« La présomption d’innocence cohabite avec la liberté d’expression des victimes », souligne la sénatrice socialiste Laurence Rossignol qui assure que la présomption d’innocence n’empêche pas de croire la parole des victimes. En l’occurrence, l’ancienne ministre de la Famille, des enfants et du droit des femmes exprime son soutien aux femmes qui ont porté plainte contre le chanteur Patrick Bruel pour viol et agression sexuelle.
Alors que les témoignages contre le chanteur s’accumulent, l’animatrice télé et radio Flavie Flament a également annoncé, le 19 mai sur France Inter, qu’elle déposerait une plainte dans les jours qui viennent. En plus des quatre enquêtes en cours en France et en Belgique, le parquet de Nanterre, qui centralise les plaintes contre Patrick Bruel, a rouvert une enquête classée sans suite en 2022. Dans un message publié sur Instagram le 17 mai, le chanteur nie les accusations et assure qu’il « continuera de faire son métier ».
Un « malaise » durable
« Il y a un malaise à voir des hommes qui continuent de nier, de parader et de rechercher l’amnistie du public […] à chaque fois ces hommes se défendent de manière très gênante, sans un mot pour les victimes », commente Laurence Rossignol. Si la sénatrice n’a pas signé la pétition demandant l’annulation de la tournée de Patrick Bruel, cette dernière assure comprendre la démarche. Deux concerts prévus au Québec ont déjà été annulés et le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a appelé Patrick Bruel, ce 20 mai, à annuler son concert au Zénith de Paris et à « mettre entre parenthèses sa carrière ».
Laurence Rossignol dénonce « une présomption de mensonge qui pèse sur la parole des femmes »
Par ailleurs, la sénatrice a regretté la mise en cause des plaignantes et appelle à croire les femmes qui ont porté plainte et témoigné contre Patrick Bruel. « Il arrive un moment donné où il faut croire les femmes » affirme Laurence Rossignol qui insiste sur l’existence de « témoignages convergents » qui indiquent « un modus operandi dans les agressions sexuelles ».
Alors que plusieurs plaintes visent Patrick Bruel depuis plusieurs années, l’ancienne ministre regrette que l’on « se demande toujours quel est l’agenda caché d’une femme qui va porter plainte » et qu’il existe « une espèce de présomption de mensonge qui pèse sur la parole des femmes depuis des décennies, voire même des siècles ».