Des médecins cubains au chevet de l’Outre-mer

Des médecins cubains au chevet de l’Outre-mer

En pleine pandémie la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon vont recevoir l’aide des médecins cubains. Un renfort essentiel pour combler les déserts médicaux.
Public Sénat

Par Alizé Boissin

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Face au Covid-19, le gouvernement français accepte par décret d’accueillir des médecins cubains sur son sol. La Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon sont concernés.

Un soulagement pour la sénatrice socialiste martiniquaise Catherine Conconne et son homologue guadeloupéen Dominique Théophile, à l’origine de cet amendement adopté en juin dernier. « C’est une bonne nouvelle. Nous manquons de certaines spécialités dans les Antilles, notamment autour du diabète, et il n’est pas facile de faire venir des médecins de métropole ou d’Europe, alors il faut ouvrir à d’autres pays ». D’après Catherine Conconne, la Martinique manque surtout d’ophtalmologues, de néphrologues, ou encore d'épidémiologistes.

« L’excellente » formation des cubains

La sénatrice se défend de recourir à des médecins étrangers, et notamment cubains : « Le système français est tout à fait convenable et c’est l’un des meilleurs, mais nous sommes plus proches géographiquement – à une heure et demi d’avion – et culturellement de Cuba. C’est plus simple de faire appel à eux qu’à des européens qui sont loin. Et puis ils sont débordés par la pandémie. » L’élue souligne également « l’excellente » formation des cubains. En effet, l’île sous embargo compte deux fois plus de médecins par habitant que la France et enregistre l’espérance de vie la plus élevée d’Amérique Latine.

Et les Antilles ne sont pas les seuls à faire appel à l’île. Près de 38 pays bénéficient déjà de l’aide des blouses blanches cubaines pour lutter contre le coronavirus. En Europe, c’est le cas de l’Italie ou encore d’Andorre.

Continuité territoriale

Le décret tombe en pleine pandémie et pourtant Catherine Conconne ne veut pas alarmer : « nous n’avons pas de problème sur les services de réanimation ». En effet, l’Outre-mer est pour le moment moins touché que l’hexagone par le Covid-19. A titre d’exemple, la Martinique compte près de 80 lits de réanimation et « pour le moment seulement 12 sont occupés ».  Mais ces territoires disposent d’un système de santé plus fragile qui fait craindre une catastrophe sanitaire. La semaine dernière le Premier ministre, Edouard Philippe, annonçait que le gouvernement allait « augmenter la capacité de réanimation des services hospitaliers » de ces territoires.

Mardi 31 mars, la ministre des Outre-mer Annick Girardin précisait le nombre de cas répertoriés : 666 à ce jour. La ministre, qui s’est exprimée sur la chaine de télévision la 1ere, a assuré maintenir « une continuité territoriale » pour l’outre-mer, « il faut que les médicaments, les masques, les respirateurs rentrent. Cela pour aller jusqu’à des ponts aériens, c’est-à-dire des avions militaires ».  Pour le moment, la ministre se veut rassurante : « il n’y a pas d’impréparation en Outre-mer » a-t-elle déclaré.

Dans la même thématique

FRA : ASSEMBLEE : QUATRE COLONNES
6min

Société

Respect du pluralisme dans les médias : « Les critères de l’Arcom sont flous et contradictoires », selon François Jost

Six mois après la décision du Conseil d’Etat demandant à l’Arcom de renforcer son contrôle en matière de respect du « pluralisme et d’indépendance de l’information » par la chaîne CNews, le gendarme de l’audiovisuel s’appuiera désormais sur un faisceau d’indices, il appréciera « s’il y a eu un « déséquilibre manifeste et durable dans l’expression des courants de pensée et d’opinion ».

Le

Des médecins cubains au chevet de l’Outre-mer
6min

Société

Après le bain d’Anne Hidalgo, la baignade dans la Seine bientôt autorisée pour tous ?

 A quelques jours des épreuves de nage en eau libre pour les Jeux olympiques la maire de Paris Anne Hidalgo s’est baignée dans la Seine mercredi 17 juillet. Etat et collectivités franciliennes ont investi 1,4 milliard d’euros depuis 2016 pour que la Seine et son principal affluent la Marne soit baignables. Avec la promesse de créer trois zones de baignades dans Paris en 2025. Si la qualité de l’eau fait beaucoup débat aujourd’hui, à l’origine, la baignade dans la Seine fut d’abord interdite à cause de conflits d’usage. Entretien avec Laurence Lestel est historienne de l’environnement et chercheuse au PIREN-Seine, le Programme scientifique interdisciplinaire dans le domaine de l’environnement de la Seine, où 23 équipes de recherches étudient ce fleuve depuis 35 ans.

Le