Euthanasie, suicide assisté, soins palliatifs : tout comprendre sur la fin de vie en France
La Convention citoyenne sur la fin de vie débute ses travaux le 9 décembre. Elle planchera pour plusieurs semaines sur la question de la fin de vie et la manière dont elle est prise en charge en France. Mais entre l’euthanasie, le suicide assisté, les soins palliatifs, les lois Leonetti et Claeys-Leonetti, il est difficile de démêler les pratiques entre elles et ce qui est légal de ce qui ne l’est pas. Mise au point.

Euthanasie, suicide assisté, soins palliatifs : tout comprendre sur la fin de vie en France

La Convention citoyenne sur la fin de vie débute ses travaux le 9 décembre. Elle planchera pour plusieurs semaines sur la question de la fin de vie et la manière dont elle est prise en charge en France. Mais entre l’euthanasie, le suicide assisté, les soins palliatifs, les lois Leonetti et Claeys-Leonetti, il est difficile de démêler les pratiques entre elles et ce qui est légal de ce qui ne l’est pas. Mise au point.
Mathilde Nutarelli

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Ce 9 décembre, la Convention citoyenne sur la fin de vie débute ses travaux au Conseil économique, social et environnemental (Cese). Cette instance, composée de 150 participants tirés au sort, siégera lors de neuf week-ends, jusqu’en mars 2023, pour répondre à la question suivante : « le cadre d’accompagnement de la fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d’éventuels changements devraient-ils être introduits ? ». Mais quel est le cadre actuel d’accompagnement de la fin de vie en France ? Entre euthanasie, suicide assisté, sédation profonde, il est difficile de bien différencier toutes ces pratiques et de démêler ce qui est légal de ce qui ne l’est pas. Mise au point.

  • Ce qui est légal en France

La réflexion sur la fin de vie en France s’est enclenchée en 1999, avec la loi visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs. Les soins palliatifs concernent tous les soins qui ont pour but de soulager la souffrance de patients qui vont mourir dans un moyen ou court terme, c’est-à-dire dans les mois ou l’année à venir. En France, il existe des unités dans les hôpitaux, qui dispensent ces soins.

Le droit français a ensuite évolué avec la loi Leonetti de 2005, du nom du député Jean Leonetti. Celle-ci entérine le droit au refus d’obstination déraisonnable et le droit au refus de tout traitement. Ce texte permet ainsi aux patients de refuser l’obstination déraisonnable, aussi connue sous le nom d’acharnement thérapeutique, c’est-à-dire les soins « inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie ». Il consacre également la limitation de soins, également appelée « euthanasie passive », qui consiste à l’arrêt, sur demande du patient, des soins ou traitements qui le maintiennent en vie.

La dernière loi en date sur le sujet est la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016. Elle va plus loin que la loi de 2005, puisqu’elle interdit l’obstination déraisonnable. Elle entérine également le rôle des directives anticipées et de la personne de confiance. Les directives anticipées sont des instructions, laissées par le patient, exposant ce qu’il souhaite s’il n’est plus capable de s’exprimer. Ces directives doivent être rédigées suite à une consultation d’un professionnel de santé. La personne de confiance, désignée par le patient, est celle qui est chargée de porter sa parole exprimée dans ses directives anticipées, le jour où il est dans l’incapacité de s’exprimer. Suite à la loi de 2016, elles sont contraignantes pour les médecins.
Enfin, la loi Claeys-Leonetti autorise sous conditions le recours à la sédation profonde et continue jusqu’au décès. Cette pratique consiste, d’après le Centre national Fin de vie soins palliatifs, à « endormir profondément et durablement un patient atteint d’une maladie grave et incurable » afin de le soulager, lorsque le décès est attendu « à très court terme » (quelques jours maximum).

Ainsi, en France, ce qu’on peut appeler l’euthanasie passive est légale, tout comme la sédation profonde. D’autres pratiques, en revanche, ne sont pas autorisées

  • Ce qui est illégal en France

Des pratiques concernant la fin de vie demeurent illégales en France. C’est le cas de l’euthanasie active, qui consiste, pour un médecin, à pratiquer un acte qui précipite la mort d’un patient à sa demande (ou à celle d’un de ses proches s’il ne peut pas s’exprimer).

Dans le même sens, le suicide assisté n’est pas autorisé en France. Il consiste, pour un médecin, à prescrire les médicaments qui permettraient au patient qui le demande de se donner la mort.

L’euthanasie active et le suicide assisté sont autorisés dans plusieurs pays occidentaux. Ainsi, l’euthanasie est légale en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg ou en l’Espagne. Ces deux derniers pays autorisent également le suicide assisté, aux côtés de la Suisse ou encore l’Autriche.

Partager cet article

Dans la même thématique

« On se sera battu jusqu’au bout » : la droite sénatoriale prépare ses recours au Conseil constitutionnel contre la loi sur la fin de vie
6min

Société

 « On se sera battu jusqu’au bout » : la droite sénatoriale prépare ses recours au Conseil constitutionnel contre la loi sur la fin de vie

Sur le projet de loi relatif à la fin de vie, qui devrait être définitivement adopté le 15 juillet, Gérard Larcher va déposer un recours pour vérifier la constitutionnalité des dispositions. Une procédure rare. Les sénateurs de la majorité sénatoriale de droite et du centre feront eux aussi leur propre saisine.

Le

French L1 football match between Olympique Lyonnais (OL) and Le Havre AC
4min

Société

Droits TV, LFP, rémunération des dirigeants : le Sénat et l’Assemblée tombent d’accord sur le texte encadrant le sport professionnel

La commission mixte paritaire sur la proposition de loi encadrant le sport professionnel qui s’est tenue ce mercredi a été conclusive. Députés et sénateurs se sont mis d’accord sur le plafonnement des rémunérations des dirigeants du foot français, avec des dérogations, ainsi que sur plusieurs mesures de régulation du secteur. L’interdiction de la multipropriété adoptée à l’Assemblée nationale a en revanche été écartée.

Le

Euthanasie, suicide assisté, soins palliatifs : tout comprendre sur la fin de vie en France
9min

Société

Affaire Lyhanna : la commission d’enquête du Sénat se penche sur les défaillances de la procédure qui visait déjà Jérôme Barella

Les auteurs du pré-rapport d’inspection commandé après la mort de Lyhanna ont été auditionnés ce mercredi 8 juillet par la commission d’enquête du Sénat sur la mise en œuvre des politiques pénales. Ils sont revenus en détail sur les défaillances autour du traitement de la plainte pour viol qui visait déjà Jérôme Barella, le meurtrier présumé de la collégienne. Malgré cette procédure, ce dernier ne faisait l’objet d’aucune mesure d’instruction particulière.

Le