Crépol : « Ce n’était pas une rixe, c’était une attaque », affirme Olivier Véran

Les questions d’actualité au gouvernement au Sénat ont été marquées ce mercredi par les suites du drame qui a eu lieu à Crépol dans la nuit du 18 au 19 novembre. En particulier, un échange entre Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, et Jacqueline Eustache-Brinio, sénatrice LR de l’Oise, a marqué la séance. Le porte-parole s’est exprimé sur la nature de l’événement du 18 novembre et sur ce qu’encourent ses auteurs présumés.
Mathilde Nutarelli

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Les questions d’actualité du gouvernement au Sénat de ce mercredi ont été marquées par les suites du drame de Crépol qui a eu lieu dans la nuit du 18 au 19 novembre provoquant la mort d’un adolescent. Les manifestations d’ultra-droite, parfois violentes, qui ont suivi ce tragique événement, ont provoqué l’indignation sur les bancs de la gauche et de la majorité présidentielle. Après les hommages, les regards se tournent vers la justice, qui mène l’enquête sur les circonstances entourant la nuit du 18 au 19 novembre.

« Le motif de bande organisée a été retenu par le procureur, le suspect est passible de la prison à perpétuité »

« Ce n’était pas une rixe, c’était une attaque », a répondu Olivier Véran, ministre délégué chargé du Renouveau démocratique et porte-parole du gouvernement, à la sénatrice LR de l’Oise Jacqueline Eustache-Brinio. Elle l’interrogeait sur les « deux France qui s’opposent » depuis Crépol : l’une « qui a basculé dans la violence gratuite », et l’autre « civilisée, tolérante, qui subit l’autre France ». « Le motif de bande organisée a été retenu par le procureur, le suspect est passible de la prison à perpétuité », a-t-il expliqué.

Une réponse surprenante, puisque l’enquête n’est pas terminée, et que le procureur de Valence rappelait lors d’un communiqué de presse le 25 novembre dernier que « Le scénario même des passages à l’acte, les mobiles et l’identification de tous les auteurs des faits ne sauraient se résumer à des dénonciations sans preuve, des spéculations ou interprétations hâtives […] en méconnaissance des éléments recueillis avec précision en procédure ».

Olivier Véran a rappelé qu’après les événements du 18 novembre, les forces de l’ordre ont interpellé « en moins de trois jours » neuf des prévenus, « dont sept avaient prévu de partir en Espagne pour prendre la fuite ».

Certaines des infractions retenues par le parquet sont passibles d’une peine de prison à perpétuité

Les infractions retenues par le parquet comprennent le meurtre et la tentative de meurtre en bande organisée, ainsi que les violences volontaires commises en réunion avec usage ou sous la menace d’armes ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours. Pour les deux première infractions (meurtre et tentative de meurtre en bande organisée), la peine maximale encourue est la réclusion criminelle à perpétuité.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Macron
5min

Société

Interdiction des téléphones portables, questionnaire sur les violences sexuelles ...Toutes les nouveautés à l’école en cette rentrée 2026 

Ce sont au total 11 607 600 élèves qui ont effectué leur rentrée scolaire aujourd’hui, dans les 57 700 écoles et établissements scolaires de France. Interdiction des téléphones portables, questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles : zoom sur toutes les nouveautés de ce mois de septembre 2026.

Le

BIDONVILLE A MAYOTTE
6min

Société

Immigration clandestine à Mayotte : « il faut arrêter avec la baisse de l’aide publique au développement » réagit le sénateur mahorais Thani Mohamed Soilihi

En visite cette semaine à Mayotte, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé plusieurs mesures pour mieux lutter contre l’immigration clandestine à Mayotte, notamment la conditionnalité de l’aide publique au développement à la coopération des pays voisins. Pour le sénateur de Mayotte Thani Mohamed Soilihi et ancien ministre chargé de la Francophonie, cette conditionnalité va dans le bon sens mais il faut stopper les coupes budgétaires dans l’aide au développement. 

Le

Crépol : « Ce n’était pas une rixe, c’était une attaque », affirme Olivier Véran
3min

Société

« On a la capacité de recruter des profils de grandes sociétés américaines qui ont reculé sur le télétravail », se réjouit ce chef d’entreprise de la Tech

Le bureau d’Olivier Lambert n’est pas tout à fait celui de tout un chacun les jours ensoleillés. Aujourd’hui, il travaille dans son jardin. Cet entrepreneur de ‘cloud’ souverain dirige une entreprise de plus de 100 salariés en 100 % télétravail. Et ce n’est pas la conséquence de la pandémie, c’est un choix ! Dans Dialogue citoyen présenté par Quentin Calmet, il témoigne et interroge les sénateurs sur la façon d’appréhender le télétravail quand on est chef d’entreprise.

Le

Paris, March against sexual and gender-based violence
10min

Société

Violences sexuelles et sexistes :  malgré des avancées, la formation des forces de l’ordre reste à améliorer

Préjugés sexistes, violences minimisées, ou refus de plainte : les victimes qui ont le courage de pousser la porte d’un commissariat ou d’une gendarmerie doivent parfois affronter une nouvelle épreuve, celle du dépôt de plainte. Depuis le Grenelle contre les violences conjugales en 2019, la formation des forces de l’ordre sur les violences intra-familiales et les violences sexistes et sexuelles (VSS) a été renforcée. Pourtant, l’affaire Lyhanna a démontré qu’il existe encore de nombreux trous dans la raquette. Si la formation initiale des policiers et des gendarmes aux VSS est obligatoire, la formation continue des forces de l’ordre reste tributaire des dynamiques locales.

Le

La sélection de la rédaction

Salle des fetes de Crepol, ou le jeune Thomas a ete tue, 27 novembre 2023
7min

Politique

Récupération politique du meurtre de Thomas : « Le problème, c’est de plaquer sur une réalité compliquée des grilles de lecture un peu binaire », estime Bruno Cautrès

La récupération d’événements ou faits divers « est une constante » de la politique, rappelle Bruno Cautrès, politologue au Cevipof de Sciences Po. Il souligne que les élus sont soumis à « un paradoxe » entre le risque de « réagir trop vite », sans connaître les dossiers, et la nécessitée, liée à « une pression médiatique », de réagir aux événements.

Le