La rapporteure du Budget de la Sécu au Sénat regrette que le gouvernement ne répercute pas l’inflation sur les taxes sur le vin
« On fait subir l’inflation au tabac, sur le pain, tous nos aliments, mais on ne fait pas subir l’inflation sur le vin, enfin l’alcool » a pointé du doigt la sénatrice centriste Elisabeth Doineau, en vue de l’examen au Sénat du budget de la Sécurité sociale au Sénat.

La rapporteure du Budget de la Sécu au Sénat regrette que le gouvernement ne répercute pas l’inflation sur les taxes sur le vin

« On fait subir l’inflation au tabac, sur le pain, tous nos aliments, mais on ne fait pas subir l’inflation sur le vin, enfin l’alcool » a pointé du doigt la sénatrice centriste Elisabeth Doineau, en vue de l’examen au Sénat du budget de la Sécurité sociale au Sénat.
François Vignal

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C’est un sujet récurrent lors des débats sur le budget de la Sécurité sociale. Les taxes comportementales sur les boissons ou le tabac. Ce mardi matin, durant l’audition du ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, ce n’est autre que la rapporteure générale de la commission des affaires sociales, la sénatrice centriste Elisabeth Doineau, qui a mis les pieds dans le plat. Ou plutôt sur la bouteille. La sénatrice a pointé du doigt le fait que le gouvernement applique l’inflation sur le tabac… mais sans en même temps l’appliquer sur les taxes sur l’alcool.

« Je sais bien que ce n’est pas politiquement correct ici »

« On fait subir l’inflation au tabac, sur le pain, tous nos aliments, mais on ne fait pas subir l’inflation sur le vin, enfin l’alcool. Je sais bien que ce n’est pas politiquement correct ici. Mais en termes de santé publique, je voudrais rappeler à mes collègues que l’alcool fait plus de ravages que le tabac et c’est un vrai problème », alerte « à titre personnel » Elisabeth Doisneau, non sans susciter quelques remous dans la salle, avant d’ajouter :

Si on voulait baisser les dépenses de l’assurance maladie, regardons les chiffres de dépenses de l’alcool.

A l’écoute de la sénatrice centriste, le sénateur du groupe PS, Bernard Jomier, a visiblement bu du petit-lait. « La rapporteure générale peut compter sur nous sur l’alcool, ça arrivera ! » lui a lancé le sénateur de Paris, qui pourrait déposer des amendements sur le sujet. Médecin de profession, il a déjà à son actif quelques faits d’armes sur la taxation de l’alcool. Le Sénat avait adopté en 2018 son amendement pour taxer davantage les vins aromatisés de type rosé pamplemousse (mesure adoptée à nouveau en 2019 avec l’accord du gouvernement).

Lobby de la filière viticole

Si la rapporteure semble peut-être mélanger tabac et alcool – on attribue au tabac environ 70.000 morts par an en France contre environ 50.000 pour l’alcool chaque année – l’idée est là. Et venant d’un membre de la majorité sénatoriale LR/centriste, qui plus est de la rapporteure générale du budget de la Sécu, ce n’est pas rien. D’autant que les intérêts de la filière viticole sont bien représentés à la Haute assemblée, avec de nombreux relais.

Lire aussi » Le vin, appellation d’origine très protégée par Emmanuel Macron et le gouvernement

Tout comme au gouvernement d’ailleurs, et au sommet de l’Etat. Durant le premier quinquennat, Emmanuel Macron s’est en effet montré être un fidèle allié du breuvage qui irrigue économiquement et culturellement de nombreux territoires. Preuve de ce tropisme, l’ex-conseillère agriculture du chef de l’Etat, Audrey Bourolleau, avait auparavant été la déléguée générale de Vin et société, le lobby chargé de défendre les intérêts de la filière. L’histoire et l’examen du PLFSS diront si, à nouveau quinquennat, nouvelle approche. Mais après les propos d’Elisabeth Doisneau, le ministre Gabriel Attal n’a pas pris la peine de lui répondre sur ce point…

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