Condamnation de Barbarin : « Aujourd’hui, il se rend compte de la gravité des faits »
Invitée de l’émission « On va plus loin », Clémence Houdaille, journaliste Religion à La Croix, analyse la démission du cardinal Barbarin, après sa condamnation pour non-dénonciation d’abus sexuels.

Condamnation de Barbarin : « Aujourd’hui, il se rend compte de la gravité des faits »

Invitée de l’émission « On va plus loin », Clémence Houdaille, journaliste Religion à La Croix, analyse la démission du cardinal Barbarin, après sa condamnation pour non-dénonciation d’abus sexuels.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le cardinal Philippe Barbarin a été condamné, jeudi, à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs. À la suite de cette condamnation, il a annoncé qu’il allait remettre sa démission au Pape. « Je pense même qu’il aurait démissionné quel que soit le verdict » déclare Clémence Houdaille, journaliste Religion à La Croix, qui a rencontré plusieurs fois le cardinal Barbarin.

« Il avait déjà proposé, de manière plus informelle, au Pape de démissionner en 2016, pour amener l’apaisement dans le diocèse. Le Pape avait dit, à ce moment-là, qu’il gardait toute sa confiance au cardinal Barbarin. Maintenant, le diocèse est très divisé. Il y a une pétition qui a été lancée, à l’été dernier, sur internet, pour demander sa démission ; aujourd’hui, il y a 108 000 signataires (…) Ça devenait très compliqué pour lui de rester en place (et) de gérer son diocèse. »

« Aujourd’hui, il se rend compte de la gravité des faits » assure Clémence Houdaille. « Il a fait des erreurs dans l’appréciation, au moment où il a été mis au courant de ce qui s’était passé. Il n’a pas pris tout de suite conscience de l’ampleur des faits. C’est un peu inexplicable parce que c’est un homme intelligent. »

Pour la journaliste, la condamnation du cardinal Barbarin est « historique », « parce que c’est un cardinal et parce que c’est l’archevêque de Lyon » : « Il y a déjà eu deux évêques français condamnés (…) mais c’était pour des faits qu’ils avaient directement couverts (…) Là, pour le cardinal Barbarin, ce qui est nouveau, c’est que ce sont des faits qui sont très antérieurs à sa prise de fonction, qu’il n’a pas dénoncés (…)  Il y a beaucoup d’évêques qui se posent des questions aujourd’hui pour savoir comment réagir, face à ces faits anciens, dont ils ont connaissance, mais qui sont bien antérieurs à leur prise de fonction. » 

Et de conclure : « Aujourd’hui, les victimes ne veulent plus se taire et ne veulent pas se contenter que le responsable soit déplacé ou pas (…) La parole des victimes est mise en premier. Et c’est heureux. »

 

Vous pouvez voir et revoir cet entretien, en intégralité :

OVPL. Entretien avec Clémence Houdaille, journaliste Religion à La Croix (en intégralité)
06:41

Partager cet article

Dans la même thématique

JEUNE FILLE CONNECTEE SUR SON TELEPHONE PORTABLE
6min

Société

Désinformation : la numérisation des pratiques, terreau fertile des ingérences étrangères

Quatre Français sur 10 s’informent quotidiennement sur les réseaux sociaux. Or, les nouveaux espaces informationnels échappent largement aux outils de régulation, une brèche pour les puissances étrangères malveillantes. Ce jeudi 29 janvier, cette question était au cœur d’un colloque organisé par l’Arcom et le Sénat sur la liberté d’expression à l’heure du numérique.

Le

Condamnation de Barbarin : « Aujourd’hui, il se rend compte de la gravité des faits »
7min

Société

« Ce n’est pas une crise passagère ! » : les démographes alertent sur la rupture historique de la natalité

Pour la première fois depuis 1945, la France enregistre plus de décès que de naissances. Auditionnés par la commission des affaires sociales du Sénat, les démographes de l’Ined et de l’Insee ont décrit une baisse durable, générale et profondément sociétale de la fécondité, loin des seuls effets économiques ou des politiques natalistes.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
5min

Société

Fin de vie : suspense au Sénat autour du scrutin sur un texte vidé de sa substance

Mercredi après-midi, le Sénat est amené se prononcer sur la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Un scrutin à l’enjeu incertain, car si la ligne la plus conservatrice du groupe LR du Sénat, incarnée par Bruno Retailleau, est parvenue à rendre le texte inopérant, une autre partie de la majorité sénatoriale aimerait qu’un texte sorte de la chambre haute, pour conforter le rôle du Sénat dans le processus législatif.

Le