Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a laissé entendre mercredi soir que le passe vaccinal pourrait être levé avant l’été. Pour le sénateur Bernard Jomier, rapporteur de la mission covid-19 au Sénat, la gestion de l’épidémie est davantage dictée par des choix politiques que sanitaires.
Covid-19 : « Le gouvernement utilise la levée du passe vaccinal comme un outil politique », dénonce Bernard Jomier
Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a laissé entendre mercredi soir que le passe vaccinal pourrait être levé avant l’été. Pour le sénateur Bernard Jomier, rapporteur de la mission covid-19 au Sénat, la gestion de l’épidémie est davantage dictée par des choix politiques que sanitaires.
« Le pire est derrière nous et nous avons fait le plus dur. » À peine sorti de son audition par la Commission d’enquête du Sénat sur le recours aux cabinets de conseil, Olivier Véran, le ministre de la Santé, s’est rendu mercredi soir sur le plateau de BFM TV pour faire montre d’optimisme quant à l’évolution de l’épidémie. Le locataire de la rue de Ségur a indiqué que le pic des contaminations et celui des admissions en réanimation étaient passés, tandis que le nombre global des hospitalisations liées au covid-19 devrait bientôt commencer à décroître. En conséquence, le ministre a évoqué, sans toutefois donner de calendrier précis, la fin du masque obligatoire en intérieur, alors que le port en extérieur cesse d’être obligatoire ce jeudi 3 février, sauf décision préfectorale.Surtout, il a parlé d’une levée anticipée des contraintes liées au passe vaccinal : « Le passe vaccinal aura une fin, et vu la dynamique épidémique actuelle, il est probable que cette fin soit bien avant le mois de juillet. Sauf s’il y a une mauvaise nouvelle », a indiqué Olivier Véran.
« Penser que l’on sort de l’épidémie est une erreur fondamentale »
Des déclarations qui, moins de quinze jours après l’entrée en vigueur du dispositif, à la suite d’un examen parlementaire particulièrement houleux, n’ont pas manqué d’agacer le sénateur Bernard Jomier (apparenté socialiste), rapporteur de la commission d’enquête sur le covid-19. « Il faut être conscient que l’épidémie n’est pas terminée et que le virus circule encore à grands mouvements sur la planète. Penser que parce que l’on sort de la vague Omicron, on sort de l’épidémie, est une erreur fondamentale », pointe ce médecin généraliste. Un avertissement qui fait également écho aux propos de Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique. Auditionné mardi par la Haute Assemblée, ce scientifique a déclaré : « Nous ne sommes pas au bout de la vague. Nous sommes dans la vague. Pour prendre des décisions de levée des restrictions, les marqueurs ne sont plus les chiffres de contamination. C’est l’impact sur le système de soins. Je ne vais pas plus loin car ce sont des décisions qui seront à prendre par les autorités sanitaires ».
« La levée du passe vaccinal sera déterminée par des choix politiques »
Pour Bernard Jomier, une levée anticipée du passe, malgré le contexte sanitaire, trahit l’inutilité du dispositif. « Nous le disons depuis longtemps : le passe, sanitaire ou vaccinal, n’a aucun impact sur la vague Omicron, il ne change rien à la circulation du virus », dénonce le sénateur, qui estime que l’effet sur l’incitation vaccinale est « complètement épuisé ». « Toutes les auditions menées ces derniers temps (par la mission d’information sur l’adéquation du passe vaccinal à l’évolution de l’épidémie de covid-19, ndlr) montrent que le passe vaccinal n’est pas un bon outil de gestion de l’épidémie. C ‘est donc un outil politique », poursuit l’élu. « Choisir le passe vaccinal, plutôt que l’obligation vaccinale avec la mise en œuvre de politiques de conviction et de contrainte, est un choix politique ».
Sans aller jusqu’à évoquer une manœuvre électoraliste, Bernard Jomier anticipe ainsi une levée des contraintes avant le scrutin présidentiel d’avril. « La levée sera déterminée par des choix politiques. Je pense donc que, dans les semaines à venir, avant l’élection présidentielle, le gouvernement utilisera la levée du passe vaccinal comme un outil politique. »
L’élue va même plus loin, reprochant à l’exécutif « d’utiliser les instances scientifiques à des fins politiques ». Il en veut pour preuve le calendrier autour de l’annonce de la gratuité des masques FFP2.
« Le gouvernement instrumentalise nos instances de santé publique et nos instances sanitaires »
Un arrêté publié mardi au Journal officiel permet désormais aux personnes à risques de formes graves ou immunodéprimées, et chez qui la vaccination ne permet pas de développer une protection suffisante contre le SARS-Cov-2, de bénéficier de masques FFP2 en pharmacie, plus efficaces que les masques chirurgicaux ou en tissu. « Je l’avais demandé le 10 janvier publiquement au Sénat, l’arrêté a été pris trois semaines plus tard », déplore Bernard Jomier.
« Sur cette question, il y a quelque chose de très révélateur », poursuit le sénateur. « Le Haut Conseil de la santé publique a pris position le 7 janvier. On ne le savait pas. Son avis n’a été publié que le 2 février, c’est-à-dire le lendemain de la décision du gouvernement », rapporte le sénateur. « C’est habituel depuis le début de la crise, on l’a déjà vu avec les avis du Conseil scientifique : le gouvernement instrumentalise nos instances de santé publique et nos instances sanitaires. C’est grave, car cela brise le lien de confiance entre ces instances et le grand public. C’est grave aussi pour ces instances, dont le travail est manipulé », conclut-il.
« Les concessions autoroutières vont permettre de financer les infrastructures vieillissantes », explique le ministre des Transports, Philippe Tabarot, qui a présenté en Conseil des ministres un projet de loi qui doit permettre de rénover le réseau ferroviaire, les ponts, les canaux ou les routes. Les usagers seront aussi mis à contribution, avec l’indexation automatique des tarifs des transports en commun sur l’inflation.
Le Sénat a adopté le projet de loi sur l’extension des prérogatives des policiers municipaux et des gardes champêtres, un texte inspiré de travaux de la Haute assemblée. Sur accord du maire, les agents pourront dresser des amendes sur une série de délits, uniquement pris sur le fait, comme l’usage de stupéfiants, l’outrage sexiste et sexuel ou le port d’armes blanches. Ils pourront aussi précéder à des contrôles d’identité.
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