Autisme, les parents, des accusés parfaits
En 2015 la justice séparait Rachel de ses trois enfants. Faute d’avoir pu établir le bon diagnostic, la justice a confondu signes de maltraitance et autisme… Un cas loin d’être isolé. Comme Rachel, combien de familles sont soupçonnées, et accusées à tort d’être à l’origine des troubles chez leur enfant ?

Autisme, les parents, des accusés parfaits

En 2015 la justice séparait Rachel de ses trois enfants. Faute d’avoir pu établir le bon diagnostic, la justice a confondu signes de maltraitance et autisme… Un cas loin d’être isolé. Comme Rachel, combien de familles sont soupçonnées, et accusées à tort d’être à l’origine des troubles chez leur enfant ?
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Par Romain Vincent

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Marion Angelosanto réalisatrice du film « Rachel, l’autisme à l’épreuve de la justice » connaît bien le dossier de Rachel. Pendant quatre ans elle a suivi l’histoire tragique de cette maman privée à tort de ses enfants : « l’avocate de Rachel spécialisée sur la question de l’autisme […] fait état d’un appel par semaine d’une famille faisant l’objet d’une information préoccupante » première étape d’une judiciarisation des dossiers.

Un cas qui n’est pas isolé

Cette situation ne surprend pas le coprésident d’Autisme Info Service, Florent Chapel : « ce cas n’est pas isolé, même si lui est assez extrême et que ça ne se passe pas comme ça à chaque fois ».

« Il faut éviter cette confusion entre les signes de l’autisme et ce qu’on peut interpréter comme des situations préoccupantes » de maltraitance.

Le diagnostic de l'autisme
00:24

 

Alors que le cas extrême de Rachel semble peu répandu, qu’en est-il des erreurs de diagnostic de l’autisme ? Claire Compagnon, déléguée interministérielle en charge de la stratégie pour l’autisme, rappelle un impératif : « il faut éviter cette confusion entre les signes de l’autisme et ce qu’on peut interpréter comme des situations préoccupantes ».

Les parents sont souvent mis en cause dans le trouble de leur enfant

C’est cette confusion qui peut entraîner une procédure judiciaire et conduire ensuite potentiellement au placement des enfants. Catherine Barthélémy pédopsychiatre au CHRU de Tours ajoute que : « [ces cas] sont extrêmement fréquents : les parents sont mis en cause dans le trouble de leur enfant, alors que le trouble est lié à des anomalies de développement ».

Plusieurs solutions existent pour éviter ce dramatique dénouement : Claire Compagnon se dit disponible pour aider les familles ; dans un second temps, des recours juridiques doivent permettre d’examiner en détail la situation de la famille pour éviter l’erreur judiciaire, et en dernier recours il existe des avocats spécialisés dans l’accompagnement des familles touchées par ces problématiques.

Un an et demi pour une consultation

Reste qu’aujourd’hui, même si la formation des médecins évolue et que depuis 2016 les études de médecine font une place à l’enseignement de la détection spécifique des signes de l’autisme, les délais pour avoir accès à une consultation sont longs. Les familles doivent attendre plus d’un an.

« Notre objectif est de permettre un diagnostic précoce des enfants » - Claire Compagnon, déléguée interministérielle à la stratégie nationale pour l’autisme

Une nouvelle ligne téléphonique vient d’être établie par l’association Autisme Info Service (0 800 714 040) et doit permettre de répondre à toutes les interrogations en lien avec l’autisme.

 

Le débat sera diffusé samedi à 22 heures à la suite du documentaire « Rachel, l’autisme à l’épreuve de la justice ».

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