Soignants :« Il est préférable de garder l’obligation vaccinale quand elle est absolument nécessaire », insiste la Haute autorité de santé
La présidente de la Haute Autorité de santé, Dominique Le Guludec, est revenue sur les raisons qui ont conduit son collège à ne plus préconiser une obligation vaccinale contre le covid-19 chez les soignants.

Soignants :« Il est préférable de garder l’obligation vaccinale quand elle est absolument nécessaire », insiste la Haute autorité de santé

La présidente de la Haute Autorité de santé, Dominique Le Guludec, est revenue sur les raisons qui ont conduit son collège à ne plus préconiser une obligation vaccinale contre le covid-19 chez les soignants.
Guillaume Jacquot

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C’était probablement sa dernière audition au Sénat. Dominique Le Guludec, présidente de la Haute Autorité de santé (HAS), dont le mandat arrive à son terme, était entendue ce 5 avril par la commission des affaires sociales. C’est notamment sur sa recommandation, de ne faire désormais du vaccin contre le covid-19 qu’un acte « fortement recommandé » pour les professionnels de santé, que les parlementaires ont questionné la présidente du collège de la HAS. Son avis, rendu « sur la base d’éléments strictement médicaux et scientifiques », avait été rendu public il y a une semaine.

« Les éléments qui nous ont fait particulièrement prendre cette décision sont évidemment la baisse de la pression épidémique, la moindre virulence des variants Omicron et bien entendu l’immunité acquise par la population française et en particulier les soignants », a expliqué la professeure. Au-delà de ces constats médicaux, l’avis du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE), saisi lui aussi par le ministère de la Santé, est attendu.

En réaction à ces nouvelles préconisations ouvrant la voie à une levée de l’obligation pour les soignants, certains sénateurs se sont interrogés sur les conséquences. « Ne craignez-vous pas que la levée de l’obligation vaccinale contre le covid-19 ne brouille le message et que votre avis soit retenu comme une inutilité de la politique vaccinale » s’est ainsi demandé la sénatrice Chantal Deseyne (LR).

Rappelant que la vaccination avait été « primordiale pour sauver des vies », Dominique Le Guludec a répété que la situation épidémique avait « changé ». « Je crois que les Français sont intelligents et que si nous leur imposons quelque chose alors qu’il n’y en a plus vraiment besoin, ce n’est pas ça qui améliorera notre crédibilité. »

« On n’oblige pas les soignants à se vacciner pour un principe »

Bernard Jomier, sénateur apparenté PS, s’est lui aussi interrogé sur les risques d’en rester à une « recommandation forte », et non plus une simple obligation, « garantie d’efficacité ». Il a notamment cité la bonne couverture vaccinale permise par l’extension à 11 vaccins obligatoires pour les jeunes enfants en 2018, sous Agnès Buzyn. Ce médecin généraliste a notamment indiqué que plusieurs sociétés savantes contestaient les conclusions du rapport.

« On n’oblige pas les soignants à se vacciner pour un principe. Sur un point de vue médical, il faut que ce soit justifié, à la fois par la maladie, l’épidémie, le risque encouru », a répété Dominique Le Guludec. « Je crois qu’il est préférable de garder l’obligation vaccinale quand elle est absolument nécessaire parce que dans ce cas-là, ils ne la contesteront pas », a-t-elle expliqué au sujet de la « frange hésitante » des Français. Et d’ajouter : « Les messages sont d’autant plus acceptés qu’ils sont justifiés. »

Des doutes exprimés sur la plus-value du COVARS, le successeur du Conseil scientifique

Dans son dernier avis, la HAS préconise en revanche d’étendre l’obligation vaccinale contre l’hépatite B aux professionnels libéraux qui exercent en dehors d’un établissement de santé, et qui sont susceptibles d’être exposés à une situation de contamination. « Il y aura des textes législatifs à revoir », a-t-elle averti aux parlementaires.

Par ailleurs, en présentant les conclusions de son rapport d’analyse prospective, consacré cette année à l’expertise publique en santé en situation de crise, la présidente de la HAS s’est interrogée sur les « missions parfois redondantes » du Conseil scientifique, pérennisé sous le nom de COVARS (Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires). « Ils ont des missions qui sont strictement superposées avec les missions de beaucoup d’institutions en temps de crise », a-t-elle souligné.

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