Financement du service national universel : un « grand flou »
Mardi 5 février, le secrétaire d’État à la jeunesse, Gabriel Attal, était auditionné au Sénat au sujet du service national universel, dont la phase d’expérimentation débute en juin. Son financement inquiète les sénateurs.

Financement du service national universel : un « grand flou »

Mardi 5 février, le secrétaire d’État à la jeunesse, Gabriel Attal, était auditionné au Sénat au sujet du service national universel, dont la phase d’expérimentation débute en juin. Son financement inquiète les sénateurs.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« On a lancé un concours pour savoir quelle serait la couleur de l'uniforme, mais il n’y a pas un sou dans le budget », s’étonne Christian Cambon, président (LR) de la commission de la Défense au Sénat. Ce mardi, dès le début de l’audition de Gabriel Attal, secrétaire d’État à la jeunesse, le ton est donné : les sénateurs sont sceptiques quant au service national universel. D’autant que le début de sa phase test, prévue en juin, approche : la campagne de recrutement des 3 000 jeunes volontaires a été lancée hier.

Financement du service national universel : un « grand flou »
01:27

Les crédits de la phase test régularisés en projet de loi de finances rectificative

D’après Christian Cambon, la phase d’expérimentation du SNU coûterait 6 millions d’euros. 4 millions, lui oppose le secrétaire d’État à la jeunesse. Pas de quoi créer une ligne budgétaire dans la loi de finances 2019 selon Gabriel Attal, qui assure qu’« on est dans l’épaisseur du trait ». Et d’ajouter que « les crédits seront régularisés en projet de loi de finances rectificative ».

Le « grand flou » autour du financement du SNU

Reste le financement du service national universel à l’avenir, lorsqu’il « montera en puissance ». Là encore, les chiffres se suivent et ne se ressemblent pas : « 1,5 à 3 milliards d’euros annuels » pour Christian Cambon, « bien en deçà de 1,5 milliard » pour le ministre. Et au « grand flou » qui entoure le coût réel du SNU, comme le souligne le rapporteur socialiste Jacques-Bernard Magner, Gabriel Attal répond qu’ « il serait curieux de donner évaluation budgétaire alors que nous partons dans une phase pilote ».

Un programme budgétaire à venir pour le financement du SNU

Le secrétaire d’État à la jeunesse indique toutefois au président de la commission de la Défense qu’il n’a pas à craindre que le SNU soit financé par les crédits des Armées puisque ce sont ceux du ministère de la Jeunesse qui seront utilisés, tant pour les crédits de la phase test, qui seront compensés en fin de gestion, que pour ceux à venir puisqu’ « à partir de 2020, un programme budgétaire dédié sera prévu en loi de finances ». Une ligne budgétaire qui permettra au Parlement d’être « associé » au travail de l’exécutif à ce sujet, les sénateurs n’ayant pas manqué de faire savoir leur mécontentement quant à « l’absence de consultation » du gouvernement concernant la mise en place du service national universel.

Partager cet article

Dans la même thématique

Financement du service national universel : un « grand flou »
5min

Société

Protoxyde d’azote...ce gaz qui n’a rien d’hilarant

Parfaitement légal, utilisé en cuisine et dans le domaine médical, le protoxyde d’azote est détourné pour ses propriétés euphorisantes. Une mode qui touche les adolescents et provoque de lourds dégâts neurologiques.

Le

JEUNE FILLE CONNECTEE SUR SON TELEPHONE PORTABLE
6min

Société

Désinformation : la numérisation des pratiques, terreau fertile des ingérences étrangères

Quatre Français sur 10 s’informent quotidiennement sur les réseaux sociaux. Or, les nouveaux espaces informationnels échappent largement aux outils de régulation, une brèche pour les puissances étrangères malveillantes. Ce jeudi 29 janvier, cette question était au cœur d’un colloque organisé par l’Arcom et le Sénat sur la liberté d’expression à l’heure du numérique.

Le

Financement du service national universel : un « grand flou »
7min

Société

« Ce n’est pas une crise passagère ! » : les démographes alertent sur la rupture historique de la natalité

Pour la première fois depuis 1945, la France enregistre plus de décès que de naissances. Auditionnés par la commission des affaires sociales du Sénat, les démographes de l’Ined et de l’Insee ont décrit une baisse durable, générale et profondément sociétale de la fécondité, loin des seuls effets économiques ou des politiques natalistes.

Le