Fake news : Reporters sans frontières lance un système d’autocontrôle
Alors qu’une série d’auditions sur le thème des fake news se déroule au Sénat, ce jeudi, Reporters sans frontières présentait, ce matin, son projet de certification des médias : le « Journalism trust initiative » (JTI)

Fake news : Reporters sans frontières lance un système d’autocontrôle

Alors qu’une série d’auditions sur le thème des fake news se déroule au Sénat, ce jeudi, Reporters sans frontières présentait, ce matin, son projet de certification des médias : le « Journalism trust initiative » (JTI)
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L’association Reporters sans frontières (RSF) présentait ce matin son projet de certification des médias, le « Journalism trust initiative » (JTI), destinée à répondre à la propagation des « fake news » les fausses nouvelles sur les réseaux sociaux. « Le projet, c’est de créer des indicateurs… de ce que doit respecter le journaliste, digne de ce nom, en matière de transparence, d’indépendance, de méthodes journalistiques et de respect des principes déontologiques. Ça permettra de certifier des médias. C'est-à-dire que plutôt d’entrer dans des logiques de censure, on dit positivement quel média présente des garanties » explique Christophe Déloire, secrétaire général de RSF.

Les réseaux sociaux et les moteurs de recherche pourraient ensuite choisir de mettre en avant les médias certifiés par le JTI dans leurs algorithmes. Quant aux annonceurs, ils privilégieraient ces médias pour leurs campagnes publicitaires. RSF suggère également que ces normes puissent servir de « référence » pour les instances de régulation (comme les conseils de la presse qui existent dans la majorité des pays européens et au Québec) et pour les critères d'attribution des aides publiques à la presse.

Le « Journalism trust initiative » a d'ores et déjà reçu trois soutiens de poids: l'Agence France-Presse (AFP), l'Union européenne de Radio-Télévision (UER, l'alliance des médias européens de service public), et le Réseau mondial des rédacteurs en chef (Global editors network ou GEN, qui revendique 2.300 adhérents).

Deux propositions de lois sur les fake news

Parallèlement à cette initiative d’autocontrôle, deux propositions de lois (ordinaire et organique) portées par deux députés de la majorité, Naïma Moutchou et Gabriel Attal devraient être examinées en mai à l’Assemblée nationale.  Et certaines pistes inquiètent déjà les journalistes. Ce texte sur « confiance et la fiabilité de l'information », préparé avec la ministre de la Communication, Françoise Nyssen envisage, par exemple, durant les périodes pré-électorale et électorale, de permettre à la justice de faire cesser en référé la diffusion de fausses informations. Il reviendrait également au Conseil supérieur de l’audiovisuel la possibilité d’empêcher, de suspendre ou de mettre fin à la diffusion de services de télévision contrôlés « par un État étranger ou sous l’influence de cet État », et qui portent atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou participent à une entreprise de déstabilisation de ces institutions.

Au Sénat,  la sénatrice centriste de l’Orne, Nathalie Goulet avait déposé une proposition de loi visant à  faire de la diffusion de fake news, un délit pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison et 100 000 euros d’amende.

« Très dangereux que les États s’accordent la responsabilité du tri de l’information »

« S’agissant du tri de l’information produite selon des processus honnêtes ou pas, ce serait très dangereux que ces États s’accordent cette responsabilité. C’est entrer dans une certaine manière dans une logique de censure. Mais ce serait tout aussi dangereux de déléguer ça à des plateformes qui sont aveugles sur la manière avec laquelle ont été produits ces processus » estime Christophe Deloire.  Michèle Leridon directrice de l’information l’AFP ne craint pas, elle, « une censure généralisée » mais  « plutôt que le juge des référés soit dans l’incapacité de trancher et quelque part conforter l’auteur de la fake news ».

 

 

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