Des produits pour bébés qui inquiètent. Ces dernières semaines, des rappels de milliers de lots de lait infantile ont été ordonnés dans plus de 60 pays du monde entier. En cause ? Des suspicions de contamination de ces produits à la toxine céréulide, une substance qui peut causer de graves vomissements ou diarrhées chez les bébés. En France, deux décès de nourrissons, qui avaient consommé du lait de marques concernées par les rappels, font actuellement l’objet d’enquêtes pour déterminer la cause de leurs morts.
Des contrôles menés par les autorités
« À ce jour, aucun lien de causalité entre l’ingestion du lait et d’éventuels symptômes, ou plus grave, n’a été établi », précise toutefois la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, invitée de la matinale de Public Sénat ce mardi 3 février. Lundi, les autorités avaient indiqué que cinq autres bébés avaient été hospitalisés en France depuis le début de la vague de rappels de lait possiblement contaminé, en décembre. Tous ces enfants sont désormais « ressortis » de l’hôpital, d’après le ministère de la Santé. S’il est certain qu’ils ont consommé du lait infantile rappelé, leurs troubles digestifs pourraient aussi s’expliquer par des cas de gastro-entérites.
Six autres signalements de bébés malades, dont il n’est pas encore totalement sûr qu’ils aient ingéré du lait infantile rappelé, ont été remontés aux agences régionales de santé (ARS) « Avec le ministère de l’Agriculture, en charge de cette police sanitaire, nous sommes très vigilants pour évidemment continuer à retirer [les produits] dès que des toxines sont repérées », souligne ainsi Stéphanie Rist. Lundi, son ministère a indiqué qu’un nombre « important » de contrôles « de points de vente » sont menés depuis janvier, après une première salve lancée en décembre.
Un déficit de la Sécu « sous les 20 milliards » en 2026, promet Stéphanie Rist
Au-delà de cette problématique du lait infantile, Stéphanie Rist est revenue sur la fin de la longue séquence budgétaire, conclue à l’Assemblée nationale lundi soir avec le rejet de deux motions de censure déposées contre le gouvernement. Des textes qui ont été rejetés. La ministre de la Santé, elle, se réjouit de « l’amélioration » du trou de la Sécurité sociale en 2026, lié à l’adoption, en décembre, du PLFSS par les parlementaires. « Ce qui est sûr, c’est qu’à la fin de l’année, nous serons en dessous des 20 milliards [d’euros] de déficit de la Sécurité sociale », se satisfait la responsable. « Il faut poursuivre cette maîtrise de nos dépenses sociales. »
Fin janvier, le Haut-conseil du financement de la protection sociale (HCFiPS) avait pourtant dressé un constat en demi-teinte de l’état des comptes de la Sécu. Tout en anticipant une embellie en 2026, son président, Dominique Libault, a prévenu dans L’Opinion que ceux-ci ne sont à long terme « pas du tout sur le chemin d’un retour à l’équilibre ». « En l’absence de mesures de redressement possibles », ils « se dégraderont » dès 2027, assure le haut fonctionnaire. « Tous les financements sont très déterminés à l’avance, très cloisonnés, c’est très carré », justifie pour sa part Stéphanie Rist, évoquant l’année à venir. « Je commence une première réunion la semaine prochaine avec les parlementaires pour suivre ce budget de la Sécurité sociale, c’est-à-dire l’évolution des dépenses, mais aussi toutes les mesures et les décrets qui doivent être pris », suite à cette loi de financement.