Société
Il y aura bien un débat. Alors que les députés ont entamé la seconde lecture des propositions de loi sur la fin de vie, les sénateurs n’auront pas recours à une question préalable, lors du retour du texte, la semaine du 30 mars.
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Par Romain David
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Après une semaine d’émeutes et de saccages dans les quartiers de nombreuses villes en France, le retour au calme semble se confirmer. Mais la classe politique n’a pas attendu l’heure du bilan pour multiplier les propositions face à ces violences urbaines, initialement déclenchées par la mort du jeune Nahel, abattu le 27 juin à Nanterre par un tir de policier dans le cadre d’un contrôle routier.
Depuis plusieurs jours, la droite prône un discours sécuritaire et appelle au rétablissement de l’autorité publique, ciblant notamment le rôle des parents, tandis qu’une large partie de la gauche réclame davantage de moyens pour les quartiers difficiles et une remise à plat de la formation des policiers et de la doctrine du maintien de l’ordre. Invité ce vendredi de l’émission « Parlement hebdo », sur Public Sénat et LCP, le député Europe Écologie-Les Verts Julien Bayou a déploré l’absence de débat sur le trafic de drogue, devenu endémique dans certaines cités, et qu’il cible comme l’un des principaux éléments de la montée de l’insécurité.
« Il y a un non-dit : le trafic de stupéfiants empêche la présence d’une police de proximité et empêche même aux pompiers d’intervenir parce que vous avez des personnes qui tiennent ‘le four’, comme on dit », pointe l’élu. « À quand la légalisation du cannabis ? », interroge notre invité. « Quand est-ce que l’on mesure enfin que cela pose des problèmes de sécurité mais surtout de santé publique. En tout cas, mesurons qu’il y a un débat ! »
« Le cannabis est dangereux, en particulier pour les adolescents, lorsque le cerveau se développe. Il y a un phénomène d’addiction qui est indubitable », reconnaît l’élu. « Mais il se trouve que la prohibition est un échec. Elle a plein d’effets corollaires sur la sécurité et même sur la surpopulation carcérale », note-t-il.
« Je ne veux pas arriver avec des solutions toutes faites, et cela ne serait qu’une partie de la solution », nuance l’ancien secrétaire national d’EELV qui tient néanmoins à dresser un parallèle entre « l’une des politiques pénales le plus répressives d’Europe » et « le taux d’addiction le plus élevé chez les mineurs ». Fin mai, le sénateur PS Gilbert-Luc Devinaz a déposé une proposition de loi visant à légaliser la consommation récréative du cannabis. Son texte a été cosigné par des écologistes et propose notamment de créer une « Agence nationale de contrôle et de gestion du cannabis ».
Evoquant la volonté de certains élus LR, notamment Éric Ciotti, de suspendre les allocations familiales des parents de mineurs délinquants, Julien Bayou fustige « un slogan ». « Cela veut dire quoi de sanctionner une mère isolée, qui travaille le soir ou la nuit avec des trajets très longs, parce qu’elle n’a pas pu payer quelqu’un pour surveiller son enfant ? », s’agace le parlementaire.