Evacuation place de la République : « Comment comptez-vous recoudre le lien entre forces de l’ordre et citoyens ? » questionne Jérôme Durain
Revenant sur la violente évacuation du campement de migrants, ce lundi place de la République, les sénateurs Philippe Dallier (LR) et Jérôme Durain (PS) ont interpellé le gouvernement sur cet évènement. La ministre déléguée en charge de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a défendu la nécessité « de traiter ces personnes avec humanité », soutenant que « quelques actions isolées » ne devaient pas « jeter l’opprobre sur l’ensemble de la police ».

Evacuation place de la République : « Comment comptez-vous recoudre le lien entre forces de l’ordre et citoyens ? » questionne Jérôme Durain

Revenant sur la violente évacuation du campement de migrants, ce lundi place de la République, les sénateurs Philippe Dallier (LR) et Jérôme Durain (PS) ont interpellé le gouvernement sur cet évènement. La ministre déléguée en charge de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a défendu la nécessité « de traiter ces personnes avec humanité », soutenant que « quelques actions isolées » ne devaient pas « jeter l’opprobre sur l’ensemble de la police ».
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Les images sont devenues virales. Ce lundi, dans la soirée, les forces de l’ordre ont procédé à l’évacuation d’un campement de migrants, installé place de la République à Paris. Des vidéos, mises en lignes par des journalistes présents sur place, rendent compte de la violence des policiers envers les migrants évacués et les journalistes qui couvraient l’événement. Le lendemain, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a qualifié de « choquantes » les images dévoilées et ordonné une enquête de l’IGPN. Ce mercredi, à l’occasion de la séance hebdomadaire des questions au gouvernement, le sujet a été abordé par les sénateurs, dépassant les clivages politiques.

« Force est de constater que, malgré des moyens budgétaires toujours plus importants, en 2020, nous sommes toujours dépassés par la situation, ce qui n’est pas humainement acceptable et laisse supposer que le flux de migrants continue de progresser », constate d’abord le sénateur Les Républicains Philippe Dallier. « Avez-vous les moyens de la politique de gestion des flux migratoires que le gouvernement affiche ? ». « Le préfet Lallement a demandé un rapport sur les faits qui se sont déroulés ce lundi, place de la République. Le contenu de ce rapport a été livré à Gérald Darmanin qui a, lui aussi, demandé un rapport, à l’IGPN, cette fois », renchérit le sénateur socialiste Jérôme Durain. « Mais le seul rapport qui nous intéresse, et qu’il faut changer, c’est le rapport de la police avec les citoyens. Votre gouvernement prétend protéger policiers et gendarmes, mais les expose en continuant de creuser le fossé entre eux et les citoyens. Vous voulez une police qui sert le pouvoir quand nous voulons une police de la République. Allez-vous siffler la fin de la partie ? Et comment comptez-vous recoudre le lien entre forces de l’ordre et citoyens ? », interroge le sénateur.

« Je ne crois pas que quelques actions isolées doivent jeter l’opprobre sur l’ensemble de la police »

Schiappa : "Quelques actions isolées ne doivent pas jeter l'opprobre sur l'ensemble de la police"
02:46

 

Répondant à l’interpellation de Jérôme Durain, la ministre déléguée en charge de la Citoyenneté évacue la question du rapport entre la police et les citoyens : « Je ne crois pas que quelques actions isolées doivent jeter l’opprobre sur l’ensemble de la police de la République, qui permet de maintenir le maintien de l’ordre républicain », affirme-t-elle. Revenant sur l’évacuation du « campement illégal » de la place de la République, Marlène Schiappa soutient que le « fond du sujet » est bien la question de « l’hébergement et de la mise à l’abri de ces personnes, qui doivent être traitées avec humanité ». « Nous assumons que l’Etat finance la mise à l’abri et l’hébergement de personnes venues chercher une vie meilleure », assure la ministre.

« Merci pour cette leçon de morale », ironise, dans sa réponse, le sénateur socialiste. « Nous aimons les policiers de la République, lorsqu’ils sont bien utilisés, et pas prisonniers de l’ambition d’un homme qui cherche toujours à en faire un peu plus », accuse-t-il, ciblant le ministre de l’Intérieur. Et de conclure : « Une chose est sûre : en matière de sécurité publique et de liberté publique, le macronisme n’a qu’une main, et c’est une main droite. »

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