienne
À la sortie de la salle d’audience, les avocats de la famille, William Bourdon, Bertrand Repolt et Alice Gourlay-Duplessis, disent ressentir une grande déception pour la famille de Théo Grataloup. « Apporter la preuve d’une exposition et d’un lien de causalité plus de dix ans après les faits, c’est compliqué. À l’époque, ma cliente ne pouvait pas imaginer qu’elle irait un jour devant les tribunaux », déclare Bertrand Repolt.
Une « forme d’incohérence »
Mais pour l’avocate spécialiste du droit de l’environnement, Corinne Lepage, « il y a une forme d’incohérence » à ce que le tribunal ne reconnaissance pas qu’il y ait eu une exposition au produit. « Théo Grataloup reçoit une indemnité mensuelle du fonds français d’indemnisation des victimes de pesticides. S’il n’avait pas été prouvé qu’il y avait bien eu une exposition, Théo ne serait pas indemnisé », continue l’avocate.
En 2022, le fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP), avait reconnu « la possibilité du lien de causalité » entre l’exposition aux pesticides durant la période prénatale et les malformations de Théo Grataloup. La justice a néanmoins reconnu que Monsanto était bien le fournisseur de cet herbicide. Ce que contestait la firme allemande jusqu’à présent.
« Notre combat n’a pas été vain. Aujourd’hui, les parents ne veulent plus laisser empoisonner leurs enfants, estime Sabine Grataloup. Cette prise de conscience qui s’exprime dans la mobilisation contre la loi Duplomb, on n’y est peut-être pas étrangers », confie Sabine Grataloup au Monde.
L’avocat Bertrand Repolt entend faire appel du jugement. Le combat continue pour la famille Grataloup.
Ce mercredi après-midi, à l’occasion de la séance de questions d’actualité au gouvernement, le sénateur Place Publique Bernard Jomier a interpellé la ministre de la Santé sur les contenus de désinformations qui inondent déjà les réseaux à propos de l’hantavirus. Il a également pointé du doigt les campagnes de dénigrement lancées par certains internautes contre la communauté scientifique.
Matignon a tenu à rassurer sur les stocks de masques disponibles en cas de vague épidémique. Par ailleurs, l’hantavirus étant peu contagieux, la question des masques ne semble pour le moment pas constituer un véritable problème.
Invité de notre matinale, l’infectiologue Benjamin Rossi a jugé que l’épidémie d’hantavirus était surtout médiatique. Il a rappelé que des cas étaient observés tous les ans en Argentine sans créer d’épidémies, et que ce virus était peu contagieux. D’après lui, la situation est inquiétante pour les gens présents sur le bateau « Hondius », sans risque de propagation à l’international.
Quel est l’héritage de la dernière pandémie dans notre droit, à l’heure où la question d’un virus mortel refait parler de lui ? Le Code de la santé publique permet au gouvernement de prendre des mesures, comme le montre un récent décret.