Arbitrage Tapie : « Je n’ai pas reçu d’instructions politiques » assure Christine Lagarde

Arbitrage Tapie : « Je n’ai pas reçu d’instructions politiques » assure Christine Lagarde

Au deuxième jour de son procès devant la Cour de Justice de la République, Christine Lagarde est restée sur la même ligne de défense : elle ne savait pas, connaissait mal le dossier, a agi « en toute bonne foi et en conscience ». D’une voix toujours aussi calme, droite devant la Cour, la directrice du FMI poursuit : « je […]
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Par Savéria Rojek

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Au deuxième jour de son procès devant la Cour de Justice de la République, Christine Lagarde est restée sur la même ligne de défense : elle ne savait pas, connaissait mal le dossier, a agi « en toute bonne foi et en conscience ». D’une voix toujours aussi calme, droite devant la Cour, la directrice du FMI poursuit : « je le dis et le redis, je n’ai pas reçu d’instructions politiques ».

Si la première journée de procès a été l’occasion pour l’ancienne ministre des Finances de détailler le fonctionnement de son cabinet, notamment les relations avec son ancien bras droit, son directeur de cabinet Stéphane Richard, cette deuxième journée d’audience permet d’entrer dans le fond des débats. Toujours aussi respectueuse et déterminée à s’expliquer, Christine Lagarde reste sur la même ligne qu’hier : elle a agi en conscience et n’est coupable en rien de négligence.

Comme hier, elle se justifie : à la tête du paquebot Bercy, Christine Lagarde ne gérait pas tout, « n’avait pas connaissance de tout ». Et c’est Stéphane Richard qui revient au centre des discussions. C’est lui qui est présent lors de cette fameuse réunion de juillet 2007 à l’Elysée à laquelle Bernard Tapie assiste et au cours de laquelle l’arbitrage est évoqué. A la barre, Christine Lagarde maintient sa défense : Stéphane Richard ne lui a jamais parlé de cette réunion. L’arbitrage sera autorisé à l’automne.  

Mais ce qui intéresse la Cour aujourd’hui, ce sont les décisions prises par la ministre à l’issue de l’arbitrage et du fameux préjudice moral. « Quelle a été votre réaction quand la sentence est tombée ? Ces 45 millions de préjudice moral, c’est colossal, c’un coup de poing dans l’estomac » la questionne la présidente d’un ton vif. « La consternation » lui répond l’accusée en découvrant le montant du préjudice moral «sans commune mesure ».

« Mais alors pourquoi vous ne faites pas de recours ? » poursuit fermement la présidente. « Mais à quoi cela aurait servi ? Il fallait mettre fin à ce dossier qui trainait depuis 1995. Et puis ce n’était pas, encore une fois, le seul dossier que je traitais » rétorque Christine Lagarde. Dans la salle, les juges semblent perplexes. Certains lui posent et reposent la question. Mais l’ancienne ministre reste sur la même ligne, elle a choisi en conscience de ne pas faire de recours contre la décision pour ne « pas prendre le risque de réouvrir toutes les procédures. Je voulais mettre un terme à l’hémorragie financière, aux frais d’avocat ». « Avec les éléments dont je disposais à l’époque, je reprendrai la même décision. Il fallait en terminer, tout avait raté avant » termine l’accusée.

Selon les magistrats, Christine Lagarde alors ministre de l’Économie et des Finances entre 2007 et 2011, alors que Nicolas Sarkozy était président de la République, aurait fait preuve de négligence, négligence ayant permis un détournement d’argent public. D’abord en acceptant l’arbitrage plutôt que de poursuivre la voie judiciaire. Puis en acceptant sans appel la sentence désastreuse pour le contribuable.

 La Cour de Justice de la République décidera le 20 décembre si l’ancienne ministre est coupable. Elle risque jusqu’à un an de prison et 15000 euros d’amende. L'arbitrage a lui été annulé en 2015 au civil avec l’obligation pour Bernard Tapie de rembourser. Au pénal, six personnes sont mises en examen entre autres pour « escroquerie ». Parmi elles, l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy et actuel PDG d'Orange, Stéphane Richard. Et c'est dès demain qu'il devra répondre aux questions des juges.

Il sera suivi de Jean-Louis Borloo et de Thierry Breton. Jeudi, ce sera au tour de François Pérol et de Claude Guéant.

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