« Ce que touchent les retraités agricoles, ce n’est pas digne »
Au Salon de l'agriculture, consensus a été trouvé sur les retraites agricoles entre Nicolas Girod de la Confédération Paysanne, Marie Astier, journaliste à Reporterre, Edouard Bergeon, journaliste et réalisateur d’Au nom de la terre et Arnaud Gaillot, secrétaire général des Jeunes agriculteurs. Ce dernier a déploré que la prochaine réforme des retraites ne concerne pas les actuels retraités agricoles.

« Ce que touchent les retraités agricoles, ce n’est pas digne »

Au Salon de l'agriculture, consensus a été trouvé sur les retraites agricoles entre Nicolas Girod de la Confédération Paysanne, Marie Astier, journaliste à Reporterre, Edouard Bergeon, journaliste et réalisateur d’Au nom de la terre et Arnaud Gaillot, secrétaire général des Jeunes agriculteurs. Ce dernier a déploré que la prochaine réforme des retraites ne concerne pas les actuels retraités agricoles.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Ce que touchent les retraités agricoles, ce n’est pas digne ». Il y avait consensus ce samedi sur le plateau de Public Sénat, délocalisé à l’occasion du Salon de l’agriculture. Au-delà du constat d’Arnaud Gaillot, secrétaire général des Jeunes agriculteurs, les échanges ont ciblé les impacts de la future réforme des retraites.

Les faibles retraites agricoles sont souvent sous le feu des projecteurs. En cause, le déséquilibre de la caisse des retraites du régime des non-salariés agricoles. Plus d’un million d’anciens agriculteurs en bénéficient, tandis que le monde agricole ne compte que 450 000 actifs. Résultat : la pension moyenne actuelle est de 953 euros pour les hommes et de 852 euros pour les femmes, selon la Mutualité sociale Agricole.

« Il y a une perte de la fierté de l’agriculteur »

Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, pointe un problème de répartition des richesses. « Aujourd’hui, le système des retraites n’est pas à la hauteur de ce qu’il devrait être ». « Comment arriver à un monde paysan de cotiser plus quand on n’est pas capable d’avoir une bonne rémunération quand on est en activité ? », interroge-t-il.

« Il y a une perte de la fierté de l’agriculteur », affirme également Édouard Bergeon, journaliste et réalisateur de Les fils de la terre et Au nom de la terre. Autre conséquence selon Marie Astier, journaliste à Reporterre : l’impact sur la transmission des fermes. « Parce qu'on va essayer de vendre la ferme à bon prix. Les fermes peuvent être très chères à racheter pour les jeunes qui ne vont pas pouvoir forcément s'endetter. Ça va faciliter le fait que les fermes aillent à l'agrandissement parce que l'agriculteur à besoin de ce revenu pour compléter sa retraite, et le jeune n'a pas forcément les moyens de s'installer », explique la journaliste.

Le gouvernement fait valoir que la réforme des retraites sera donc une avancée pour les agriculteurs. Selon les prévisions de l’exécutif, la pension d’un agriculteur sera de 1 000 euros net en 2022. « Les agriculteurs seront ceux dont les effets positifs de la loi seront les plus sensibles », renchérit François Patriat, chef de file du groupe LREM au Sénat.

« Il va falloir aller au charbon pour défendre les agriculteurs »

Mais le débat est loin d’être terminé. Alors que la bataille parlementaire est toujours en cours à l’Assemblée nationale, les concertations sont toujours ouvertes pour le niveau des pensions des actuels retraités, selon le sénateur.

Interpellé samedi matin lors de sa déambulation au Salon de l’agriculture, Emmanuel Macron a déclaré qu’il ne « peut pas gérer l’avenir et le présent en même temps ». Des propos qui n’ont pas convaincu Arnaud Gaillot. « C’est sa position gouvernementale », déplore le responsable des Jeunes agriculteurs. « Ça dit qu’il va y avoir des moments compliqués pour les agriculteurs et qu’il va falloir y aller au charbon pour les défendre »

Partager cet article

Dans la même thématique

Social Protest and Demonstration in Paris, France – November 5, 2026
6min

Société

Reportage. Manifestation à Paris : « À 6 mois de l’élection présidentielle, on veut montrer qu’on est là pour défendre notre état de droit »

En musique et sous les slogans, le cortège de la manifestation parisienne s’est élancé de la place de la République à 14h. Pour les salaires, le pouvoir d’achat et en soutien aux mouvements lycéens et étudiants, les syndicats et les manifestants comptent bien avoir des réponses du gouvernement : « Rien ne nous arrêtera », déclare la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

Le

Student protests
5min

Société

Parcours de la manifestation du 31 octobre : « Remise en cause du droit de manifester » ou « nécessité » de protéger les commerces ?

La préfecture de police de Paris a interdit les deux parcours déposés dans le centre de la capitale par les syndicats et les gilets jaunes, imposant un trajet alternatif, à la limite de Paris, que dénonce l’intersyndicale. « On est dans le découragement organisé de venir manifester », réagit le sénateur PS Rémi Cardon. « Nécessité fait loi », rétorque le sénateur LR, Olivier Paccaud.

Le

« Ce que touchent les retraités agricoles, ce n’est pas digne »
3min

Société

Attentat raciste de Trappes : l’hommage national sera présidé par le Premier ministre, annonce Aurore Bergé

Les modalités de cet hommage, notamment le lieu et la date, seront précisées ultérieurement, du fait notamment que certaines victimes se trouvent toujours dans un état critique, a précisé la ministre devant les sénateurs, ce mercredi 28 octobre. Vendredi, un homme a ouvert le feu dans les rues de Trappes et La Verrière, faisant un mort et sept blessés. Cette attaque a été qualifiée « d’attentat raciste » par Emmanuel Macron, en raison de l’origine des victimes.

Le