Augmentation des prix : « Les marges de la grande distribution n’ont pas bougé » se défend Michel-Édouard Leclerc

Le président du groupe Leclerc a réfuté les mises en cause qui pèsent sur la grande distribution, accusée de « chantage mortifère » par la ministre Annie Genevard, dans le cadre des négociations avec les agriculteurs. Michel-Édouard Leclerc pointe la responsabilité de « l’amont » de la filière - les grands industriels de l’agroalimentaire.
Louis Mollier-Sabet

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Alors que les négociations annuelles obligatoires entre agriculteurs, distributeurs et industriels de l’agroalimentaire, prévues dans le cadre des lois « Egalim », doivent prendre fin le 1er mars prochain, la ministre de l’Agriculture a mis la pression sur la grande distribution. « Certaines enseignes procèdent à un chantage mortifère », a dénoncé Annie Genevard dans Le Parisien ce dimanche, en appelant par ailleurs à une réforme des réglementations européennes en la matière.

Leclerc : « Robin des bois » face à l’Etat

« Ce ne sont pas les bons mots », lui répond Michel-Édouard Leclerc, président du groupe Leclerc. « Nous sommes dans une négociation, chacun est dans son rôle. La ministre ne peut qu’être pour la corporation qu’elle défend. Nous, on a le consommateur qui nous dit de ne pas trop augmenter les prix. Chacun est dans son rôle » développe le chef d’entreprise. Michel-Édouard Leclerc pointe la responsabilité des industriels de l’agroalimentaire dans l’augmentation des prix et la faible rémunération des agriculteurs : « Le consommateur a été tapé au portefeuille de 28 % sur trois ans, mais les marges de la distribution n’ont pas bougé. Donc ces 28 % sont allés quelque part en amont chez les grands industriels. »

Le dirigeant du groupe Leclerc estime « faire sa part » sur la rémunération des agriculteurs et pointe les difficultés des exploitants agricoles qui livrent la grande restauration ou qui exportent. « Je pense que mes fournisseurs ne vivent pas mal des centres Leclerc. Par contre la loi Egalim n’est pas appliquée aux grossistes, alors que la restauration occupe 55 % des débouchés agricoles. On a aussi perdu à l’export par rapport aux Italiens ou aux Espagnols », développe-t-il.

Michel-Édouard Leclerc réfute donc les accusations de la ministre, mais aussi de la commission d’enquête du Sénat sur les marges de la grande distribution (voir notre article). « C’est du baratin politique. Historiquement, l’Etat est souvent venu nous chercher et a beaucoup perdu. Je me suis fait connaître du grand public quand on nous empêchait de vendre des carburants moins chers. Toute l’histoire de Leclerc c’est l’histoire du méchant prévôt qui empêche Robin des bois de vendre moins cher. Je suis du côté des consommateurs », se défend le président du groupe Leclerc, qui sera auditionné par la commission d’enquête ultérieurement.

2027 : « Si c’est la chienlit en France, je me mettrai avec des gens de bonne volonté »

Le Sénat auditionnera alors un dirigeant d’entreprise, mais aussi la personnalité politique en tête du dernier baromètre de popularité Ifop-Fiducial. Testé pour la première fois, le chef d’entreprise « se félicite » de ses 49 % d’opinions favorables. « Cela me donne envie de continuer à m’investir pour la société, pour la transition énergétique, pour préparer un monde meilleur pour nos enfants », développe celui qui « n’exclut rien » pour la prochaine présidentielle.

« Me présenter, ça ne me chatouille pas, je n’ai pas ce projet-là. En revanche beaucoup de gens me demandent des rendez-vous, des politiques de tous bords. Je voudrais les convaincre que si je suis populaire, ce n’est pas compliqué d’aller sur les thèmes qui sont les nôtres », veut croire Michel-Édouard Leclerc.

Le chef d’entreprise semble temporiser un futur soutien dans la campagne 2027 : « Si c’est la chienlit en France, je me mettrai avec des gens de bonne volonté. Je ne laisserai pas la France se faire déclasser dans ce climat géopolitique. Laissez les candidats faire des progrès et travailler leurs programmes, pour le moment ils ne sont pas bons. » L’appel est lancé.

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