Aide à mourir : « Un certain nombre de critères du président vont dans le sens du Sénat », veut croire Hervé Marseille

Dans une interview à La Croix et à Libération, Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur d’une « aide à mourir » et annonce l’examen d’un projet de loi au Parlement en mai. Un texte que le Sénat pourrait adopter, indique le président du groupe centriste Hervé Marseille.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Ce dimanche, dans un entretien pour La Croix et Libération, Emmanuel Macron a annoncé qu’un projet de loi sur la fin de vie serait présenté en Conseil des ministres au mois d’avril. Le texte, qui devrait être examiné par le Parlement au mois de mai, permettra « de demander une aide à mourir sous certaines conditions strictes » : les patients devront être majeurs, « capables d’un discernement plein et entier », atteints d’une maladie conduisant à engager « à court ou à moyen terme » leur pronostic vital.

Invité de la matinale de Public Sénat ce 11 mars, le président du groupe centriste au Sénat Hervé Marseille estime qu’un tel projet de loi pourrait obtenir l’adhésion des sénateurs. « Il y a un certain nombre de critères que j’observe dans les déclarations du président qui vont dans le sens de ce que le Sénat a toujours pensé », indique-t-il.

« On ne parle pas d’euthanasie, on ne parle pas de suicide assisté »

Le projet de loi présenté par Emmanuel Macron dans les médias ne contient pas les mots euthanasie ou suicide assisté, mais mentionne plutôt une « aide à mourir ». Un choix de vocabulaire qui convient à Hervé Marseille : « On ne parle pas d’euthanasie, on ne parle pas de suicide assisté, c’est une situation très particulière de gens qui n’ont pas de rémission possible, qui sont au bout d’une vie qui n’est que douleurs. »

Une position qui ne semble déjà pas faire l’unanimité au sein de la majorité sénatoriale. « Ce que propose Emmanuel Macron est bien une loi d’euthanasie », a réagi sur Twitter le président du groupe Les Républicains Bruno Retailleau. Pour Hervé Marseille, les votes de la droite seront très partagés : « Il n’y a pas de ligne, c’est surtout un choix intime et personnel. »

« Quand on parle de mort, c’est toujours un échec »

Ce texte sur la fin de vie devrait également comprendre un volet sur les soins palliatifs, avec la présentation d’une nouvelle stratégie décennale à la fin du mois de mars. Un passage essentiel pour Hervé Marseille, qui rappelle qu’ « un tiers des départements de ce pays n’ont pas de structure de soins palliatifs » : « Quand on parle de mort, c’est toujours un échec. Il faut d’abord défendre la vie. »

L’idée d’un référendum sur la question de la fin de vie, un temps envisagé par la majorité présidentielle, semble donc mise de côté. Une décision que salue Hervé Marseille : « Il faut arrêter de vouloir tout soumettre à référendum, ce sont des affaires qui méritent un débat parlementaire ». Le président de la République a déjà annoncé qu’il ne souhaitait pas le déclenchement d’une procédure accélérée pour l’examen du texte au Parlement, ce qui promet de longs débats.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Macron
5min

Société

Interdiction des téléphones portables, questionnaire sur les violences sexuelles ...Toutes les nouveautés à l’école en cette rentrée 2026 

Ce sont au total 11 607 600 élèves qui ont effectué leur rentrée scolaire aujourd’hui, dans les 57 700 écoles et établissements scolaires de France. Interdiction des téléphones portables, questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles : zoom sur toutes les nouveautés de ce mois de septembre 2026.

Le

BIDONVILLE A MAYOTTE
6min

Société

Immigration clandestine à Mayotte : « il faut arrêter avec la baisse de l’aide publique au développement » réagit le sénateur mahorais Thani Mohamed Soilihi

En visite cette semaine à Mayotte, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé plusieurs mesures pour mieux lutter contre l’immigration clandestine à Mayotte, notamment la conditionnalité de l’aide publique au développement à la coopération des pays voisins. Pour le sénateur de Mayotte Thani Mohamed Soilihi et ancien ministre chargé de la Francophonie, cette conditionnalité va dans le bon sens mais il faut stopper les coupes budgétaires dans l’aide au développement. 

Le

Aide à mourir : « Un certain nombre de critères du président vont dans le sens du Sénat », veut croire Hervé Marseille
3min

Société

« On a la capacité de recruter des profils de grandes sociétés américaines qui ont reculé sur le télétravail », se réjouit ce chef d’entreprise de la Tech

Le bureau d’Olivier Lambert n’est pas tout à fait celui de tout un chacun les jours ensoleillés. Aujourd’hui, il travaille dans son jardin. Cet entrepreneur de ‘cloud’ souverain dirige une entreprise de plus de 100 salariés en 100 % télétravail. Et ce n’est pas la conséquence de la pandémie, c’est un choix ! Dans Dialogue citoyen présenté par Quentin Calmet, il témoigne et interroge les sénateurs sur la façon d’appréhender le télétravail quand on est chef d’entreprise.

Le

Paris, March against sexual and gender-based violence
10min

Société

Violences sexuelles et sexistes :  malgré des avancées, la formation des forces de l’ordre reste à améliorer

Préjugés sexistes, violences minimisées, ou refus de plainte : les victimes qui ont le courage de pousser la porte d’un commissariat ou d’une gendarmerie doivent parfois affronter une nouvelle épreuve, celle du dépôt de plainte. Depuis le Grenelle contre les violences conjugales en 2019, la formation des forces de l’ordre sur les violences intra-familiales et les violences sexistes et sexuelles (VSS) a été renforcée. Pourtant, l’affaire Lyhanna a démontré qu’il existe encore de nombreux trous dans la raquette. Si la formation initiale des policiers et des gendarmes aux VSS est obligatoire, la formation continue des forces de l’ordre reste tributaire des dynamiques locales.

Le