Guillaume Erner : lire nous permettra d’éviter « un certain nombre de configurations démocratiques funestes »
Pour son grand retour sur l'antenne de Public Sénat Livres & Vous change de formule et de présentateur. Guillaume Erner journaliste et ancien sociologue nous dévoile les coulisses de la nouvelle émission qu'il anime.

Guillaume Erner : lire nous permettra d’éviter « un certain nombre de configurations démocratiques funestes »

Pour son grand retour sur l'antenne de Public Sénat Livres & Vous change de formule et de présentateur. Guillaume Erner journaliste et ancien sociologue nous dévoile les coulisses de la nouvelle émission qu'il anime.
Public Sénat

Par Pauline Vilchez et Louis-Marie Le Béon

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Guillaume Erner, pouvez-vous présenter ?

Je suis journaliste mais avant de l’être j’ai été sociologue et j’ai également travaillé dans le textile. J’ai surtout conservé des souvenirs de ma vie de sociologue et notamment de tout ce que j’ai pu lire en matière de sociologie politique : à la fois Tocqueville, comme Max Weber. Donc le fait de me retrouver ici, dans une bibliothèque pour présenter une émission de Public Sénat qui va faire vivre les livres, c’est à la fois un projet qui me ravit mais c’est aussi une manière de retourner à mon amour des livres. Un amour qui ne m’a jamais vraiment quitté.

Qui prendra place autour de la table des invités de Livres & Vous ?

On peut s’attendre à avoir un certain nombre d’experts, d’intellectuels, d’universitaires qui viendront donner un sens plus pur au mot « tribu », c’est-à-dire prendre des mots qui sont quasiment tous les jours dans la conversation : « populisme », « écologie », et essayer d’expliquer en quoi ces mots sont plus compliqués qu’ils en ont l’air. Ils peuvent être des outils pour mieux comprendre le réel, à condition qu’on les définisse bien.

« Si on donne l’envie aux gens de lire et de se plonger dans les grandes œuvres du passé, on évitera probablement un certain nombre de configurations funestes »

Quelle place a le livre dans le débat politique français actuel ?

Malheureusement une place très largement insuffisante, mais je pense qu’on gagne toujours à lire. Je crois beaucoup à la fois dans le livre, mais aussi dans une sorte de sédimentation, c’est-à-dire le fait que si on lit Montesquieu, Rousseau ou Tocqueville, on ne réitère pas un certain nombre d’erreurs. Donc je pense que si on donne l’envie aux gens de lire et de se plonger dans les grandes œuvres du passé, on évitera probablement un certain nombre de configurations funestes. Notamment en matière démocratique.

Interview de Guillaume Erner - Livres&Vous

Quels sont vos livres préférés ou de chevet ?

J’ai cité Montesquieu parce que c’est vraiment un auteur qui m’est cher : il n’y a rien de plus beau et grand que L’esprit des lois, mais oui j’ai beaucoup de livres de chevet. Par exemple Pierre Charbonnier, que vous allez découvrir et que vous ne connaissez probablement pas. C’est un penseur de l’écologie promis à une grande carrière, ou Pierre Rosanvallon mais qui n’est pas vraiment une découverte de Livres & Vous.

En tout cas tous donnent la possibilité de décrypter des débats contemporains en utilisant de grands auteurs. Par exemple chez Pierre Charbonnier il y a différents passages sur Grotius, qui est un philosophe uniquement connu des philosophes. Avec Pierre Charbonnier, vous aurez la possibilité de comprendre pourquoi ce philosophe plutôt obscur est quelqu’un qui peut vous parler aujourd’hui.

Rendez-vous le plus tôt possible : le 24 janvier à 22 h 00 !

Partager cet article

Dans la même thématique

JEUNE FILLE CONNECTEE SUR SON TELEPHONE PORTABLE
6min

Société

Désinformation : la numérisation des pratiques, terreau fertile des ingérences étrangères

Quatre Français sur 10 s’informent quotidiennement sur les réseaux sociaux. Or, les nouveaux espaces informationnels échappent largement aux outils de régulation, une brèche pour les puissances étrangères malveillantes. Cette question était au cœur d’un colloque organisé par l’Arcom et le Sénat sur la liberté d’expression à l’heure du numérique.

Le

Les Poulettes
4min

Société

Fessées, gifles : les parents franchissent encore la ligne rouge et surtout les pères

Selon la troisième édition du baromètre Ifop pour la Fondation pour l’enfance, publiée ce vendredi 17 avril, les représentations de l’autorité et du recours aux punitions corporelles diffèrent nettement selon le genre. Malgré leur interdiction depuis 2019, les violences éducatives ordinaires restent largement ancrées dans les pratiques parentales.

Le

Guillaume Erner : lire nous permettra d’éviter « un certain nombre de configurations démocratiques funestes »
6min

Société

Médias en ligne : « Si vous parlez de régulation, votre rôle de politique, c’est de nous protéger aussi », lance Denis Robert

La commission d’enquête sur « les zones grises de l’information » poursuit ses travaux au Sénat. Trois responsables de médias engagés – Blast, StreetPress et Basta ! – étaient auditionnés ce mardi 14 avril. Les intervenants ont en particulier été interrogés sur la limite à définir entre information et opinion. Mais aussi sur leur modèle de financement, qui demeure fragile. « C’est impossible de travailler sur un sujet sans aller chercher les versions de toutes les parties prenantes », a assuré Johan Weisz, fondateur de StreetPress, devant les sénateurs.

Le