En Seine-Saint-Denis, le théâtre se joue chez les habitants
« Quand on a vu que les gens n’allaient pas au théâtre, on s’est dit que le théâtre irait chez eux ». Valérie Suner est la directrice de « La Poudrerie », scène conventionnée implantée depuis 2011 à Sevran, en Seine-Saint-Denis. Sa particularité : proposer du spectacle vivant chez et avec les habitants du territoire. La réalisatrice Julie Chauvin a suivi l’un de leurs projets, il est au cœur du documentaire : « Là où tout se joue. Du théâtre dans les tours »
Ils sont nés à Sevran ou dans les environs, ils y ont grandi, souvent en cité HLM, ils ont fait de brillantes études ou sont passés par la case prison pour trafic de drogue et c’est l’aventure théâtrale qui va les réunir le temps d’un projet de spectacle sur la vie des jeunes hommes de banlieue.
La pièce de théâtre s’écrira au fil de l’eau, à partir de leurs témoignages, de leurs confidences livrées en toute confiance à la directrice du théâtre et à l’auteure du texte en gestation, Dorothée Zumstein. Elle s’inspirera de leurs histoires respectives, elle s’inspirera par exemple de ce jeune homme pakistanais par son père, français par sa mère qui confie son addiction passée au cannabis :
« Je retrouve de l’ambition. Je l’avais perdue parce que je fumais beaucoup. Fumer, c’est fuir. Fumer, c’est empêcher l’ennui. »
Le texte s’écrira aussi à partir des propos de cet autre jeune homme qui regrette d’avoir été dealer :
« Je vendais de la mort, j’étais un vendeur de mort »
Un autre confiera qu’il s’est mis au trafic parce qu’il ne savait pas quoi faire de son été et qu’il a fini par prendre goût à l’argent facile. « Il fallait jouer un rôle, le rôle du mec viril. »
Ego, oisiveté, manque de perspectives… C’est cette parole que les deux femmes recueilleront pendant des semaines et mettront en forme puis en scène.
Mais la vie en cité et ses « aléas » comme le dit l’un d’eux, n’empêche pas d’avoir envie de s’en sortir et d’avoir des rêves comme celui de créer une ferme, de devenir maraicher et pourquoi pas d’accueillir des visiteurs le week-end.
La force du projet, c’est qu’il part de la vie des habitants, de leurs témoignages bruts et qu’il est joué devant les habitants eux-mêmes, à domicile, dans les appartements, « dans les tours », parfois devant les familles, devant des mères émues de découvrir les doutes et les colères de leur garçon. Les choses n’avaient jamais été dites avant, souvent par pudeur.
« C’est bien, c’est naturel, ça enlève les barrages » dit l’une des mamans spectatrices.
« Maintenant on se sent plus intéressant » conclura l’un des garçons.
Retrouvez le documentaire « Là où tout se joue. Du théâtre dans les tours » de Julie Chauvin » le 12 août à 21h puis en replay sur notre site internet ici.
La commission d’enquête sur « les zones grises de l’information » poursuit ses travaux au Sénat. Trois responsables de médias engagés – Blast, StreetPress et Basta ! – étaient auditionnés ce mardi 14 avril. Les intervenants ont en particulier été interrogés sur la limite à définir entre information et opinion. Mais aussi sur leur modèle de financement, qui demeure fragile. « C’est impossible de travailler sur un sujet sans aller chercher les versions de toutes les parties prenantes », a assuré Johan Weisz, fondateur de StreetPress, devant les sénateurs.
Le décret reportant la majoration pour âge de 14 à 18 ans, dans le versement des allocations familiales, va peser sensiblement sur les ressources de centaines de milliers de familles dès cette année, et beaucoup plus dans les années à venir.
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Interrogés mardi 7 avril par la commission sénatoriale sur les « zones grises de l’information », les médias Mediapart, Disclose et Off Investigation ont voulu insister sur leur indépendance éditoriale. De quoi marquer leur opposition à la concentration des médias et à « la captation des aides publiques à la presse par quelques groupes ».