De nouveaux droits pour les animaux ?
Les animaux ont-ils des droits ? Cette question mérite d’être posée à l’heure où plusieurs associations comme L214 militent pour la reconnaissance pleine et entière des droits des animaux. Pour autant peut-on changer la législation et faire évoluer le droit pour une meilleure protection des bêtes ? Doit-on bannir tous les élevages et réadapter son mode de consommation ou au contraire mieux réglementer pour éviter toutes souffrances inutiles ? Le documentaire de Martin Blanchard nous donne les clés pour faire avancer le débat.

De nouveaux droits pour les animaux ?

Les animaux ont-ils des droits ? Cette question mérite d’être posée à l’heure où plusieurs associations comme L214 militent pour la reconnaissance pleine et entière des droits des animaux. Pour autant peut-on changer la législation et faire évoluer le droit pour une meilleure protection des bêtes ? Doit-on bannir tous les élevages et réadapter son mode de consommation ou au contraire mieux réglementer pour éviter toutes souffrances inutiles ? Le documentaire de Martin Blanchard nous donne les clés pour faire avancer le débat.
Public Sénat

Par Adrien BAGET

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5 min

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Des poussins jetés à la poubelle et étouffées dans des sacs plastiques comme de vulgaires déchets, une vidéo montre les pratiques industrielles quotidiennes d'un couvoir breton qui tue des centaines de poussins de sexe masculin, non-rentables pour l'industrie car de race non-pondeuse. Cette vidéo de l'association de défense des animaux L214 a le mérite de faire ouvrir les yeux sur la souffrance animale. Pour autant quel est le but ? Doit-on plus protéger les animaux pour ne plus en manger du tout ou au contraire mieux réglementer pour éviter les abus ?  C'est clairement la première option qui prime pour L214, qui propose un nouveau rapport avec les animaux basé sur le véganisme. Pour Sébastien Arsac, porte-parole de L214 « À travers ces images on veut soulever un débat dans la société, est-ce légitime de faire souffrir les animaux ? (…) il y a une souffrance cachée et structurelle lors de l’abattage des animaux ». À l'heure où 60 milliards de bêtes sont abattues chaque année pour leurs viandes, le salon du véganisme « Veggie World » à Paris veut montrer qu’il est possible de vivre sans manger de produits d’origine animale, comme un fromage sans lait ou des saucisses sans viande. Ce choix est avant tout un choix éthique, qui est revendiqué comme tel par nombre de consommateurs. Pour Sébastien Arsac, « Je ne vais pas hésiter longtemps entre un produit issu d’un abattoir où les cochons sont gazés et à côté le même produit 100% végétal » . Une certaine vision de la société qui n'est pas forcément celle pronée par le documentaire qui laisse la place à d'autres alternatives.

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Elever mais dans le respect du bien-être animal

Face au véganisme, un courant prône le maintien de l'élevage et surtout des modifications des conditions de mise à mort. Certains éleveurs sont les premiers à déplorer les méthodes industrielles et sauvages des abattoirs et à réclamer des conditions de mise à mort dignes pour leurs bêtes. La sociologue Jocelyne Porcher, chercheuse à l'Institut national de la recherche agronomique, puise dans son passé d'éleveuse pour expliquer l'importance des alternatives face aux abattoirs industriels, comme des camions d'abattage mobile qui se déplacent dans les exploitations pour que les éleveurs puissent retrouver la maîtrise sur la mise à mort de leurs bêtes. Pour elle,  « la question de l'abattage est devenue un problème moral mais il ne faut pas non plus séparer la mort des animaux de celle des êtres humains. Ce déni de la mort dans nos sociétés est un déni de la mort animal comme si on pouvait vivre sans mourir (...) il est possible de donner une mort digne aux animaux dans la mesure où cette mort est prise dans un espace de sens comme un petit abattoir qui viendrait dans la ferme et qui surtout laisserait le temps, l'inverse de l'abattoir industriel où l'on ne se rend pas compte de ce que l'on fait». 

Est surtout mis au banc des accusées, l'élevage industriel qui casse le rapport de l'homme avec l'animal. La question du bien-être est donc au cœur de ce débat. En effet quelle source de bien être peut émerger de ces grandes firmes industrielles où des machines remplacent les hommes dans les relations avec les animaux. De grandes superstructures comme Fair Oaks Farms dans l’Indiana traitent le bonheur et le bien-être animal plus comme un argument de communication et de vente que comme une réalité. Une situation que refusent aussi les abolitionnistes qui réclament une égalité totale des droits entre les animaux et les hommes, ce qui exclu tous les élevages et consommation d’origine animale. Pour Gary Francione, défenseur des animaux « il n’y a pas de viande ou d’œufs heureux mais que des produits issus d’animaux plus ou moins torturés » .

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Face à ces mauvais traitements, la nécessaire prise en compte de la protection des animaux devient de plus en plus un enjeu mondial dans la mesure où plus de seize partis pour les animaux ont vu le jour dans le monde. En France depuis 2015, l'article 515-14 du Code civil énonce que les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité et ne sont plus considérés comme "des biens meubles". Un statut dorénavant fixé par la loi qui punit sévèrement toute cruauté envers les animaux. Une avancée législative pour mieux répondre à la question : quelle place pour les animaux dans nos sociétés ? Pour autant le strict respect de la loi peut-il suffire ou bien faut-il aller plus loin dans de nouveaux droits ? Une question à laquelle ce documentaire se garde bien de répondre et qui reste pour le moment ouverte au débat.

 

Retrouvez le documentaire Les animaux ont-ils des droits ? sur Public Sénat le samedi 26 mai à 23h30, le dimanche 27 mai à 9h50 et le dimanche 3 juin à 19h00 :

Bande-annonce - Documentaire : Les animaux ont-ils des droits ?
01:01

 

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