Face aux surcoûts énergétiques, la SNCF devrait prochainement augmenter ses tarifs
Face à la hausse des prix de l’énergie, la SNCF, entreprise particulièrement énergivore, va devoir augmenter ses tarifs. Reste à savoir quels usagers et quelles lignes seront ciblés. Une hausse qui met en lumière les tensions entre la SNCF et l’Etat autour de la trajectoire financière de l’entreprise.

Face aux surcoûts énergétiques, la SNCF devrait prochainement augmenter ses tarifs

Face à la hausse des prix de l’énergie, la SNCF, entreprise particulièrement énergivore, va devoir augmenter ses tarifs. Reste à savoir quels usagers et quelles lignes seront ciblés. Une hausse qui met en lumière les tensions entre la SNCF et l’Etat autour de la trajectoire financière de l’entreprise.
Louis Mollier-Sabet

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Alors que la SNCF ouvre ce mercredi 5 octobre la vente des billets pour les fêtes, la SNCF devrait prochainement augmenter ses tarifs. Rien de surprenant pour l’entreprise la plus gourmande en consommation électrique du pays, représentant 1 à 2 % de la consommation française d’électricité. Avec l’explosion des coûts de l’énergie, les entreprises les plus énergivores peuvent soit absorber les surcoûts par du déficit, soit répercuter la hausse sur leurs prix. Dans le cas d’une entreprise nationale comme la SNCF, il existe une option supplémentaire : que l’Etat prenne en charge les coûts générés par ces tensions sur le marché européen de l’électricité. D’après le Parisien, seule la hausse des prix serait sur la table à l’heure actuelle, mais avec deux variantes encore ouvertes : une hausse généralisée des tarifs, ou bien une augmentation « différenciée », qui ciblerait la clientèle « affaires » ou les lignes à grande vitesse les plus fréquentées, afin d’éviter de porter atteinte aux « trains du quotidien. »

« Bien sûr qu’on préfère faire peser les éventuelles augmentations sur les voyageurs occasionnels que sur ceux du quotidien », explique Philippe Tabarot, sénateur LR et rapporteur du budget des Transports au Sénat. « Mais pour les transports du quotidien, la patate chaude va revenir aux régions, alors même que la compétence ferroviaire est de plus en plus lourde à porter », continue-t-il. « Pour ce qui est du reste, il faut choisir entre la clientèle d’affaires et de loisirs. On aurait tendance à se dire que la clientèle d’affaires a plus les possibilités et les moyens pour pouvoir prendre en charge le surcoût énergétique sur le billet ; d’un autre côté c’est la clientèle qui est le moins bien revenue après le covid. Aujourd’hui, les chiffres moins bons qu’avant covid sont exclusivement dus au non-retour de la clientèle d’affaires, donc il n’y a pas de solution simple et claire. »

À moyen terme, la SNCF mise sur les renouvelables pour atténuer sa dépendance aux prix de l’énergie

En tout état de cause, l’option d’une reprise de dette par l’Etat est définitivement écartée. Celui-ci refuse déjà de revoir le contrat de performance passé avec SNCF Réseau, qui, de l’avis de nombreux observateurs et de la SNCF elle-même, acte une trajectoire financière d’assainissement qui ne permet pas, ne serait-ce que de maintenir le réseau ferroviaire dans l’état actuel. Les tensions autour de ce contrat et des injonctions contradictoires données à SNCF Réseau ont même précipité le départ de l’ex-PDG de l’entreprise, Luc Lallemand, remplacé par son ancien numéro 2, Matthieu Chabanel, qui n’a pour le moment pas bénéficié de nouveaux engagements de l’Etat. Dans ce contexte, difficile d’imaginer l’Etat reprendre le déficit dû à l’explosion des prix de l’énergie. « Ils peuvent taper à la porte du gouvernement je pense qu’on ne leur répondra pas, personne ne fera de geste », lâche Philippe Tabarot. L’assainissement budgétaire étant resté l’objectif numéro 1 fixé à l’opérateur national, il ne reste donc à la SNCF plus que l’option d’augmentation des prix, même si Jean-Pierre Farandou s’était engagé devant le Sénat à ce que la hausse des prix de l’énergie « ne se répercute pas à 100 % sur les clients. » La SNCF prendra donc à sa charge une partie du « surcoût » de 1,6 ou 1,7 milliard d’euros, avait précisé le PDG, l’enjeu étant la proportion exacte de cette prise en charge. À titre d’indication, Jean-Pierre Farandou avait précisé que « Si on répercutait directement sur le coût du billet – ce qu’on ne va pas faire, je vous rassure – on serait amené à augmenter le prix des billets de TGV de 10 %. »

À l’heure actuelle, on sait donc seulement que cette éventuelle hausse sera comprise entre 0 et 10 % du prix des billets, à court terme en tout cas, puisque SNCF Voyageurs annonce qu’une décision doit être entérinée dans le « courant de l’automne. » Parce qu’à moyen terme, la SNCF développe des solutions pour être moins dépendantes des variations de prix sur les marchés de l’énergie. Au cours d’auditions menées par le rapporteur (LR) de la loi sur le développement des énergies renouvelables, Didier Mandelli, la SNCF aurait confié pouvoir consacrer plus de 1500 hectares au développement d’installations photovoltaïques et ainsi être en autosuffisance énergétique à hauteur de 25 %. Cette loi entendait en effet piloter le développement d’énergies renouvelables dans des zones inusitées et peu sensibles au niveau biodiversité, comme les bords d’autoroutes ou de lignes de chemin de fer. « Les perspectives sont plutôt intéressantes pour le moyen terme, par contre pour le court terme, cela va être compliqué pour les opérateurs et les autorités organisatrices », résume ainsi Philippe Tabarot.

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