Nice Promenade des Anglais
Illustration d'un drapeau de l'Union europeenne sur la promenade des anglais a Nice//BENAYACHEADIL_SIPA.6835/Credit:Adil Benayache/SIPA/2210271419/Credit:Adil Benayache/SIPA/2210271422

Attaque d’Annecy : un réfugié peut-il circuler légalement en Europe ?

L’attaque au couteau d’Annecy a suscité des réactions politiques autour des questions migratoires et du droit d’asile. Pourtant, l’assaillant, un réfugié syrien ayant obtenu l’asile en Suède, est entré légalement sur le territoire français. Selon les conditions de son entrée sur le territoire, il aurait pu faire l’objet d’une « remise Schengen » aux autorités suédoises, ou d’une OQTF.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Après l’attaque au couteau à Annecy par un demandeur d’asile syrien, et en référence aux propositions de loi de la droite, Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat, a appelé à traiter les demandes d’asile « en dehors du territoire national » et Olivier Marleix propose de mettre enfin « un coup d’arrêt à l’immigration de masse. »

Espace Schengen : la libre-circulation des personnes, et donc des réfugiés

Seulement, Elisabeth Borne a ensuite annoncé que l’assaillant était un Syrien bénéficiant du statut de réfugié en Suède. D’après les informations de la presse en fin d’après-midi, Abdalmasih H. (32 ans) est bien de nationalité syrienne et vit en Suède depuis 2013, où il est marié, a un enfant, et a obtenu le statut de réfugié et un titre de séjour valable jusqu’en 2025.

L’Union Européenne autorisant la libre circulation des personnes sur son territoire, un réfugié – qui se trouve donc sur le territoire de son pays d’accueil en situation régulière – peut circuler dans l’espace Schengen, sous certaines conditions, notamment pour les séjours inférieurs à trois mois. Pour les séjours de plus de trois mois, les réfugiés doivent demander un visa au pays concerné.

L’assaillant résidait-il légalement sur le territoire français ?

En l’espèce, le professeur de droit public Serge Slama, spécialiste des questions migratoires, a expliqué sur Twitter que l’assaillant était donc entré légalement en France. Celui-ci avait introduit une demande d’asile en novembre 2022, que l’OFPRA avait déclaré irrecevable puisqu’il bénéficiait déjà d’un statut de réfugié dans un autre pays de l’Union Européenne.

Il aurait eu un mois pour faire appel de cette décision, mais ne bénéficiait plus du « droit au maintien sur le territoire » après cette décision d’irrecevabilité, précise le juriste. D’après lui, il aurait donc pu faire l’objet d’une « remise Schengen » aux autorités suédoises, ou bien d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), selon les conditions de son entrée sur le territoire français.

Partager cet article

Dans la même thématique

Les Poulettes
4min

Société

Fessées, gifles : les parents franchissent encore la ligne rouge et surtout les pères

Selon la troisième édition du baromètre Ifop pour la Fondation pour l’enfance, publiée ce vendredi 17 avril, les représentations de l’autorité et du recours aux punitions corporelles diffèrent nettement selon le genre. Malgré leur interdiction depuis 2019, les violences éducatives ordinaires restent largement ancrées dans les pratiques parentales.

Le

Attaque d’Annecy : un réfugié peut-il circuler légalement en Europe ?
6min

Société

Médias en ligne : « Si vous parlez de régulation, votre rôle de politique, c’est de nous protéger aussi », lance Denis Robert

La commission d’enquête sur « les zones grises de l’information » poursuit ses travaux au Sénat. Trois responsables de médias engagés – Blast, StreetPress et Basta ! – étaient auditionnés ce mardi 14 avril. Les intervenants ont en particulier été interrogés sur la limite à définir entre information et opinion. Mais aussi sur leur modèle de financement, qui demeure fragile. « C’est impossible de travailler sur un sujet sans aller chercher les versions de toutes les parties prenantes », a assuré Johan Weisz, fondateur de StreetPress, devant les sénateurs.

Le