Frères musulmans : Bruno Retailleau annonce « une meilleure organisation de l’Etat » en « matière de renseignement »

Interrogé lors des questions d’actualité au gouvernement au Sénat, le ministre de l’Intérieur a affirmé que le rapport sur les Frères musulmans était « alarmant ». « Il faut prendre ce problème à bras-le-corps », lance le nouveau président des LR, qui annonce « un parquet administratif au ministère de l’Intérieur pour diligenter des dissolutions ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, est revenu sur le rapport sur les Frères musulmans, commandé par le gouvernement, lors des questions d’actualité au gouvernement au Sénat, ce mercredi. Interrogé sur cet islam politique qui agit « à bas bruit » par le sénateur (apparenté LR) André Reichardt, corapporteure en 2016, avec Nathalie Goulet, d’un rapport du Sénat intitulé « de l’Islam en France à un Islam de France, établir la transparence et lever les ambiguïtés », le ministre a répété son inquiétude sur le sujet.

« Il faut séparer les menées islamistes d’une pratique de l’islam compatible avec les valeurs de la République »

« Bien sûr que ce rapport est alarmant. Il concerne l’islamisme. Je tiens à dire qu’il faut séparer les menées islamistes d’une pratique de l’islam compatible avec les valeurs de la République. Et j’observe que les pays le plus durs avec les Frères musulmans, ce ne sont pas les démocraties occidentales, ce sont les pays musulmans », commence Bruno Retailleau, qui tient aussi à faire la différence « entre séparatisme et l’entrisme ». « Sous couvert d’entrisme, d’un islamisme à bas bruit, en réalité, on a toujours la même matrice politique. Ce sont les Frères musulmans qui l’ont inventée en 1928. Et ça n’a pas bougé : la prééminence de la loi coranique sur la loi de la République, l’infériorisation du statut de la femme et l’antisémitisme, souvent voilé par le biais et le prétexte de l’antisionisme », pointe le nouveau président des LR.

« Il faut prendre ce problème à bras-le-corps », continue Bruno Retailleau, qui ajoute qu’il y a « deux menaces, selon le rapport : une menace contre les intérêts fondamentaux, notamment nos institutions, le régime républicain, mais aussi la cohésion nationale ».

« Il faut une stratégie de sensibilisation informationnelle, de sensibilisation du grand public »

Si l’Elysée a fait savoir, ce mercredi, qu’Emmanuel Macron demandait des propositions au gouvernement, lors d’un prochain Conseil de défense, prévu début juin, le ministre de l’Intérieur n’a pas attendu, donnant plusieurs pistes devant le Sénat.

« Dans les semaines à venir, dans les mois à venir, il devra être proposé une meilleure organisation de l’Etat, avec un vrai chef de filât en matière de renseignement et un parquet administratif au ministère de l’Intérieur pour diligenter des dissolutions, des entraves administratives », a annoncé le nouveau président des LR, qui vise aussi « les circuits financiers », car « on a des trous dans la raquette ». « Comment expliquer qu’après la dissolution de Barakacity, les biens et actifs de Barakacity soient allés se réfugier au Royaume Uni ? Comment se fait-il qu’après la dissolution de CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France), ses biens et actifs soient allés se réfugier en Belgique ? » demande le ministre.

« Enfin, il faut une stratégie de sensibilisation informationnelle, de sensibilisation du grand public. […] Il faudra former aussi les élus et les fonctionnaires », ajoute Bruno Retailleau, qui prévient : « Nous aurons vraiment la ferme intention de combattre le frérisme et l’entrisme ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Frères musulmans : Bruno Retailleau annonce « une meilleure organisation de l’Etat » en « matière de renseignement »
6min

Société

Médias en ligne : « Si vous parlez de régulation, votre rôle de politique, c’est de nous protéger aussi », lance Denis Robert

La commission d’enquête sur « les zones grises de l’information » poursuit ses travaux au Sénat. Trois responsables de médias engagés – Blast, StreetPress et Basta ! – étaient auditionnés ce mardi 14 avril. Les intervenants ont en particulier été interrogés sur la limite à définir entre information et opinion. Mais aussi sur leur modèle de financement, qui demeure fragile. « C’est impossible de travailler sur un sujet sans aller chercher les versions de toutes les parties prenantes », a assuré Johan Weisz, fondateur de StreetPress, devant les sénateurs.

Le

Frères musulmans : Bruno Retailleau annonce « une meilleure organisation de l’Etat » en « matière de renseignement »
3min

Société

« On a la capacité de recruter des profils de grandes sociétés américaines qui ont reculé sur le télétravail », se réjouit ce chef d’entreprise de la Tech

Le bureau d’Olivier Lambert n’est pas tout à fait celui de tout un chacun les jours ensoleillés. Aujourd’hui, il travaille dans son jardin. Cet entrepreneur de ‘cloud’ souverain dirige une entreprise de plus de 100 salariés en 100 % télétravail. Et ce n’est pas la conséquence de la pandémie, c’est un choix ! Dans Dialogue citoyen présenté par Quentin Calmet, il témoigne et interroge les sénateurs sur la façon d’appréhender le télétravail quand on est chef d’entreprise.

Le

Frères musulmans : Bruno Retailleau annonce « une meilleure organisation de l’Etat » en « matière de renseignement »
7min

Société

Entendus au Sénat, Mediapart, Disclose et Off Investigation revendiquent leur indépendance et leur conception « des plus classiques » du journalisme

Interrogés mardi 7 avril par la commission sénatoriale sur les « zones grises de l’information », les médias Mediapart, Disclose et Off Investigation ont voulu insister sur leur indépendance éditoriale. De quoi marquer leur opposition à la concentration des médias et à « la captation des aides publiques à la presse par quelques groupes ».

Le