Forte tension hospitalière en Île-de-France : l’exécutif veut tout faire pour éviter un reconfinement local
La situation sanitaire s’aggrave en Île-de-France, mettant sous une forte tension les places en réanimation des hôpitaux de la région. L’exécutif semble néanmoins écarter l’hypothèse d’un reconfinement local. Il entend mobiliser davantage de ressources pour tenir face à l’afflux de malades.

Forte tension hospitalière en Île-de-France : l’exécutif veut tout faire pour éviter un reconfinement local

La situation sanitaire s’aggrave en Île-de-France, mettant sous une forte tension les places en réanimation des hôpitaux de la région. L’exécutif semble néanmoins écarter l’hypothèse d’un reconfinement local. Il entend mobiliser davantage de ressources pour tenir face à l’afflux de malades.
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Par Joseph Stein

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Une situation préoccupante. Ainsi peut être qualifié le contexte sanitaire en Île-de-France actuellement. Le nombre de cas positifs en une semaine y était de 350 pour 100 000 habitants au 6 mars, comparé à 216 à l’échelle nationale. De plus, 984 lits de réanimation, soit 85 % des capacités de la région, étaient occupés au 8 mars, d’après CovidTracker. Pour Aurélien Rousseau, directeur général de l’Agence régionale de la santé (ARS), il s’agit d’une « situation de tension très forte ».

L’ARS d’Île-de-France a de ce fait ordonné hier aux hôpitaux et cliniques de la région de déprogrammer 40 % de leurs activités. Le but : libérer des lits de réanimation pour les patients atteints de covid-19. Aurélien Rousseau demande en effet que le nombre de lits de réanimation atteigne les 1 577 la semaine prochaine. Il est actuellement de 1 050.

Les cliniques et hôpitaux privés pourraient alors s’occuper de « 25 % à 30 % des patients hospitalisés en réanimation, comme nous l’avions fait pendant la première vague », affirme Lamine Gharbi, le président de la Fédération de l’hospitalisation privée.

« Une mesure de dernier recours »

Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a annoncé ce mardi sur RTL qu’avec ces déprogrammations, les services hospitaliers font « tout pour accueillir l’ensemble des malades graves en hôpital en Île-de-France ». Pour faire face à la hausse des patients, l’ensemble des lits et des personnels sont mobilisés. Le haut fonctionnaire du ministère des Solidarités et de la Santé espère ainsi éviter un confinement dans la région. Cette option « n’est pas d’actualité », explique-t-il, « c’est une mesure de dernier recours que nous ne proposerons que si nous avons l’impression que les hôpitaux ne peuvent plus tenir. »

La priorité, pour Jérôme Salomon, c’est aussi l’intensification de la vaccination. Un objectif auquel adhère le sénateur socialiste Rémi Féraud. « Il faut voir comment évolue la situation dans les jours qui viennent et continuer sans confinement, tout en accélérant la campagne vaccinale », déclare le sénateur de Paris.

« Equilibre entre la sécurité sanitaire et les réalités économiques »

Le président du Sénat, Gérard Larcher, s’est dit lui aussi inquiet face au contexte de tension dans la région francilienne. Le sénateur LR a estimé ce mardi sur France Inter qu’il faut « insister sur l’addition de l’accélération de la vaccination aux gestes barrières ». Il appelle à trouver un « équilibre entre la sécurité sanitaire et les réalités économiques et sociales » permettant d’éviter un reconfinement.

Le sénateur des Yvelines espère toutefois que Jérôme Salomon ne dira « pas l’inverse demain, comme il l’a fait dimanche et lundi ». Après avoir demandé la semaine dernière aux médecins d’accélérer le rythme de vaccination, le directeur général de la Santé a en effet déclaré dimanche les pharmacies prioritaires pour l’obtention de doses de vaccin AstraZeneca, mettant de fait les médecins sur le carreau pour les prochains jours et poussant certains d’entre eux à demander la démission de Jérôme Salomon. « Nous allons rouvrir aux médecins dès la fin de la semaine les réservations de doses pour la semaine du 22 mars », rassure le ministre de la Santé Olivier Véran. Reste à savoir si cette annonce calmera la colère des médecins.

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