Fessenheim : premier pas vers la fermeture
Le conseil d’administration d’EDF a voté le protocole d’indemnisation du groupe pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Toutefois la fin d’autorisation d’exploitation du site n’est pas encore entérinée.

Fessenheim : premier pas vers la fermeture

Le conseil d’administration d’EDF a voté le protocole d’indemnisation du groupe pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Toutefois la fin d’autorisation d’exploitation du site n’est pas encore entérinée.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

S’il n’a pas tenu sa promesse de fermer la plus vieille centrale nucléaire Française (1978) durant son quinquennat, François Hollande pourra peut être se targuer d’avoir tenu cet engagement. Ce mardi, le conseil d’administration d’EDF  a voté le protocole d’indemnisation du groupe consécutif à la fermeture anticipée de Fessenheim. L’Etat, actionnaire à 85% de l’électricien, devra verser à EDF plus de 450 millions d’ici 2021. Auxquels pourront s’ajouter des indemnités versées jusqu’en 2041, fixées sur différents paramètres, comme l’évolution du prix de l’électricité.

Cet accord a été l’objet d’une longue négociation entre les différentes parties comme le résumait en avril dernier Jean-Bernard Levy auditionné devant la commission des affaires économiques du Sénat. « Il y a un préjudice subi par EDF du fait de la privation qu'aura EDF lors de la fermeture d'un outil nucléaire (...) qui fonctionne bien (...). Et donc le préjudice qui est, je crois, indiscutable, nécessite d'être chiffré » estimait-t-il tout en confirmant que la fermeture de Fessenheim serait effective lors de la mise en service de l’EPR de Flamanville « à l’horizon de la fin 2018 ». La voix du PDG d’EDF est prépondérante en cas de partage des votes au conseil d’administration du groupe. Ce fut le cas ce mardi, les 6 représentants des salariés ont voté contre la fermeture. Les 6 administrateurs indépendants parmi lesquels Jean-Bernard Levy ont voté pour. Deux éléments ont pesé dans la décision.

En effet, EDF a obtenu une extension du délai de l'autorisation de création de l'EPR en construction à Flamanville, qui arrive à échéance en avril prochain, alors que le réacteur n'entrera pas en service avant deux ans du fait des retards sur le chantier. L'électricien a également obtenu l'assurance de pouvoir redémarrer le réacteur n°2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime), à l'arrêt depuis mai 2015 alors que la loi prévoit qu'un réacteur à l'arrêt depuis plus de deux ans doit être considéré comme en arrêt « définitif ».

Les salariés de la centrale nucléaire de Fessenheim étaient mobilisés  devant la centrale depuis lundi. Les syndicats  s’opposent à la fermeture où travaillent 850 agents EDF et environ 250 salariés d'entreprises prestataires. En 2014, un rapport parlementaire estimait que « la fermeture  aurait un impact immédiat sur près de 2 000 emplois et sur les revenus de 5 000 personnes dans la région ».

Engagement numéro 41 du candidat Hollande, la fin de l’exploitation de la doyenne des centrales nucléaires françaises était accolée à l’ « achèvement du chantier de l’EPR de Flamanville ». Votée en 2015,  la loi de transition énergétique prévoit de passer de 75% à 50% la part de l’atome dans la production électrique française à l’horizon 2025 et plafonne les capacités de production nucléaire à leur niveau actuel de 63,2 gigawatts (GW).

La validation de l'indemnisation est un préalable au dépôt par EDF d'une demande d'abrogation de l'autorisation d'exploiter Fessenheim, dont le vote par le conseil d'administration a été reporté à plus tard. Le gouvernement devra ensuite entériner la fermeture en prenant un décret d'abrogation. La question est de savoir si le décret interviendra avant la fin du quinquennat de François Hollande.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Journee mondiale de lutte contre le Sida
5min

Société

VIH : « La sérophobie doit être inscrite comme une discrimination à part entière », plaide la sénatrice écologiste Anne Souyris

Ce lundi était organisé au Sénat un colloque avec les Etats généraux des personnes vivant avec le VIH. Cette initiative, portée par les sénateurs Rémi Féraud (PS) et Anne Souyris (Les Écologistes), visait à présenter leur proposition de loi pour inscrire la sérophobie comme une discrimination « à part entière.

Le

French High School Students Take Part in “Act 4” Protest in Paris
4min

Société

Mouvements lycéens : Le point sur les mobilisations et blocages

La mobilisation des lycéens se poursuit de jeudi pour l’acte IV, rejoint par les étudiants. Les syndicats appellent à de nouveaux rassemblements dans plusieurs villes. Les trois syndicats lycéens doivent être reçus dans l'après-midi par les ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, réclamant des mesures concrètes.

Le