Budget de la Sécu : le Sénat renforce la lutte contre la fraude sociale

Les sénateurs ont adopté ce 17 novembre 2023 plusieurs amendements au projet de loi de financement de la Sécurité sociale renforçant la lutte contre la fraude, parfois avec le soutien du gouvernement.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les sénateurs ont une fois encore imprimé leur marque sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2024. En fin d’après-midi, ce 17 novembre 2023, ils ont adopté plusieurs amendements allant dans le sens d’un renforcement de la lutte contre les fraudes sociales, l’une des priorités « absolues » de la majorité sénatoriale de droite et du centre.

Le premier, déposé par la commission des affaires sociales, vise à s’assurer de l’existence des retraités qui vivent à l’étranger, par le biais de la biométrie à compter de 2027. Chaque année, ces derniers doivent, afin de continuer à bénéficier du versement de leur pension, apporter la preuve de leur existence au moyen d’un certificat d’existence, réalisé par le consulat français ou les autorités locales. Mais cette dernière méthode n’est pas sans risques, selon le direction de la Caisse nationale d’assurance vieillesse. « Nous savons bien que des arrangements permettent parfois d’obtenir le tampon nécessaire », a fait savoir la CNAV en audition devant les sénateurs.

L’idée de la commission est donc d’imposer des vérifications biométriques, notamment à travers une future application sur smartphone permettant de comparer la photo du visage avec la pièce d’identité biométrique.

Création d’une notion de « domicile social »

Aurélien Rousseau, le ministre de la Santé, a exprimé un avis défavorable, rappelant les réserves de la CNIL. La Commission nationale de l’informatique et des libertés avait insisté pour requérir le caractère facultatif d’une identité biométrique. « C’est un sujet qui revient régulièrement dans la bouche des Français que nous rencontrons. Ce qu’on exige des Français qui vivent chez nous avec des petites retraites, on doit l’exiger à l’extérieur de la France », a motivé la rapporteure Pascale Gruny (LR).

Les deux autres amendements déposés ont reçu, en revanche, l’approbation du gouvernement, qui s’en était remis à la sagesse de l’hémicycle. À l’initiative de Nathalie Goulet (Union centriste), les sénateurs ont adopté un amendement permettant d’établir un domicile social, à l’image du domicile fiscal. Cette notion, déjà tentée par le Sénat en 2021, viserait à faciliter les contrôles et éviter les cas où une personne cumule des RSA établis dans plusieurs départements. « Aujourd’hui vous pouvez toucher des prestations sociales dans plusieurs départements sans qu’il y ait du tout de contrôle […] Vous savez très bien que l’échange de données ne se fait pas », a déploré la sénatrice de l’Orne.

Toujours sur proposition de la sénatrice Nathalie Goulet, le Sénat a adopté une disposition visant à permettre « aux agents habilités par le président du conseil départemental de pouvoir échanger tous renseignements et tous documents utiles à l’accomplissement des missions de recherche et de constatation de fraudes sociales ». Le ministre Aurélien Rousseau s’est dit favorable à cette mesure.

Partager cet article

Dans la même thématique

Jeffrey Epstein
9min

Société

Ces personnalités françaises dont les noms sont cités dans les documents révélés sur l’affaire Epstein

E-mails, photos, vidéos… La publication de centaines de milliers de pages supplémentaires de documents liés à l’affaire Epstein affole les médias du monde entier. Les noms de plusieurs personnalités françaises sont citées dans ces dossiers, sans qu’elles soient pour autant explicitement mises en cause quant à un quelconque rôle dans les crimes commis par le prédateur sexuel. Mais ces révélations suscitent tout de même des interrogations sur les liens entretenus par certaines d’entre elles avec Jeffrey Epstein.

Le

Elon Musk Asks if US Should Liberate Britain, Asuncion, Paraguay – 06 Jan 2025
7min

Société

Perquisitions menées dans les bureaux de X : pourquoi le réseau social d’Elon Musk est dans le viseur de la justice française

Le parquet de Paris a annoncé ce mardi 3 février avoir mené des perquisitions dans les bureaux français du réseau social X. L’opération s’inscrit dans le cadre d’une enquête visant à vérifier « la conformité de la plateforme X aux lois françaises ». Diffusion de deepfakes sexuels, manque de transparence publicitaire… La plateforme rachetée en 2022 par Elon Musk fait l’objet de nombreuses critiques ces derniers mois.

Le

Paris: Emmanuel Gregoire conference presse hebergement d urgence
4min

Société

Le mal-logement : l’alerte relancée à la veille des élections municipales

L’année 2025 s’inscrit une nouvelle fois comme une année noire pour le logement. Tous les indicateurs du mal-logement se sont détériorés, dans un contexte de pauvreté accrue, d’inégalités persistantes et d’instabilité politique. Publié lundi 2 février, le 31ᵉ rapport annuel de la Fondation pour le logement des défavorisés, ex-Fondation Abbé Pierre, dresse un constat sévère et appelle à une mobilisation des élus locaux à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars.

Le

Budget de la Sécu : le Sénat renforce la lutte contre la fraude sociale
5min

Société

Protoxyde d’azote...ce gaz qui n’a rien d’hilarant

Parfaitement légal, utilisé en cuisine et dans le domaine médical, le protoxyde d’azote est détourné pour ses propriétés euphorisantes. Une mode qui touche les adolescents et provoque de lourds dégâts neurologiques.

Le