« Il faut que les éleveurs aient plus de poids et soient mieux organisés »
Au micro d’Alexandre Poussart sur Public Sénat, Yves Chassany, éleveur et président de la Race Aubrac, revient sur la situation de sa filière en France, et notamment la faible rémunération des éleveurs. « Je crois qu’Emmanuel Macron a entendu le message », affirme-t-il.

« Il faut que les éleveurs aient plus de poids et soient mieux organisés »

Au micro d’Alexandre Poussart sur Public Sénat, Yves Chassany, éleveur et président de la Race Aubrac, revient sur la situation de sa filière en France, et notamment la faible rémunération des éleveurs. « Je crois qu’Emmanuel Macron a entendu le message », affirme-t-il.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Lors du Salon de l’agriculture, Yves Chassany, éleveur et président de la Race Aubrac, a rencontré Emmanuel Macron dans la matinée. « J’ai eu la chance de voir un président très à l’écoute des soucis des agriculteurs et dieu sait s’il y en a en ce moment », raconte-t-il au micro d’Alexandre Poussart sur Public Sénat, expliquant que le dialogue avait tourné autour de la rémunération des éleveurs et de la vente des produits, « qui doivent être aux justes tarifs ».

« Les éleveurs d’Aubrac sont comme tous les éleveurs : déprimés et un petit peu effaré vis-à-vis de la situation », alerte Yves Chassany. « On a perdu 200.000 vaches allaitantes en trois ans sur ce pays. C’est carrément scandaleux », déplore-t-il.

« Il va falloir revoir les rapports de force »

Interrogé sur les effets de la loi Egalim, qui avait pour objectif d’apporter une meilleure rémunération pour les agriculteurs, Yves Chassany est clair : « Elle n’a pas marché et n’apporte pas suffisamment de réponses aujourd’hui ». « Il va falloir revoir les rapports de force dans ces filières. Il faut que les éleveurs aient plus de poids et soient mieux organisés. Je crois qu’Emmanuel Macron a entendu le message », explique-t-il.

Yves Chassany reconnait qu’il est « inquiet » à propos des défis auxquels le monde agricole devra faire face dans les prochaines années et les prochains mois. « Puisque la priorité est d’abord le défi alimentaire et le consommateur est en pleine crise de confiance. Il a été malmené ces derniers temps ». « Les éleveurs ont fait des efforts vis-à-vis de leurs pratiques d’élevages », affirme-t-il.

« Les aides européennes sont nécessaires »

Pour l’éleveur, la politique agricole commune, à l’échelle européenne peut être un levier d’action. « Emmanuel Macron était ces deux derniers jours en pleine négociation sur ce sujet. Il y a des leviers qui sont importants vis-à-vis des défis qui sont devant nous », poursuit Yves Chassany. À propos de la place de l’Union européenne dans la politique agricole en France, l’éleveur reconnaît son importance. « Malheureusement, les aides européennes sont nécessaires pour assurer le fonctionnement des exploitations. Mais il faut les imaginer comme des leviers face aux défis qui sont devant nous », explique-t-il.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Macron
5min

Société

Interdiction des téléphones portables, questionnaire sur les violences sexuelles ...Toutes les nouveautés à l’école en cette rentrée 2026 

Ce sont au total 11 607 600 élèves qui ont effectué leur rentrée scolaire aujourd’hui, dans les 57 700 écoles et établissements scolaires de France. Interdiction des téléphones portables, questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles : zoom sur toutes les nouveautés de ce mois de septembre 2026.

Le

BIDONVILLE A MAYOTTE
6min

Société

Immigration clandestine à Mayotte : « il faut arrêter avec la baisse de l’aide publique au développement » réagit le sénateur mahorais Thani Mohamed Soilihi

En visite cette semaine à Mayotte, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé plusieurs mesures pour mieux lutter contre l’immigration clandestine à Mayotte, notamment la conditionnalité de l’aide publique au développement à la coopération des pays voisins. Pour le sénateur de Mayotte Thani Mohamed Soilihi et ancien ministre chargé de la Francophonie, cette conditionnalité va dans le bon sens mais il faut stopper les coupes budgétaires dans l’aide au développement. 

Le

« Il faut que les éleveurs aient plus de poids et soient mieux organisés »
3min

Société

« On a la capacité de recruter des profils de grandes sociétés américaines qui ont reculé sur le télétravail », se réjouit ce chef d’entreprise de la Tech

Le bureau d’Olivier Lambert n’est pas tout à fait celui de tout un chacun les jours ensoleillés. Aujourd’hui, il travaille dans son jardin. Cet entrepreneur de ‘cloud’ souverain dirige une entreprise de plus de 100 salariés en 100 % télétravail. Et ce n’est pas la conséquence de la pandémie, c’est un choix ! Dans Dialogue citoyen présenté par Quentin Calmet, il témoigne et interroge les sénateurs sur la façon d’appréhender le télétravail quand on est chef d’entreprise.

Le

Paris, March against sexual and gender-based violence
10min

Société

Violences sexuelles et sexistes :  malgré des avancées, la formation des forces de l’ordre reste à améliorer

Préjugés sexistes, violences minimisées, ou refus de plainte : les victimes qui ont le courage de pousser la porte d’un commissariat ou d’une gendarmerie doivent parfois affronter une nouvelle épreuve, celle du dépôt de plainte. Depuis le Grenelle contre les violences conjugales en 2019, la formation des forces de l’ordre sur les violences intra-familiales et les violences sexistes et sexuelles (VSS) a été renforcée. Pourtant, l’affaire Lyhanna a démontré qu’il existe encore de nombreux trous dans la raquette. Si la formation initiale des policiers et des gendarmes aux VSS est obligatoire, la formation continue des forces de l’ordre reste tributaire des dynamiques locales.

Le