COVID-19 : l’appel à la mobilisation des internes
Pour soulager les services les plus sollicités par le COVID-19, l’Intersyndicale Nationale des Internes lance un appel à la mobilisation. Des dizaines de volontaires se sont déjà manifestés dans toute la France.

COVID-19 : l’appel à la mobilisation des internes

Pour soulager les services les plus sollicités par le COVID-19, l’Intersyndicale Nationale des Internes lance un appel à la mobilisation. Des dizaines de volontaires se sont déjà manifestés dans toute la France.
Public Sénat

Par Samia Dechir

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Face au coronavirus, les internes, comme tous les soignants, sont déjà à bout dans certains services. « Certains nous expliquent que ça fait presque 15 jours qu’ils travaillent quasiment sept jours sur sept, 24 heures sur 24, sans repos de garde », témoigne Léonard Corti, secrétaire général de l’InterSyndicale Nationale des Internes (ISNI). L’organisation lance un appel à la mobilisation pour soulager les services les plus sollicités.

À Besançon, « le calme avant la tempête du Grand Est »

Certaines régions sont plus touchées que d’autres. L’Est, mais aussi la Franche-Comté. Nawale Hadouiri, vice-présidente de l’ISNI, est interne à Besançon. Face à nombre de cas COVID-19, le CHU, au bord de la saturation, a pu ouvrir de nouveau lits.

Mais elle craint l’afflux de patients dans les jours à venir. « C’est le calme avant la tempête, la tempête du Grand Est. On ne connaît pas le nombre de personnes affectées, mais on sait qu’on est la troisième région la plus touchée, et on n’a pas les mêmes capacités que Strasbourg ou Paris. Les internes sont stressés. On est rationnés sur les masques. On sait que plusieurs soignants ont été contaminés et hospitalisés, mais on ne sait pas combien. Le point positif, c'est qu'il y a un élan de solidarité parmi les soignants que je n'avais jamais vu avant. »

Tenir sur le long terme

Pour épauler les services en tension, l’ISNI recense les volontaires parmi les internes en fonction dans d’autres unités, mais aussi ceux qui sont en année de recherche ou tout simplement en vacances. En Ile-de-France, une centaine d’internes a déjà répondu à l’appel. Et des dizaines d’autres dans toute la France. 

Lui-même interne de première année en recherche clinique à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, Léonard Corti s’est porté volontaire pour assurer des gardes au service des urgences. Pour ce responsable syndical, il n’y a pas d’autre choix pour assurer la pérennité du système face à cette crise. 

Car beaucoup d’internes qui voient des patients mourir toujours les jours sont très éprouvés. « C’est pour ça qu’il faut organiser une relève pour ces internes et pour les soignants en général, explique Léonard Corti, parce que si on ne les relaie pas et qu’on les laisse affronter seuls cette épidémie pendant les semaines qui arrivent, il va y avoir du dégât sur le long terme. Être confronté à ça quand on est jeune, qu’on est en train de se former, ça peut laisser des cicatrices psychiques qui peuvent perdurer sur le long terme. » 

 


 

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