Enseignement à distance : « le gouvernement prend les mêmes mesures que l’année dernière, rien de plus », dénonce Catherine Belrhiti

Enseignement à distance : « le gouvernement prend les mêmes mesures que l’année dernière, rien de plus », dénonce Catherine Belrhiti

Les écoles, collèges et lycées de tout le territoire seront fermés pendant trois à quatre semaines, du fait de la propagation soutenue du coronavirus dans les établissements scolaires. Cette décision entraîne la reprise des cours en ligne, ce qu’ont condamné plusieurs sénateurs. Ils appellent à un maintien des épreuves du baccalauréat en juin.
Public Sénat

Par Joseph Stein

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C’est reparti pour un tour. Un peu plus d’un an après le premier confinement, Emmanuel Macron a annoncé le 31 mars la fermeture de tous les établissements scolaires à partir de la semaine prochaine.

C’est donc le retour de l’enseignement à distance pour quelque douze millions d’élèves. A partir de mardi 6 avril, ils suivront en effet une semaine de cours chez eux, avant deux semaines de vacances, qui seront les mêmes pour les trois zones. « L’élève français sera celui qui aura eu l’année scolaire la moins anormale possible, la plus continue », a expliqué Jean-Michel Blanquer sur RTL le 1er avril, « ce que je rappelle est une exception dans le monde ».

Le ministre de l’Education nationale a par ailleurs assuré que l’institution scolaire détient les ressources en ligne lui permettant de garantir une « continuité pédagogique de qualité ». Un avis que ne partage pas le SNES-FSU, la principale organisation syndicale dans l’enseignement secondaire. « Sans doute, l’enseignement à distance se déroulera un peu plus facilement pour les enseignants que l’année dernière, car ils ont tiré une certaine expérience, mais l’institution ne les a pas vraiment aidés », considère Frédérique Rolet, secrétaire générale du SNES-FSU.

Manque de formation aux outils numériques

« On ne peut pas suivre l’emploi du temps normal de cours, on ne peut pas imposer des visioconférences aux élèves de 8 heures à 17 heures, l’enseignement à distance nécessite beaucoup de réorganisation », explique la représentante syndicale, « mais les délais sont très courts, tout est décidé au dernier moment. » Dans son rapport public de 2021, la Cour des comptes relève en outre un manque de formation des enseignants aux outils numériques, afin de les aider à pratiquer l’enseignement à distance.

La sénatrice LR Catherine Belrhiti conçoit le retour des cours à domicile, au vu de l’accélération des variants. Néanmoins, elle dénonce « qu’au bout d’un an, le gouvernement prend les mêmes mesures que l’année dernière, rien de plus ». La sénatrice s’indigne que rien ne soit fait pour atténuer les effets des cours à la maison, alors que cette modalité est « extrêmement compliquée pour les élèves, la plupart d’entre eux ne sont pas équipés. Quand ils sont à la maison, il n’y a pas toujours suffisamment d’équipements informatiques à la fois pour les enfants et leurs parents en télétravail. » Durant le premier confinement, les collectivités territoriales ont fourni en tablettes ou ordinateurs portables une partie des élèves qui en ont besoin.

« Un syndrome Parcoursup qui continue »

Le sénateur communiste Pierre Ouzoulias regrette pour sa part que l’enseignement à distance « va accroître les inégalités sociales, il rend les conditions d’apprentissage plus difficiles pour les enfants des familles défavorisées », dans lesquelles les parents ont moins de temps ou de ressources pour faire les classes à leurs enfants. Le sénateur des Hauts-de-Seine estime que la fermeture des écoles est dans la continuité de la politique de l’exécutif depuis 2017 : « Le gouvernement a toujours gommé les disparités sociales, prenant les élèves de manière isolée, sans prendre en compte leur milieu social. C’est un syndrome Parcoursup qui continue. »

Avec la reprise des cours en ligne se pose avec plus d’acuité la question du maintien des épreuves du baccalauréat en fin d’année. Pour la première année du bac réformé par Jean-Michel Blanquer, les épreuves de spécialité, devant se dérouler à partir de la mi-mars, ont été annulées. Ces matières seront évaluées au contrôle continu. Pour le moment, le grand oral et les épreuves de philosophie et de français sont toujours prévus en juin, comme l’a rappelé le ministre de l’Education nationale.

Maintien des épreuves de juin pour le moment

« Tout ce qui peut être maintenu va dans le bon sens », affirme le sénateur centriste Laurent Lafon, président de la commission de la culture et de l’éducation. La sénatrice de la Moselle Catherine Belrhiti approuve : « Il faut revenir vers des examens normaux, mais pour cela, la situation sanitaire doit s’améliorer, le gouvernement doit donc prendre des décisions dans ce sens. »

Pierre Ouzoulias juge aussi préférable de maintenir les épreuves de bac communes à tous les lycéens, pour lui « le contrôle continu est une solution catastrophique, il ne met pas les élèves dans les mêmes conditions d’examen, il n’y a pas d’égalité des chances. » Le sénateur communiste propose de décaler si nécessaire ces épreuves en septembre, à la période où l’on organisait les épreuves de rattrapage durant les années passées.

Hybridation de l’enseignement au collègue

De son côté, le SNES-FSU demande un aménagement des épreuves de français et de philosophie « car les élèves n’ont pas pu voir toutes les notions et tous les textes », confie Frédérique Rolet. La syndicaliste souhaite également un « moratoire du grand oral cette année, parce que personne n’a pu le préparer dans de bonnes conditions ».

Pas de décision du gouvernement à ce sujet pour le moment. Ce que l’on sait toutefois, c’est que les crèches et écoles maternelles et élémentaires devraient rouvrir le 26 avril. Les établissements du secondaire, quant à eux, devraient accueillir à nouveau leurs élèves la semaine suivante, avec la possibilité d’un enseignement hybride, en partie en établissement et à la maison. Jusqu’à présent, cette possibilité n’existait que pour les lycées.

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