Société
Il y aura bien un débat. Alors que les députés ont entamé la seconde lecture des propositions de loi sur la fin de vie, les sénateurs n’auront pas recours à une question préalable, lors du retour du texte, la semaine du 30 mars.
Le
Par Public Sénat
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La crise sociale se poursuit à la SNCF. Les principaux syndicats de cheminots, la CGT, SUD-Rail et la CFDT, ont déposé un préavis de grève pour le 6 juillet, afin de faire valoir les mesures de rattrapage salarial qu’ils réclament depuis plusieurs mois pour faire face à l’explosion de l’inflation. Invité mardi de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat, Jean-Pierre Farandou, le président de la SNCF a estimé que le mouvement social n’aurait pas d’impact particulier sur les grands départs du week-end suivant (9-10 juillet), alors que s’ouvre la période estivale.
« Il s’agit d’un préavis de 24 heures. Peut-être que cette grève n’aura pas lieu. On va discuter pour qu’elle n’ait pas lieu et si elle a lieu, elle ne durera qu’une seule journée. Les grands départs qui suivent ne sont pas menacés », indique Jean-Pierre Farandou, qui espère encore que les négociations aboutissent avant le 6 juillet. Et de se vouloir rassurant : « Pendant les vacances, je pense qu’il n’y aura pas de problèmes sociaux à la SNCF ».
Les élus réclament une augmentation générale des salaires, déplorant le fait que l’indexation du Smic sur l’inflation n’ait pas été répertoriée sur les grilles salariales de l’entreprise. « À la SNCF nous avons une grille statutaire qui génère des augmentations quasi automatiques », défend Jean-Pierre Farandou. Pendant la dizaine d’années où l’inflation a été basse, les mécanismes statutaires généraient 2 % d’augmentation par an. L’élément nouveau, c’est que nous ne sommes plus à 1 % d’inflation », explique-t-il. « Il faut une discussion sur le complément à ajouter ». Le président de la SNCF refuse toutefois de s’exprimer sur le montant et la nature de la hausse envisagée, mais « il y aura quelque chose », promet-il. « On essaye de construire un équilibre. Augmenter les salaires est une chose, mais il y a un enjeu économique », pointe-t-il.
D’autant que les revenus du groupe, déjà endetté de plus de 38 milliards d’euros en 2021, ont été lourdement grevés par la crise du covid-19. « On estime que sur deux ans les pertes en chiffre d’affaires dépassent les 10 milliards d’euros. On a réussi à les diviser par deux avec un plan d’économies drastiques. L’impact net est autour de 5 milliards », détaille Jean-Pierre Farandou.
Désormais, c’est la crise des tarifs de l’électricité - la SNCF étant l’un des principaux clients d’EDF - qui risque de peser sur les comptes de l’entreprise et, par voie de conséquence, sur les usagers. Jean-Pierre Farandou annonce ainsi une possible hausse des prix en 2023. « Pour nous, la facture d’énergie va augmenter d’un milliard d’euros. On sera peut-être obligés de le répercuter sur les billets », glisse-t-il.
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