Paris : JDD en greve
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Grève au JDD : une proposition de loi pour l’indépendance éditoriale des médias déposée au Sénat

À l’Assemblée nationale comme au Sénat, deux textes devraient être débattus dans les prochains mois pour conditionner les aides de la presse ou la fréquence des télévisions à la nomination d’un directeur de la rédaction accepté par une majorité de journalistes.
Guillaume Jacquot

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Le mouvement de grève au Journal du Dimanche ne faiblit pas. Ce 19 juillet, la rédaction a reconduit à 98 % sa grève, entrée dans son 28e jour. Les journalistes de l’hebdomadaire fondé en 1948 restent déterminés à empêcher la nomination à la tête du journal de Geoffroy Lejeune, ancien directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, imposé par Arnaud Lagardère. La rédaction estime que les valeurs de ce dernier sont « en totale contradiction avec celles du JDD ».

Les journalistes, qui demandent en outre des « garanties d’indépendance juridique et éditoriale » alors que le groupe est en voie de passer sous le contrôle de Vincent Bolloré, sont désormais appuyés de manière concrète au Parlement. Une proposition de loi transpartisane, portée par la sénatrice Sophie Taillé-Polian (Génération.s) a été présentée ce mercredi, aux côtés des journalistes, dans le but de renforcer l’indépendance des médias. Le principe est simple : elle vise à conditionner les aides à la presse à l’agrément des journalistes sur la nomination du directeur de la rédaction. La même exigence est requise pour la délivrance des fréquences des radios et des télévisions.

Parmi ses signataires, la proposition de loi « visant à protéger la liberté éditoriale des médias sollicitant des aides de l’État » comporte des soutiens issus des quatre groupes de la NUPES (France insoumise, socialistes, communistes et écologistes) tout comme des trois groupes de la majorité présidentielle (Renaissance, MoDem et Horizons), ainsi que le groupe LIOT (Groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires). Une majorité est donc susceptible de se retrouver sur ce texte. Le texte ne sera pas inscrit à l’ordre du jour avant la rentrée, mais des amendements au projet de loi de finances ne sont pas exclus. Pour la députée Renaissance Violette Spillebout, le dépôt de ce texte constitue un « acte symbolique fort ».

« Il y a une réelle opportunité », selon le sénateur PS David Assouline

Au Sénat une initiative similaire a également été engagée. Le sénateur David Assouline et ses collègues du groupe socialiste ont déposé le 12 juillet une proposition de loi « visant à soumettre à la validation de l’équipe rédactionnelle la nomination du directeur de la rédaction ». La rédaction des articles est différente, mais les objectifs poursuivis sont identiques : conditionner le bénéfice des aides à la presse ou l’attribution d’un canal pour l’audiovisuel à un droit de veto de la rédaction sur le choix du directeur de la rédaction.

L’ancien rapporteur de la commission d’enquête sur la concentration des médias fixe notamment pour condition la validation d’un directeur par au moins 60 % de la rédaction (sur une participation d’au moins 50 %). Le texte englobe également les sociétés de l’audiovisuel public.

David Assouline, dont le mandat s’achève, ne sera plus là à la prochaine session pour faire vivre ce texte, mais espère que la liste des signataires sera élargie. « Bien entendu, cette proposition de loi est sur la table pour tout élargissement de ses porteurs et contributeurs, dans les partis de gauche, mais aussi au-delà. » La date de son inscription dans un espace réservé au groupe socialiste est pour l’heure inconnue, puisque cette décision relèvera du groupe tel qu’il sera renouvelé à l’issue des élections sénatoriales du 24 septembre. Le texte a néanmoins été qualifié « de très important » par le groupe, affirme le sénateur de Paris.

Des travaux de coordination avec les députés seront également nécessaires pour qu’un texte aboutisse. « Je pense qu’il y a une réelle opportunité », assure-t-il.

Le 16 juillet, la sénatrice centriste Nathalie Goulet a également déposé une proposition de loi « aux fins d’assurer la protection juridique des rédactions ».

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