France
Emmanuel Macron a planté un chêne à la mémoire d’Ilan Halimi dans les jardins de l’Elysée, le 13 février 2026.

Hommage à Ilan Halimi : Emmanuel Macron souhaite « une peine d’inéligibilité obligatoire » pour les élus coupables d’actes et de propos antisémites

Vingt ans après le calvaire d’Ilan Halimi, Emmanuel Macron durcit le ton face à la résurgence de l’antisémitisme. Lors d'un hommage solennel à l'Élysée, le chef de l’État a plaidé pour l'instauration d'une peine d'inéligibilité obligatoire pour tout élu coupable d'actes ou de propos antisémites ou racistes. Il a également annoncé un renforcement des sanctions pénales déjà prévues.
Romain David

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Emmanuel Macron appelle à ne pas baisser la garde. À l’occasion d’un hommage à Ilan Halimi, jeune homme juif de 23 ans, enlevé et torturé à mort il y a tout juste 20 ans, le président de la République a annoncé une série de mesures pour renforcer la lutte contre l’antisémitisme et plus généralement contre les discriminations. Le chef de l’Etat souhaite notamment l’instauration « d’une peine d’inéligibilité obligatoire » pour les actes ou propos antisémites, racistes et discriminatoires. Il a également indiqué que le gouvernement et le Parlement allaient travailler à « un renforcement de leur pénalisation ».

« La lutte contre l’antisémitisme est le combat de chaque Français », a martelé le président de la République. « On ne saurait effacer les citoyens juifs de la photo de famille de la République. »

Le principe d’une peine complémentaire d’inéligibilité pour les individus reconnus coupables de propos ou d’actes antisémites n’est pas totalement nouveau, il figurait déjà dans une proposition de résolution « contre la banalisation des discours de haine dans le débat public », déposée au Sénat par le groupe communiste en novembre 2023, mais jamais inscrite à l’ordre du jour.

Les actes antisémites au plus haut depuis trois ans

Après avoir planté un chêne à la mémoire d’Ilan Halimi dans les jardins de l’Elysée, Emmanuel Macron a pris la parole pour dénoncer « l’hydre antisémite » et ses résurgences depuis les attaques du 7 octobre 2023 en Israël. En vingt-cinq ans, les actes antisémites répertoriés en France n’ont jamais été aussi nombreux qu’au cours des trois dernières années, selon les chiffres présentés jeudi 12 février par le ministère de l’Intérieur. Sur 2 489 faits antireligieux en 2025, 1 320 sont antisémites, ce qui représente néanmoins une baisse de 16 % par rapport à 2024.

Emmanuel Macron a à la fois évoqué « l’antisémitisme islamiste », mais aussi « l’antisémitisme d’extrême gauche qui veut substituer à la lutte des classes une supposée lutte des races, et qui le dispute avec l’antisémitisme d’extrême droite, avec ses clichés sur la puissance et la richesse. » Il a également ciblé « le masque de l’antisionisme » : « Celui qui s’appuie sur la politique menée par Israël pour décrédibiliser et nier le droit à l’existence de l’Etat hébreu, et qui finit par nier le droit même des juifs à vivre. »

« Le free speech s’arrête au racisme et à l’antisémitisme »

Emmanuel Macron a dénoncé les nouveaux terrains d’expression de l’antisémitisme avec la numérisation des usages. Il a alerté contre « le poison de la haine numérique », ciblant les grandes plateformes et l’absence de modération. Le chef de l’Etat a ainsi menacé « d’activer les droits européens qui prévoient des amendes significatives », tout en exigeant des résultats chiffrés sur le retrait des contenus problématiques.

« N’en déplaise aux puissances qui voudraient nous donner des leçons, dans la France des Lumières, le free speech s’arrête au racisme et à l’antisémitisme », a-t-il lancé, dans une référence à peine voilée à l’administration Trump qui a fait de ce principe, inscrit dans la Constitution américaine, l’un de ses mantras.

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