Entre crainte de l'épidémie et lenteur du quotidien, Pierre-Henri Gergonne nous chronique chaque semaine l'histoire de cette petite ville où la vie s'est figée.
À Brionne, la solitude d’un maire
Entre crainte de l'épidémie et lenteur du quotidien, Pierre-Henri Gergonne nous chronique chaque semaine l'histoire de cette petite ville où la vie s'est figée.
Par Pierre-Henri Gergonne
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Sous le soleil froid d'un printemps qui se cherche encore, Brionne s'est figée. Presque glacée au dixième jour de confinement. Ici en Normandie, blottie dans les méandres de la Risle qui bien plus loin, au Nord, déverse ses eaux dans l'embouchure de la Seine, la vie comme partout s'est arrêtée. 4 278 âmes dans cette ville-bourg jadis prospère, désormais confinée. Il y a longtemps que les filatures ont disparu. Et avec elles, un peu de cette joyeuse communauté ouvrière qui soudait le territoire et rendait l'avenir acceptable sinon radieux. L'avenir aujourd'hui à Brionne - à ce jour épargnée par les ravages du virus - c'est demain. Et ce demain est devenu l'obsession de Valéry Beuriot. Le maire de Brionne - réélu sans surprise lors de ce fantomatique premier tour des élections municipales avec un score fleuve (70 %) - a écouté comme des millions de Français en début de semaine dernière les consignes du Président de la République.
Confinement a dit le Président sans le dire. Et, ce soir-là, tout a basculé pour l'édile. L'ancien monde - celui d'avant la déferlante du Coronavirus - s'est effacé d'un coup et la vie municipale s'en est trouvée bouleversée. Un coup de massue. Les nouveaux conseillers élus pour des raisons administratives ne peuvent siéger. Les anciens pour des raisons sanitaires ne peuvent être réunis. « Alors je prends mes décisions seul et je traite l'essentiel » explique Valéry Beuriot. Quelques signatures, des coups de fil et emails. Faute de directives précises et qui s'affinent au jour le jour, le réseau politique fonctionne. Presque un soulagement. « Hormis la presse, les sénateurs de l'Eure, comme Herve Maurey et Nicole Duranton prennent soin de m'informer » insiste Valéry Beuriot. Et la présence de Sebastien Lecornu, secrétaire d'Etat et élu de l'Eure, est un « atout ». Les directives préfectorales se font parfois attendre. Un ou deux jours plus tard sur le bureau du maire.
Brionne (Eure) le 26 mars 2020 : Les équipements municipaux fermés jusqu’à nouvel ordre
Pierre-Henri Gergonne (Public Sénat)
L'« essentiel » dix jours après le confinement a été mis en place... Un plan de continuité des services municipaux, la réorganisation de la collecte des ordures ménagères, l'accueil en mairie et l'organisation de l'accueil au sein de l'école publique pour les enfants de soignants. « Avant j'avais mille choses à faire. A la mairie, ça n'arrêtait pas. Aujourd'hui juste quelques dossiers en attente » se lamente le maire de Brionne déboussolé dans sa mairie désertée où un service d'accueil reste ouvert et où la souriante directrice générale des services sait faire flotter un semblant de gaîté.
Et pourtant les préoccupations ne manquent pas. La tenue du marché de dimanche est sans doute la plus pressante. Les récentes interventions officielles assorties de dérogations encore imprécises laissent perplexe le maire de Brionne suspendu désormais au bon vouloir préfectoral. « Les annonces d'Édouard Philippe tard dans la soirée m'ont surpris » explique Valéry Beuriot.
Brionne (Eure) le 26 mars 2020
Pierre-Henri Gergonne (Public Sénat)
Rues désertes à Brionne (Eure) le 26 mars 2020
Pierre-Henri Gergonne (Public Sénat)
Et même si Brionne dispose de solutions alternatives au marché avec la présence de deux moyennes surfaces, ce sont les inquiétudes des maraîchers locaux qui m'interpellent. « J'ai fait part de ces inquiétudes auprès du préfet et espère désormais une dérogation qui arrivera peut-être en tout cas je l'espère ». En attendant l'éventuel feu vert préfectoral, il est une autre source d'inquiétude qui taraude l'élu. Comment rester au contact d'une population confinée et qui, a l'évidence, respecte les consignes d'isolement ? Le seul panneau municipal d'information disponible ne peut pas tout dans le bourg vidé de ses promeneurs et le site internet de la ville aussi atteint ses limites. « Restent les réseaux sociaux », souligne le maire. « Nous essayons de mettre en œuvre et de les rendre efficaces mais la ville n'a pas par exemple de compte Facebook ».
Valéry Beuriot, maire de Brionne dans son bureau avec des prototypes de masques réalisés par une habitante de Brionne le 25 mars 2020
Pierre-Henri Gergonne (Public Sénat)
Dans le bureau de la mairie, Valéry Beuriot compte les jours comme beaucoup d'élus et beaucoup de Français avec parfois quelques (bonnes) surprises. Il y a quelques jours, c'est un lot de cinq boites de masques - une centaine en tout et tous périmés - qui ont été découverts dans un placard municipal. Un vieux souvenir de l'épisode épidémique H1N1. Légaliste, Valéry Beuriot les a fait remettre à la gendarmerie. Charge à elle d'en faire bon usage.
A Brionne, petite ville fragile confrontée comme bien d'autres à de sévères restrictions budgétaires et où la population « ne roule pas sur l'or » pour reprendre l'expression de l'élu, les grands dossiers d'avenir attendront.
Vingt ans après le calvaire d’Ilan Halimi, Emmanuel Macron durcit le ton face à la résurgence de l’antisémitisme. Lors d'un hommage solennel à l'Élysée, le chef de l’État a plaidé pour l'instauration d'une peine d'inéligibilité obligatoire pour tout élu coupable d'actes ou de propos antisémites ou racistes. Il a également annoncé un renforcement des sanctions pénales déjà prévues.
« Les concessions autoroutières vont permettre de financer les infrastructures vieillissantes », explique le ministre des Transports, Philippe Tabarot, qui a présenté en Conseil des ministres un projet de loi qui doit permettre de rénover le réseau ferroviaire, les ponts, les canaux ou les routes. Les usagers seront aussi mis à contribution, avec l’indexation automatique des tarifs des transports en commun sur l’inflation.
Le Sénat a adopté le projet de loi sur l’extension des prérogatives des policiers municipaux et des gardes champêtres, un texte inspiré de travaux de la Haute assemblée. Sur accord du maire, les agents pourront dresser des amendes sur une série de délits, uniquement pris sur le fait, comme l’usage de stupéfiants, l’outrage sexiste et sexuel ou le port d’armes blanches. Ils pourront aussi précéder à des contrôles d’identité.
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