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Accès à l’IVG en France, la course d’obstacles

Le 4 mars 2024, le Parlement adopte définitivement l'IVG dans la Constitution. Après les députés, les sénateurs ont voté en faveur de l’inscription de « la liberté des femmes de recourir à une interruption volontaire de grossesse » dans la loi fondamentale. Un « jour historique », selon le gouvernement, mais qu'en est-il concrètement de l'accès à l'IVG sur le territoire ? Derrière les célébrations, sous les ors du Congrès à Versailles, se cache une réalité plus sombre. Public Sénat est allé enquêter sur le terrain à la rencontre de ces femmes en quête d’une IVG.
Flora Sauvage

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En France, une femme sur trois avorte au cours de sa vie. En 2022, 234 000 interruptions volontaires de grossesse ont été réalisées selon les données de la Drees (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques) publiées en septembre 2023. Soit le chiffre le plus haut de ces trente dernières années. L’allongement en 2022 du délai de 12 à 14 semaines de grossesse pour recourir à un avortement n’explique pas cette augmentation. Car les IVG dites « tardives » ne représentent qu’un cinquième des avortements. Mais de moins en moins d’établissements hospitaliers réalisent des IVG tardives. Car l’opération est plus complexe et les volontaires peu nombreux.

 

Parcours de la combattante

 

Avec la disparition de 353 maternités en 20 ans et la suppression de 130 centres IVG en 15 ans selon le Planning familial, les femmes sont contraintes de faire des trajets toujours plus longs pour accéder à une IVG. Malgré l’inscription dans la Constitution, l’accès à l’IVG reste inégal en France. Dans les déserts médicaux, le recours à l’IVG peut devenir un vrai parcours de la combattante. Les femmes sont confrontées à un allongement des délais de consultation, à un manque de personnels formés et à des soignants qui refusent de réaliser les IVG en invoquant leur clause de conscience. Certaines femmes sont même contraintes malgré elles d’écouter le cœur du fœtus lors de l’échographie avant l’IVG.

La double clause de conscience

A l’hôpital de Vierzon dans le Cher par exemple, depuis le départ en retraite du dernier médecin qui pratiquait les IVG, les quatre gynécologues obstétriciens font jouer leur clause de conscience. En 1975, Simone Veil a inscrit dans la loi une clause de conscience spécifique pour l’avortement. Pour la présidente du Planning familial Sarah Durocher, cette clause de conscience des soignants constitue une entrave dans le droit à l’IVG.

Ainsi, le maintien du droit à l’IVG repose parfois sur une poignée de médecins militants bientôt à la retraite. Michel Neny est l’un d’entre eux. Pour favoriser l’accès à l’avortement, les sage-femmes sont désormais autorisées à pratiquer les IVG. Par voie médicamenteuse mais aussi depuis un récent décret par voie chirurgicale. Michel Neny, médecin généraliste à la retraite, se rend tous les mercredis à l’hôpital de Vierzon (Cher) pour former une sage-femme à l’IVG instrumentale.

A l’hôpital de Vierzon une femme sur cinq vient d’un département voisin, faute de solution à proximité de chez elle. Pour Océane Sursain, seule sage-femme à pratiquer les IVG instrumentales à l’hôpital de Vierzon, les RV s’enchaînent. Elle espère qu’une autre sage-femme va bientôt être formée aux IVG instrumentales afin de pouvoir être secondée. Dans de nombreux déserts médicaux, à l’image de l’hôpital de Vierzon, l’accès à l’IVG instrumentale ne tient qu’à un fil.

Le documentaire « IVG, un accès en danger » réalisé par Flora Sauvage est diffusé samedi 27 avril à 18h30.

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