Assassinat d’une policière à Rambouillet : sous le choc, les sénateurs veulent comprendre
L’assassinat ce vendredi après-midi d’une policière au commissariat de Rambouillet dans les Yvelines a ému l’ensemble de la classe politique nationale. Un sentiment de sidération et de colère largement partagé aussi du côté du Sénat où les élus de la Chambre haute souhaitent que l’enquête du parquet antiterroriste avance vite pour comprendre les motivations de l’assaillant. Certains plus critiques appellent le gouvernement à « ne pas relâcher la vigilance et à prendre de vraies mesures ».

Assassinat d’une policière à Rambouillet : sous le choc, les sénateurs veulent comprendre

L’assassinat ce vendredi après-midi d’une policière au commissariat de Rambouillet dans les Yvelines a ému l’ensemble de la classe politique nationale. Un sentiment de sidération et de colère largement partagé aussi du côté du Sénat où les élus de la Chambre haute souhaitent que l’enquête du parquet antiterroriste avance vite pour comprendre les motivations de l’assaillant. Certains plus critiques appellent le gouvernement à « ne pas relâcher la vigilance et à prendre de vraies mesures ».
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« J’ai la même réaction ce soir malheureusement que lors des attaques de Magnanville et de Conflans-Sainte-Honorine. De la tristesse, de la sidération et sans doute très bientôt de la colère ».

Ce sont les mots de la sénatrice LR des Yvelines Sophie Primas qui s’est rendue à Rambouillet quelques heures après le drame, en compagnie du Premier ministre Jean Castex, du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin ou encore de la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse.

Beaucoup d’émotion également chez le président du Sénat, Gérard Larcher, qui a réagi à son arrivée à Erevan où il participera demain avec les présidents de groupe à la cérémonie de commémoration du génocide arménien.


Alors que le parquet national antiterroriste a très rapidement été saisi et qu’une suspicion de préméditation du passage à l’acte par cet individu d’origine tunisienne inconnu des services de police, a été évoquée par le procureur de la République, la plupart des sénateurs veulent rester prudents et préfèrent attendre l’avancée de l’enquête en cours avant de se prononcer.

« On ne peut pas incriminer le gouvernement »

A gauche, on ne veut « accabler personne ». « C’est un acte effroyable. Lorsque nos forces de l’ordre sont attaquées, c’est insupportable. On ne peut pas incriminer le gouvernement, car ceux qui voudront commettre de type d’attaques chercheront toujours à passer entre les mailles du filet et à finir par passer à l’acte. Bien sûr, il faut renforcer la sécurité de nos policiers et de tous ceux qui peuvent être victimes de terrorisme, mais laissons avant se dérouler l’enquête », assure le sénateur socialiste de Saône-et-Loire, Jérôme Durain.

Un avis partagé par la sénatrice centriste Nathalie Goulet, qui évoque elle aussi « des actes imprévisibles contre lesquels toutes les lois répressives ne pourront rien faire. Il y a le temps de solidarité avec nos forces de l’ordre touchées ce soir, mais il y aura aussi celui de l’analyse. Si la personne avait vraiment repéré les lieux avant de passer à l’acte, on le saura ».

« Il va falloir se poser la question d’une réforme de la politique migratoire »

En revanche, du côté du sénateur LR, Marc-Philippe Daubresse, on est un peu plus dur avec l’exécutif. « Il est grand temps que le gouvernement prenne la mesure de la situation et rétablisse l’autorité de l’Etat. Le parquet antiterroriste nous fait savoir depuis plusieurs mois que la menace terroriste est tout aussi présente qu’en 2015 et qu’il ne faut pas relâcher la vigilance », lance-t-il.

Sa collègue Jacqueline Eustache-Brinio, qui était rapporteure au Sénat du projet de loi sur le séparatisme, va même encore plus loin. « On accueille sur notre territoire des gens qui veulent nous tuer. L’assaillant est entré sur notre territoire en 2009. Il a été régularisé récemment. Il va falloir quand même poser la question d’une réforme de la politique migratoire. Emmanuel Macron refuse d’en parler depuis quatre ans. Le contexte de la loi séparatisme ne nous a pas permis de le faire. Il faut une politique d’extrême fermeté à l’égard des pays d’origine qui refusent le retour de leurs ressortissants. Car le problème c’est qu’une quantité de gens peuvent rester sur notre territoire sans être régularisés. C’est un vrai sujet. La population française ne le supporte plus », assure-t-elle.

« Ce n’est pas parce qu’on est étranger qu’on est un assassin »

Des critiques que ne cautionne guère la sénatrice communiste de la Loire, Cécile Cukierman. Pour cette dernière, il ne faut pas surtout tomber dans la stigmatisation. « Il faut maintenant faire la lumière sur qu’elles ont été les motivations de l’assaillant. S’agit-il d’un acte isolé ou commandité ? Il faut laisser faire l’enquête, se pencher sur comment on combat le terrorisme avant de rentrer dans la course à la stigmatisation de telle ou telle personne ».

Tout comme le patron du groupe socialiste du Sénat, également en Arménie aux côtés du président Larcher. « C’est un vrai drame avec ce qui s’apparente à ce que Bernard Cazeneuve appelait du terrorisme low cost qu’il est très difficile à prévenir. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il faut mettre en place une réforme de la politique migratoire comme le veut Madame Eustache-Brinio. Ce n’est pas l’immigration le problème, ce sont les réseaux islamistes qui manipulent ces gens. Ce n’est pas parce qu’on est étranger qu’on est un assassin. N’apportons pas de réponse simpliste à un problème complexe ».

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