Avec ou sans fusil, décryptage de la communication des chasseurs
En septembre dernier, une nouvelle vidéo fait le buzz, on y voit un cerf, perdu en ville, suite à une chasse à courre… Exténué, il se heurte aux barrières avant de retrouver sa liberté en regagnant la forêt voisine. Un exemple de la bataille de com’ qui se joue régulièrement entre pro et anti-chasse sur les réseaux sociaux et qu’Hélène Risser et ses invités décryptent sur le plateau de l’émission Hashtag rediffusée ce lundi 21 décembre à 16h30.

Avec ou sans fusil, décryptage de la communication des chasseurs

En septembre dernier, une nouvelle vidéo fait le buzz, on y voit un cerf, perdu en ville, suite à une chasse à courre… Exténué, il se heurte aux barrières avant de retrouver sa liberté en regagnant la forêt voisine. Un exemple de la bataille de com’ qui se joue régulièrement entre pro et anti-chasse sur les réseaux sociaux et qu’Hélène Risser et ses invités décryptent sur le plateau de l’émission Hashtag rediffusée ce lundi 21 décembre à 16h30.
Public Sénat

Par Quentin Poirier

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Rentrée 2020, la Fédération Française de la Chasse diffuse 8 spots sur YouTube et les réseaux sociaux. Au menu, des petites scénettes interprétées par des jeunes, des femmes, des couples d’amoureux… Avec légèreté et un brin d’humour, les chasseurs interpellent le public avec cette question : « Pourquoi pas vous ? ».
Pour le communicant Gilles Masson, l’intention stratégique est bonne : « Les chasseurs dont le crédo était, depuis des décennies, pour vivre heureux vivons cachés, ont été confrontés à un retour de boomerang ». Stigmatisés, ils ont été obligés de réagir en investissant notamment sur le digital. Il explique : « ces spots ont eu une audience énorme. Parfois à la limite du ridicule, objectivement hors-sol mais il n’empêche que cette volonté d’autodérision de la part de la Fédération Nationale des Chasseurs est réussie car ces spots ont été très écoutés ».

 

Choisir ses armes

En mettant en scène des personnes que l’on n’imagine pas chasser, les chasseurs tentent à la fois de renverser les clichés et de permettre à chacun de l’identifier. Une constance que l’on retrouve déjà dans le clip mis en ligne par la Fédération en 2018 dans lequel l’historienne note que l’on ne voit « ni fusil, ni scène de chasse ». Avec de grandes vues sur la nature et les grands espaces, « on insiste sur la sensibilité du chasseur à la nature, à la biodiversité… » décrypte l’historienne qui ajoute « le clip se termine sur la musique du film Mission, comme si la mission du chasseur était de protéger la nature, c’est de la communication, c’est peut-être un peu beaucoup… »

En termes de communication, les chasseurs auraient donc la volonté de jouer sur le même tableau que ceux qui sont devenus leurs principaux adversaires : les militants écologistes.
Mais cette stratégie est-elle efficace ? Pour Gilles Masson, c’est un peu de la provocation. « Plus vous mettez des mots nouveaux qui vont peu à peu agrandir la fenêtre de l’acceptable, plus l’acceptable devient fort. Le mot écologiste qui n’était pas accolé aux chasseurs, l’est maintenant. Il fait débat, mais il l’est. Alors qu’avant il ne l’était pas ».

 

Ne plus se cacher

Autre stratégie, pour tenter de séduire ceux qui ne chassent pas : adopter une communication « plus musclée », en montrant du gibier fraîchement chassé et en se mettant en scène fusil à la main. Cette stratégie c’est celle de Johanna Clermont qui sur son compte Instagram cherche à parler, en images, aux chasseurs mais aussi grand public. Sur le plateau de Hashtag, elle explique notamment, « je me suis rendu compte que les personnes qui consomment de la viande ne se rendent pas forcément compte que ça vient d’un animal mort. Donc j’ai trouvé ça intéressant de montrer que lorsque l’on va à la chasse, on dépèce puis on mange ce que l’on attrape ». Montrer l’envers de la chasse, avec glamour, tel semble être le choix fait par Johanna Clermont. Une communication qui, elle l’affirme, « a beaucoup changé » depuis que les médias s’intéressent à elle.
« Au début, on s’adresse uniquement à des chasseurs, on montre la mort plus facilement parce que c’est normal pour nous et qu’on comprend ce qu’il y a derrière. Désormais, je fais plus attention parce que la chasse ce n’est pas que ça et il faut aussi le montrer, l’expliquer ».
Expliquer et montrer la chasse sous un jour moderne tel semble donc être le crédo des chasseurs en 2020.


Cet épisode de Hashtag est rediffusé ce lundi 21 décembre, à 16h30, sur le canal 13 de la TNT.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Journee mondiale de lutte contre le Sida
5min

Société

VIH : « La sérophobie doit être inscrite comme une discrimination à part entière », plaide la sénatrice écologiste Anne Souyris

Ce lundi était organisé au Sénat un colloque avec les Etats généraux des personnes vivant avec le VIH. Cette initiative, portée par les sénateurs Rémi Féraud (PS) et Anne Souyris (Les Écologistes), visait à présenter leur proposition de loi pour inscrire la sérophobie comme une discrimination « à part entière.

Le

French High School Students Take Part in “Act 4” Protest in Paris
4min

Société

Mouvements lycéens : Le point sur les mobilisations et blocages

La mobilisation des lycéens se poursuit de jeudi pour l’acte IV, rejoint par les étudiants. Les syndicats appellent à de nouveaux rassemblements dans plusieurs villes. Les trois syndicats lycéens doivent être reçus dans l'après-midi par les ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, réclamant des mesures concrètes.

Le