Explosion à Beyrouth : « On craint une famine », selon la sénatrice Christine Lavarde
La capitale libanaise a été en partie dévastée par une explosion sur le port. La sénatrice et présidente du groupe interparlementaire France-Liban, qui doit se rendre au pays du Cèdre en septembre, craint que ce sinistre accèlère la crise alimentaire.

Explosion à Beyrouth : « On craint une famine », selon la sénatrice Christine Lavarde

La capitale libanaise a été en partie dévastée par une explosion sur le port. La sénatrice et présidente du groupe interparlementaire France-Liban, qui doit se rendre au pays du Cèdre en septembre, craint que ce sinistre accèlère la crise alimentaire.
Public Sénat

Par Michael Pauron

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La situation est encore confuse ce mercredi 5 août, mais tout le monde s'accorde sur un fait : l'explosion qui a eu lieu à Beyrouth le 4 août en fin de journée est une catastrophe qui aura des conséquences dramatiques pour le Liban. La détonation dont un gigantesque stock de nitrate d'ammonium entreposé depuis six ans serait à l'origine, a fait au moins 100 morts et 4 000 blessés, selon la Croix-Rouge.

Jointe par Pubic Sénat, la sénatrice LR Christine Lavarde, présidente du groupe interparlementaire France-Liban, raconte avoir été informée « tôt hier [4août]. Nous devons y aller en mission en septembre, nous avons donc des contacts étroits avec le pays. Depuis hier, j'ai notamment eu des échanges avec l'ambassadeur du Liban en France et mon homologue libanais au Parlement », confie-t-elle.

 

Le spectre d'une famine accéléré

L'explosion a été d'une telle intensité qu'elle a été enregistrée par les capteurs de l’institut américain de géophysique (USGS) comme un séisme de magnitude 3,3. Le souffle a été ressenti jusque sur l’île de Chypre, à plus de 200 kilomètres de là. L'épicentre, en plein coeur de Beyrouth, n'est plus qu'un trou béant.

Selon les premiers échanges que la sénatrice a eu, l'explosion aurait en effet détruit en grande partie le port de Beyrouth, infrastructure stratégique pour les importations alimentaires dont dépend fortement le pays. « Des réserves de blé étaient a priori stockées sur le port et auraient été touchées. Mes interlocuteurs me disent que la famine qu'ils craignaient dans 4 mois pourrait commencer dans une semaine. »

« La France a toujours été présente »

Ce sinistre vient en effet s'ajouter à une crise économique qui a plongé 50% des libanais sous le seuil de pauvreté. Depuis le début de celle-ci, la France est accusée, notamment par le ministre de l’Intérieur Mohammad Fahmi, de ne pas soutenir assez le pays du Cèdre dont elle est historiquement très proche.

« La France a toujours été présente, à travers l'Agence française de développement, les écoles, et globalement dans la coopération décentralisée », tempère Christine Lavarde, « lors de sa visite dans le pays [le 23 juillet] Jean-Yves Le Drian [le ministre des Affaires étrangères] a cependant rappelé que l'État libanais devait se réformer et lutter contre la corruption ».

« La diaspora et les amis du Liban vont se mobiliser »

Le président français a annoncé une série d'aides, dont des militaires et des médecins : 

 

La présidente du groupe interparlementaire estime de son côté que « la diaspora libanaise, comme tous les amis du Liban, vont très certainement se mobiliser très rapidement ».

 

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